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Coffret Alfred Hitchcock 2 DVD : Les Premières oeuvres 1932/1940 : A l'est de Shangaï / Numéro 17 / Correspondant 17

Henry Kendall , Joan Barry , Alfred Hitchcock    Tous publics   DVD
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Détails sur le produit

  • Acteurs : Henry Kendall, Joan Barry, Percy Marmont, Betty Amann, Leon M. Lion
  • Réalisateurs : Alfred Hitchcock
  • Format : PAL
  • Langue : Anglais
  • Sous-titres : Français
  • Région : Région 2 (Ce DVD ne pourra probablement pas être visualisé en dehors de l'Europe. Plus d'informations sur les formats DVD/Blu-ray.).
  • Rapport de forme : 1.33:1
  • Nombre de disques : 2
  • Studio : StudioCanal
  • Date de sortie du DVD : 2 mai 2005
  • Moyenne des commentaires client : 3.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (1 commentaire client)
  • ASIN: B0007DDRZU
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 50.691 en DVD & Blu-ray (Voir les 100 premiers en DVD & Blu-ray)
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Contenu additionnel

Contient :
DVD 1
- "A l'est de Shangaï"
- "Numéro 17"
DVD 2
- "Correspondant 17"
Films remastérisés haute définition et restaurés
DVD 2 :
Documentaire sur "Correspondant 17" (26')

Descriptions du produit

Synopsis

"A l'est de Shangaï" était l'un des films préférés d'Hitchcock, période anglaise. "Correspondant 17" est le 2ème film hollywoodien d'Hitchcock : espionnage, soupçons, machination, paranoïa, histoire d'amour : tout Hitchcock est dans ce film.

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3.0 étoiles sur 5 hitchcock et Les Premières oeuvres : 1932/1940 9 novembre 2010
Par Nicolas Mesnier-Nature "NMN" TOP 500 COMMENTATEURS
Rich and Strange (A l'Est de Shanghaï) - 1932 - est le 14è film d'Hitchcock, chronologiquement entre The Skin Game et Numéro 17.

Sous l'allure dans un premier temps d'une comédie légère qui sombrera de plus en plus dans le tragique pour finalement boucler la boucle, Hitchcock y traite les thèmes du voyage inutile, des dangers qu'engendre l'amour et l'exotisme, de l'absence de l'enfant.

L'humour est donc la manière dont Hitchcock s'empare de ces thèmes et les développe. Il est le plus souvent de situation : les pièges de la vie quotidienne dans une grande cité ridiculisent notre héros, emprunté et maladroit avec ses contemporains et avec lui-même (la vieille dame au chapeau à plume, le journal, le parapluie). Plus tard, le comique sera porté par la jeune-vieille fille courant après les hommes mais victime de sa propre ténacité (scène avec le marchand de tapis, scène du bal...) Même dans les moments tragiques, la surprise comique intervient (la peau du chat sur la jonque). C'est parfois un peu facile, mais jamais lourd.

Le mari participe également en tant que relai comique pour une caméra parfois narrative : par ses yeux, on le voit essayer de photographier sa femme sur le bateau, mais le cadrage suivant le tangage cela s'avère impossible; à Paris, son regard embué par l'alcool nous/lui empêche de voir les choses normalement. Sur le bateau, malade, la lecture du menu lui/nous donne la nausée.

Hitchcock ne prend pas de gants pour critiquer une certaine classe sociale, riche, vivant dans des plaisirs inutiles ne pouvant qu'apporter le chaos. Le monde des fêtards à Paris est celui du vice et des plaisirs faciles, de la vulgarité et de l'anonymat. Les européens en voyage en orient - Port Saïd, Canal de Suez puis Singapour - se comportent comme des coloniaux méprisants et supérieurs à la piétaille qui les entourent. Nos deux héros sont mal à l'aise dans ce monde de faux semblants dont ils seront simultanément victimes : le mari avec une fausse princesse, la femme avec un commandant colonial. Tout finira symboliquement « à l'eau » lors du naufrage du bateau.

Un plan au symbolisme discret est intéressant : lors de leur promenade sur le pont du bateau, l'épouse se promène avec le commandant. Par deux fois ils on voit leurs jambes passer au-dessus des cordes et des chaînes traînant sur le sol.

On remarquera dans ce petit film l'importance des formes rondes : multiples horloges, cadrans, hublots : symboliquement, le couple s'avouera son amour retrouvé devant un hublot avant de passer au travers pour s'échapper de leur cabine, comme une renaissance.

Numéro 17 (1932) est le 15è film d'Hitchcock tourné en Angleterre, entre Rich and Stange et Waltzes from Vienna.

Ce petit film d'une heure environ est un exercice de style, une parodie où rien ne doit être pris au sérieux, tout y étant tellement et volontairement caricatural.

Hitchcock n'a eu de francs succès qu'avec des films policiers - The Lodger, Blackmail, Murder. Comme pour se moquer des tics inhérents au genre, et aussi en guise d'auto-dérision, il va nous raconter une histoire dans laquelle rien ne tient la route. Tout le monde y joue un rôle : le cadavre devient vivant, la muette parle, l'escroc est un détective. L'ensemble du film joue à cache-cache avec les personnages et avec nous, brouille les pistes à l'envi. Une réplique viendra confirmer cet état de fait : « C'est comme au cinéma ! ». Réponse : « Trop, à mon goût! ».

