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Julie Wolkenstein avait fait, lors de la sortie de son premier roman,
Juliette ou la Paresseuse un début remarqué et remarquable en littérature. On avait à l'époque loué, notamment, l'ingénieuse construction de son roman. Telle une éminente criminelle attendue par une brigade de lecteurs, la voilà qui récidive et frappe de nouveau là où ça fait plaisir : une intrigue savamment orchestrée, habitée de personnages drôles et misérables, qui chacun leur tour, semblent faire les yeux doux à leur créatrice pour empocher un brin d'intérêt et d'existence. Le tout entre passé et présent, récit narratif et révélation manuscrite, réflexions introspectives tendues d'une psychologie pointilleuse qui nous font penser que madame Wolkenstein connaît bien (trop ?) la nature humaine. À l'image de David Lodge, elle nous entraîne dans les remous d'un colloque de province consacré à Ann Hellbrown, auteur oubliée, qui aurait décidé de ne plus écrire à la mort de son mari. Son ancienne maison, dans une petite ville de l'ouest de la France, à l'atmosphère mystérieuse, sera le théâtre des opérations. Voilà un début plutôt curieux. Ça renifle l'ennui universitaire me direz-vous, la poussière ensommeillée et l'inattention dissimulée. Détrompez-vous. Le colloque, organisé par un jeune bellâtre à l'ambition certaine, et fréquenté entre autres, par un motard mystérieux, une spécialiste américaine complètement névrosée ou une novice qui ne s'en laissera pas conter nous promet la révélation de bien des mystères. Côté cœur, ce colloque tournera-t-il à la rencontre sentimentale que certaines âmes assoiffées de passion et étouffées de solitude attendent, réclament ? Côté intellectuel, allons-nous enfin apprendre pourquoi Ann Hellbrown a décidé de ne plus écrire une seule ligne après la noyade de son mari et pourquoi elle a décidé de quitter la France ?
Et du côté de Julie Wolkenstein ? Rien de nouveau, sinon que l'auteur nous fait encore une fois la brillante démonstration de son talent et d'une imagination qui doit beaucoup à nos voisins d'outre-Manche. Colloque sentimental confirme qu'elle est une des grandes figures littéraires françaises et que si les lecteurs venaient à l'oublier, la justice ne serait pas de ce monde. --Hector Chavez
--Ce texte fait référence à l'édition
Broché
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Présentation de l'éditeur
Pourquoi Ann Hellbrown a-t-elle brusquement décidé d'arrêter d'écrire après la noyade de son mari ? Pourquoi s'est-elle exilée en Angleterre et n'a-t-elle jamais, jusqu'à sa mort en 1912, rompu son vu de silence ? De quoi est-elle coupable ?
Une poignée d'universitaires, plus ou moins excentriques, plus ou moins convaincus du sérieux de leur mission, sont réunis par un colloque consacré à la romancière. Dans le manoir de l'ouest de la France où elle vécut jadis, ils échangent des points de vue, forment des hypothèses littéraires et des projets amoureux. De chercheurs, ils se transforment en détectives. Ils ont quatre jours pour mener l'enquête sur la disparue. Leurs témoignages croisés, ainsi que d'autres pièces mystérieusement versées au dossier à leur insu permettront au lecteur de juger. Au rythme des vagues qui menacent le manoir, dans ce va-et-vient qui mêle satire des murs universitaires et plongée dans une intimité d'un autre temps, entre aujourd'hui et hier, les secrets engloutis refont surface.