J'interprète le nouvel album de Low comme une sorte de retour aux sources. Les expérimentations électroniques qui apportaient une séduisante fraicheur au très réussi
Drums & Guns ont été abandonnées. L'atmosphère très rock et le gros son du médiocre
The Great Destroyer ont également été remisés au placard. A la place, le groupe de Duluth semble renouer par instants avec son passé étiqueté 'slowcore', en prenant le temps d'installer une ambiance intime à l'aide de longues plages répétitives et hypnotiques. A la différence qu'au son glacial et minimaliste des débuts s'est ici substituée une production beaucoup plus confortable. Les arrangements travaillés (banjo, violon) contribuent à mon sens à relâcher la tension de morceaux qu'on aurait souhaités sur la corde raide, moins en paix avec eux mêmes.
A quelques exceptions près, la magie habituelle de Low n'opère guère et certains titres semblent s'étirer au-delà du raisonnable. Les deux ballades chantées par Mimi Parker, 'You See Everything' et 'Especially Me', chargées d'émotion, se déploient avec majesté et peuvent rivaliser avec les grands classiques du groupe. Ailleurs, 'Witches' impose son riff entêtant de guitare saturée et explore de nouveaux territoires excitants. 'Nothing But Heart', dans son obstination au-delà du raisonnable peut selon l'humeur ennuyer terriblement ou faire vibrer sans réserve tandis que tous les poils se hérissent tout au long de son crescendo démesuré.
Les autres compositions sont plus transparentes. Plaisantes, faciles à apprécier mais aussi à oublier, elles n'apportent pas grand-chose à l'immense édifice qu'est l'oeuvre de Low. Cet album ne sera indispensable qu'aux fans inconditionnels du groupe. Les autres feraient mieux de se consacrer avec piété aux chefs d'oeuvre que sont
Things We Lost In The Fire et
Trust.
Alexis Bidault
27/07/2011
PS : J'ai pas mal hésité pour ma note synthétique entre trois et quatre étoiles. 3 étoiles et demi serait plus adapté. Puisque c'est impossible, j'ai opté pour 4, même si ce disque ne les mérite pas selon moi. N'en accorder que 3 aurait été cruel, surtout que je préfère nettement C'mon à The Great Destroyer (contrairement à Robert Plant, qui en a repris plusieurs morceaux)