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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Saisissant mais...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Combat avec le démon (Broché)
3 portraits d'artistes maudits qui s'apparentent plus à des dissections psychologiques qu'à des biographies à proprement parler. C'est en cela que l'oeuvre de Zweig est saisissante : beaucoup plus que dans "Trois poètes de leur vie" ou "Trois maîtres", ces portraits sont de véritables descentes dans l'enfer de l'abîme humain. Au programme : solitude, suicide, folie. Autant dire qu'il y faut des nerfs solides. Mais pour les connaisseurs accomplis des ces trois figures allemandes impérissables, ces portraits restent malgré tout un peu trop "littéraires" et ampoulés. A lire absolument quand même.
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4 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
"Ce qui ne fait qu'effleurer les autres me blesse jusqu'au sang", Stendhal cité par Zweig,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Combat avec le démon (Poche)
Stefan Zweig est un remarquable portraitiste sachant analyser un auteur, son oeuvre, sous le prisme de sa vie, de ses engagements, de ses aventures, de sa psychologie supposée. Zweig est éblouissant dans certains de ses ouvrages dont l'incontournable Hommes et destins, le profond Erasme, le vigoureux Souvenirs et rencontres pour n'en citer que trois.
"Le combat avec le démon", publié en 1937, révèle cependant un malaise. Lecteur assidu de Zweig, j'ai ressenti une identification des souffrances de l'auteur avec celles analysées des deux poètes allemands, Heinrich von Kleist (1777 - 1811) et Friedrich Hölderlin (1770-1843), et du philosophe Friedrich Nietzsche (1844 - 1900). Cette identification subliminale m'apparaît au travers des emphases à répétition témoignages d'une hyper-sensibilité personnelle à certaines souffrances de ces auteurs qui ont un point commun ; celui d'être poursuivi par le démon de la création. Le lecteur devra montrer une grande patience dans la progression du livre. Les redites sont nombreuses et parfois fumeuses. La réduction de l'oeuvre aux drames vécus de la vie ordinaire de ces trois hommes est le constant danger auquel n'échappe pas Zweig. J'ai plusieurs fois été surpris par l'usage immodéré de la psychanalyse primaire (notamment sur la sexualité) avec des dérapages erronés - notamment sur Hölderlin dont la sexualité était épanouie; tout l'inverse de ce que laisse entendre Zweig. Kleist serait profondément marqué par son onanisme alors que l'amour mimétique de Nietzsche pour Cosima Wagner, l'épouse du compositeur Richard posé comme modèle est totalement absent de l'analyse de Zweig ! Les personnages d'exception passionnent Zweig : "Si les uns montrent la plénitude de la vie, les autres indiquent son inconcevable envergure, car c'est toujours uniquement par les natures tragiques que nous prenons conscience de la profondeur du sentiment et ce n'est pas grâce aux esprits démesurés que l'humanité reconnaît sa mesure extrême." (p.339 - conclusion). Zweig est captivé par Nietzsche lui consacrant pas moins de trois ouvrages (une analyse de l'amitié dans "Hommes et destins", une biographie complète et la référence dans l'ouvrage commenté). "Tout ce qui est allemand est pour lui, désormais, crépuscule, pénombre, obscurité; cela renferme trop d'ombres d'hier, trop d'histoire, un faix trop lourd pour le moi qu'il a traîné jusqu'alors derrière lui." (p.306). Cette judicieuse analyse devrait ramener à la raison les moutons qui bêlent à l'unisson d'un Nietzsche inspirateur du nazisme, prétextant Zarathoustra pour modèle de Führer (Ainsi parlait Zarathoustra). C'est un contre-sens violent. Hölderlin comme Nietzsche sont des personnages qui intéressent vivement un autre auteur, contemporain, qui, à ma connaissance, jamais ne cite Zweig et pourtant le complète, le corrige aussi : René Girard. René Girard dans Achever Clausewitz parvient à dégager les lignes de force de Hölderlin qui démentent et dépassent l'approche laborieuse, pathos, de Zweig. Selon René Girard, qui le démontre avec clarté, Hölderlin est parvenu à comprendre (comme Stendhal, Cervantès) la mécanique du désir mimétique et sa dénonciation par le Christ : "(...) l'enfer de la bipolarité, les va-et-vient indéfinis du désir mimétique qui nous font être tout, quand le "dieu est proche", tantôt n'être plus rien, quand le dieu s'éloigne. Le Christ échappe - et nous fait échapper- à ce jeu de balancier, il ne devient jamais pour Hölderlin un rival. Le grand silence du poète est donc celui d'une relation mystérieuse à l'absence de Dieu, une imitation de ce retrait. Hölderlin s'identifie au Christ dans nombre de ses poèmes. La Passion est-elle autre chose qu'une affirmation que le ciel est vide, que les dieux ne s'y trouvent plus, qu'ils sont devenus "difficiles à saisir" ? Il suffisait auparavant de se battre, d'entrer dans la réciprocité violente pour les faire apparaître. La rupture christique nous l'interdit désormais. Il ne faut surtout plus donner de gage à la violence." (p. 222 - 223). Le lecteur de mon commentaire non familier avec Zweig qui souhaiterait le mieux connaître dans son art de biographe (quelle richesse dans ses belles oeuvres !) évitera "Le combat avec le démon". Je l'invite ainsi à lire l'exceptionnel "Hommes et destins". Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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