Une jolie ronde de six personnages accablés par une solitude affective très contemporaine.
Le choix des acteurs suggère à merveille que c'est l'époque, et non le manque de charme de chacun, qui est en cause: car le trio masculin est fait d'habitués, en d'autres temps, de rôles de séducteurs (Pierre Arditi, Lambert Wilson, André Dussolier), et les trois femmes (Sabine Azéma, Isabelle Carré, Laura Morante) ont peut-être encore davantage un physique craquant (il faut vous dire que c'est un homme qui écrit ces lignes).
La plus poignante est sans doute la délicieuse Isabelle, jolie comme un coeur comme à l'accoutumée, qui n'hésite pas à passer de longues heures vaines dans un bouge enfumé à attendre une rencontre de petite annonce.
Mais l'analyse en profondeur de la psychologie de chacun nous montre aussi que la modernité n'est pas seule en cause, et que bien des schémas hérités du passé plombent aussi parfois leur vie: par exemple, l'amour filial excessif de Lionel (Pierre Arditi), la timidité maladive de Thierry (André Dussolier) qui essuie passivement une rebuffade amoureuse de surface àlors que le feu couve sous la cendre chez sa partenaire, le goût de l'humiliation et la bigoterie de Charlotte (Sabine Azéma) qui entraînent un refoulement aux résurgences inattendues. Tout est mené de main de maître dans cette valse douce-amère.