On comprend bien pourquoi les trois premiers films de Polanski soient regroupés dans un coffret tant les similitudes sont importantes, bien que traitant de thèmes différents.
Les trois films sont en noir et blanc, marqués du sceau de la solitude, avec un développement de l'histoire assez long qui peut en rebuter certains. On pourrait y ajouter que tous ont été primés dans les festivals ; Prix International de la Critique à Venise en 1962 pour "Le Couteau dans l'eau", Ours d'Argent à Berlin en 1965 pour "Répulsion" et Ours d'Or à Berlin en 1966 pour "Cul-de-Sac".
"Le Couteau dans l'Eau" (1962) est un huis clos entre un couple et un jeune étudiant. L'histoire qui se déroule sur un voilier permet à Polanski d'instaurer des rapports spéciaux entre les protagonistes (tension entre les deux hommes et légère fascination de la femme envers l'étudiant). L'action est lente (très lente diront d'autres) mais la réalisation est très efficace et le denouement parfait. Pour la petite histoire, c'est Polanski lui même qui double en post synchronisation l'étudiant qui n'avait pas été choisi pour ses talents d'acteur.
"Répulsion" (1965) met en scène une Catherine Deneuve comme vous ne l'avez jamais vu. Manucure vivant à Londres, introvertie, elle a de gros problèmes relationnels avec les hommes. L'histoire narre sa lente descente en schizophrénie dans un immeuble assez crade. Le film est également assez lent et il est sans doute moins bien maîtrisé par Polanski mais on y décelle quelques plans très intéressants.
"Cul-de-Sac" (1966) relate l'intrusion de deux gangsters minables, dont l'un agonisant, dans un château sur une île isolée où vit un couple. L'occasion pour Polanski de traiter à nouveau des rapports humains mais d'une manière insolite et originale. Un rythme pas très soutenu (le plus dynamique des trois tout de même) mais une histoire captivante et un très bon jeu d'acteurs ; un Donald Pleasance excellent, très bonne performance également de Lionel Stander (Max dans la série "Pour l'Amour du Risque") sans oublier Jack Mac Gowran et la sublime Françoise Dorléac. Sans doute mon préféré des trois films.
Pour ceux qui la qualité technique est indispensable, le coffret ne fera pas leur affaire. D'où en revanche, un prix assez modique.
Pour les autres, c'est l'occasion de découvrir trois films intéressants sur l'univers de Polanski mais qui ne s'adresse pas uniquement à ses fans. Le rythme lent qui contraste avec son oeuvre suivante "Le Bal des Vampires" ne doit pas être un frein à l'acquisition de ce coffret. Sans être les chefs d'oeuvre décriés, il s'agit sans aucun doute de trois bons films aux qualités artistiques indéniables.