En outre, connaissant les rapports affectifs d'Hitchcock avec l'expressionnisme allemand, les ombres, les escaliers (déjà très importants ici puisque la moitié de l'histoire se passe dans une cage d'escaliers, on connaît l'intérêt qu'il y portera par la suite), les éclairages inquiétants, les toiles d'araignée, le délabrement intérieur de la maison, sont tellement présentés de façon outrée qu'on ne peut y voir qu'une redondance humoristique à prendre au second, voire troisième degré. Cette imagerie visuelle bien connue est renforcée par celle des films de suspense et d'épouvante de l'époque : mains sur poignée de porte, 12 coups de minuit, coups de feu, bagarre, poursuites, cris d'horreur, bruits divers inquiétants, souffle du vent, nuit noire, chat qui rôde, lumières vacillantes...

Dans cette « histoire », on s'amuse beaucoup, et l'humour hitchcockien devient grotesque tellement il en fait trop : le thème récurrent de la nourriture apparaît sous la forme d'une saucisse-matraque que Ben porte dans sa poche; plus tard, il se soûlera dans le wagon avec du « vin tonique »; pendant la course folle on voit une pancarte d'auberge indiquant : « Arrêtez-vous pour le thé ».
Hitchcock se plaît à nous induire en erreur ou à tourner en dérision ses personnages : Ben se brûle la main sur une bougie, inspecte le pistolet en dirigeant le canon sur lui, la bougie qui coule sur le plancher fait croire à des gouttes de sang, Ben se fait peur tout seul et fait des grands signes pour faire bouger son ombre sur le mur et se rassurer, multiple jeux de cache-cache à se faire peur, etc. Il s'agit d'un comique de situation renforcé par l'absurdité totale de l'intrigue, à laquelle on ne comprend pas grand chose, volontairement embrouillée qu'elle est par le cinéaste.

Dans ce monde où Hitchcock s'amuse beaucoup, ce qui retient notre attention est qu'il se sert d'une technique filmique très efficace et de thèmes qui deviendront des grands classiques dans ses films à venir :

-les escaliers : toute la première partie s'y passe
-la poursuite : en autocar, elle rappelle celle du Rideau Déchiré
-les menottes, les bijoux
-la salle de bain où se passe la bagarre
-la peur du vide : cf. Sueurs Froides, associée cinématographiquement à des plans vertigineux à la totale verticale dans la cage d'escaliers et sur le train.

Hitch utilise la caméra subjective : lors de la bagarre, c'est nous qui recevons le coup de poing.
Le premier plan est un long travelling et nous passons de l'extérieur à l'intérieur. Le montage parallèle alterné très rapide de la poursuite entre le train et l'autocar est rythmiquement très réussi et ajoute beaucoup de tension visuelle. Tout ces éléments seront développés au cours de sa carrière.

Deux ans plus tard, Hitchcock tournera la première version de L'Homme qui en savait trop.

Correspondant 17 (1940) est le 25è film d'Hitchcock et le second tourné aux États-Unis.

C'est un film d'espionnage brillant, aux multiples rebondissements, tourné dans un but de propagande antinazie mais qui a très bien vieilli grâce aux talents du cinéaste et des acteurs. Il mêle avec brio humour et suspens. L'efficacité de certaines scènes est remarquable :

- le faux assassinat du diplomate : assez courte, cette scène se déroulant sur des escaliers est une merveille visuelle avec les parapluies noirs luisants cachant le meurtrier

- les moulins à vent, ma scène préférée, d'un grand suspens : en partie muette, la caméra virtuose suit en mouvements de ballet les plongées/contre-plongées, entrées/sorties, montées/descentes du héros à l'intérieur du moulin, véritable ventre où grondent sourdement les roues dentelées en perpétuel mouvement métaphorique d'une nation en train de se faire broyer de l'intérieur par les espions allemands; les profondeurs de champ, les poutres, les zones d'ombres et de lumières, les escaliers, la poussière, tout fait penser à l'influence de l'expressionnisme allemand qui marqua Hitchcock dans sa jeunesse

- l'échappée sur les toits de l'hôtel : le héros fait sauter par mégarde des néons de l'enseigne de l'Hôtel Europe qui devient alors Hot... Europe ! La scène de suspens se transforme ensuite en scène de théâtre de boulevard où notre héros se retrouve en robe de chambre et supports-chaussettes dans la salle de bain de l'héroïne où celle-ci venait d'envoyer l'amie de son père : quiproquo digne de Feydeau !

- la tentative d'assassinat à l'église : où la notion de vertige rappelle furieusement la scène de l'église de Sueurs Froides et où l'on est aussi trompé sur la victime de la chute

- la scène de l'avion : prouesse technique pour l'époque d'un grand réalisme

Le thème de l'oiseau ne rappelle pas le chaos, comme dans tous les autres films de Hitchcock : ici, c'est le symbole de la paix, des gens simples, de la liberté et de l'innocence. Comme animal par contre, l'immense chien de l'élégant espion allemand est bien inquiétant... Lire la suite ›
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