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Premier disque de l'intégrale de Brassens, ce CD nous entraîne dans sa période la plus prolifique, celle qui va de 1952 à 1956. C'est grâce à Patachou, la protégée de Maurice Chevalier, que Brassens débute sur scène dans la pâtisserie de la chanteuse, qui, le soir venu, fait office de restaurant où la maîtresse de maison coupe les cravates des clients. Quelques temps après, Jacques Canetti le signe chez Philips. Là, en 1952, il enregistre une rafale de titres d'excellente facture, même s'ils ne sont pas toujours très commerciaux car, soit un peu trop provocateurs, soit beaucoup trop poétiques : "La Mauvaise Réputation", "Le Gorille", "Le Petit Cheval", "Le Parapluie", "Ballade des dames du temps jadis", "La Marine"
Il faut attendre 1953 pour que Brassens s'assagisse un peu avec "Les Amoureux des bancs publics", "Brave Margot", "La Cane de Jeanne", "J'ai rendez-vous avec vous", et passe enfin sur le premier des médias de l'époque, la radio. Au milieu des années 50, il est devenu une vedette. Il se permet à nouveau des libertés avec la poésie, notamment d'Aragon "Il n'y a pas d'amour heureux". Le CD s'achève avec deux gros succès de 1956 "Chanson pour l'Auvergnat" (300 000 disques) que Juliette Gréco enregistra également, et "Les Sabots d'Hélène". Un disque pour comprendre Brassens en le prenant à la source
--A.B.
Critique
En 1952, Brassens se fait connaître aux Trois Baudets. En 1953, il offre au public son premier 33-tours. Huit chansons, dont l’écriture fracasse les habitudes de la variété française, plutôt consensuelle. Brassens parle tous azimut de l’amour, des gendarmes et de la mort. Du sel de la vie, en somme. Les bigots n’en reviennent pas, les pudiques rougissent un peu. Tous les autres éclatent de rire ou d’admiration.
« La mauvaise réputation », déjà sortie en 78-tours l’année précédente, ouvre l’album et donne le ton. La voix de Brassens est celle de la liberté. Dans son monde, on peut tout aussi bien conter fleurette (
« La chasse aux papillons »,
« Le Parapluie »), moquer les représentants de l’ordre (
« Hécatombe »), s’affirmer politiquement (contre la peine de Mort, dans
« Le Gorille ») prendre la Mort entre quatre yeux (
« Le Fossoyeur ») ou mettre en musique les textes des poètes (
«Le petit cheval» de Paul Fort). Rigueur des paroles, rythmiques étudiées, tout Brassens est déjà là. Ou presque.
Noëlle Hermal - Copyright 2012 Music Story