'Mazeppa' est un poème des 'Orientales' de Victor Hugo, mais aussi un opéra de Tchaïkovsky et même le nom d'un célèbre cosaque et ce sont toutes ces influences que l'on retrouve dans cette ½uvre très personnelle de Clément Marty, dit 'Bartabas', qui rend hommage dans ce film de cinéma (car pour une fois il ne s'agit pas de la captation de l'un de ses spectacles) à l'un de ses prédécesseurs, l'Italien Antonio Franconi (1738-1836) qui créa en 1791 à Paris le Cirque olympique, un théâtre en fait dont la spécialité furent les exercices équestres, ainsi qu'au peintre Géricault (1791-1824) qui se consacra beaucoup aux chevaux et mourut d'ailleurs des suites d'une chute de cheval.
Intention extrêmement louable donc, mais qui nous vaut toutefois un film extrêmement boursouflé, d'une incroyable lenteur (certaines scène n'en finissent pas et d'autres sont absolument inutiles) dans lequel la poésie est littéralement balayée par la folie, folie des personnages, folie des images qui 'mixent' des ambiances orientales et cosaques sur fond de numéros équestres (bien trop rares toutefois) et de recherches picturales (les meilleurs moments du film), à la manière d'un Werner Herzog de l'ancienne époque.
Si le cinéma quasi expérimental et plutôt hermétique ne vous rebute pas, laissez-vous tenter par cette ballade au c½ur de la folie qu'est 'Mazeppa', mais si vous préférez le cinéma plus traditionnel, passez vraiment votre chemin : la 'rencontre' risque d'être pénible !