Rabbit Angstrom, 26 ans, a un garçon de deux ans, un métier nul et une femme qu'il ne supporte plus. Un beau soir il prend sa voiture et s'en va.
Il rencontre une jeune prostituée, Ruth, avec laquelle il habite. Mais le pasteur de ses beaux-parents Jack Eccles, le retrouve, devient un bon copain, lui trouve un job pour qu'il revienne avec sa femme...
John Updike décrit une superposition de couples à la dérive (les parents de Rabbit, ses beaux-parents, la famille du pasteur ...) avec des adultes qui se cherchent, enfermés qu'ils sont dans leur rôle social. Tout cet environnement relativise la culpabilité de Rabbit dans sa fuite, son incapacité à choisir ou à maîtriser ses pulsions sexuelles.
« Caeur de lièvre » est la dissection acide de l'hypocrisie ambiante, des déboires du couple et de l'impossibilité de trouver le bonheur dans l'Amérique triomphante d'avant Kennedy. Il se termine sur un drame qui met en exergue les limites de la liberté et les débuts de la responsabilité. Ecrit sur un rythme lancinant qui peut parfois lasser, mais avec une forte tension sur la fin, il est le précurseur de tout un pan de la littérature occidentale moderne qui base ses récits sur les problèmes existentiels et les contraintes sociales de l'homme adulte.
A lire tout simplement.