Ce premier album d'Alpha (Corin Dingley et Andy Jenks) constitue un jalon incontournable du trip hop (musique électronique mêlant rythmes hip-hop downtempo et instrumentation suave), avec quelques autres albums qui n'ont pas rencontré le même succès que Massive Attack ou Portishead par exemple, à l'instar de "
Londinium" d'Archive. D'ailleurs, tous deux forment presque un tandem dans mes représentations, sans doute parce que sortis la même année (1997) et qu'ils me semblent complémentaires bien qu'ils soient pourtant assez différents (ici, pas de chanteur rap notamment) : ils s'écoutent avantageusement l'un après l'autre.
Alpha s'exprime dans le spleen : « Le bonheur d'être triste » selon Victor Hugo comme définition de la mélancolie ; ou la douceur et la tristesse.
Les compositions sont profondes, cotonneuses et chaleureuses ; les rythmes lents. Et les deux tenanciers ont invité trois chanteurs(ses) pour habiter leurs morceaux : Wendy Stubbs, Helen White et Martin Barnard. Leur participation concourt grandement à donner cette impression pénétrante de mélancolie et de grande beauté.
L'album constitue un tout homogène et harmonieux qui s'écoute de bout en bout sans difficulté malgré sa durée (69 minutes). Il est toutefois possible d'isoler les morceaux pour une écoute partielle, et sélectionner quelques pépites ; comment ne pas succomber par exemple aux envolées de "Somewhere not here" ?
Cependant, les critiques émises par DeLorean dans son commentaire à 3 étoiles sont recevables voire convaincantes ; mais je n'ai pas la même perception et cet album demeure pour moi un must. Somptueux.
On notera qu'il s'agit du premier album sorti sur le label Melankolic créé par Massive Attack (la première sortie était une compilation de
Horace Andy).
(Commentaire de Krik, posté sur amazon.fr le 04/10/10)