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Le duo phare de la techno démocratique prendrait presque un risque à sortir un quatrième album tel que ce
Come With US. Quand les médias les plus audacieux hésitent entre acclamer le retour du rock et l'avènement du R&B comme soul nouvelle manière, les belles âmes seraient légitimées à poser la question de l'intérêt de telle sortie.
Les avant-gardistes les plus débridés avaient décidé que pour sa survie, la techno, dont la vulgarité dancefloor n'avait jamais été totalement assumée par nombre d'enfants du rock, adopterait le format
songwrité. Et les Chemical Brothers, qui avaient abandonné le tout-big-beat depuis
Dig Your Own Hole en 1997, avec qui le BPM s'était radouci avec l'enpopisé
Surrender en 1999, étaient les candidats rêvés pour montrer l'exemple et suivre la voie santiaguée de neuf du bon vieux rock.
Come With Us a le son brut. Il y a deux morceaux vocaux (Beth Orton et Richard "Did I Pass The Acid Test" Ashcroft), et les huit autres considèrent narquoisement l'idée mode d'un passif techno. À l'image de ses créateurs Tom Rowlands et Ed Simons, ce disque au goût âpre de rave sans fin se moque d'être inscrit dans une continuité formelle encombrante. Basé sur des rythmiques sèches, voire dures, vouées à l'efficacité lors des développements en maxi-45T,
Come With Us est surtout représentatif d'un talent pour les tournures malsaines. Montées en vrille, breaks stridents et contre-pieds fréquents attestent des pratiques festives sans retenue. La rave-music telle qu'en son intemporelle présence au cur de séquences répétitives, encore et encore, libérée des débats sur la pérennité du 4/4, à l'image du single "It Began In Afrika", sans autre but que le plaisir d'un morceau rustique aux stridences hard-trance.
Big beat soft ici, dream music corrodée à la techno là, techno/acid-funk, ambient vrillé, pour des morceaux plus minimalistes que d'habitude chez les Chemical Brothers. Balayant le nauséabond revival 80's et les mignardises electronica à coup de samples essorés et d'effets techno efficaces donc beaux,
Come With Us est une invitation dont le refus mène direct à l'autoroute pour l'ennui.
--Florian Pittion-Rossillon
Compact
Réaction chimique. Les Chems pouvaient-ils faire mieux que leur monumental Surrender ? À ce niveau dexcellence, tout est affaire de pinaillage. Plus froid que son prédécesseur, leur quatrième album démarre très fort avec deux petites merveilles pour dancefloors survoltés (Come With Us et le single It Began In Afrika) si époustouflantes que ce qui suit paraît du coup moins spectaculaire. Il faudra plusieurs écoutes pour apprécier pleinement la virtuosité électronique de certains titres. Impossible, en revanche, de ne pas être conquis illico par les sublimes The State Were In, chanté par Beth Orton, et The Test, interprété, lui, par lex-Verve Richard Ashcroft. Moralité : un chouia inférieur à Surrender, oui, mais néanmoins somptueux !