Réaction épidermique à l'échec commercial de
Dog Man Star, ainsi qu'aux commentaires d'une presse britannique un peu trop pressée d'enterrer Suede après le départ de Bernard Butler,
Coming Up est l'oeuvre d'un groupe qui a une revanche à prendre - et qui compte bien la prendre avec panache.
De fait, l'album prend l'exact contrepied de son prédecesseur : glamour à souhait (
« Lazy» ressemble à un inédit de David Bowie période
Diamond Dogs), concis (une quarantaine de minutes, durée idéale d'un album pop) et bariolé (à l'image de la pochette, aussi flashy que celle de
Dog Man Star était sombre et froide),
Coming Up enchaîne, comme à la parade, les riffs d'une monstrueuse efficacité (
« Filmstar ») et les mélodies pop inondées de lumière (
« Beautiful Ones » ou le solaire
« The Chemistry Between Us »).
Surtout, Suede y assume pleinement ce qui constitue sa principale force : sa capacité à produire des tubes imparables. Ainsi, le groupe choisit ici de ne plus s'embarrasser des ambitions arty qui encombraient ses deux premiers albums ; au contraire, il transforme
Coming Up en une usine à hits, parfaitement décomplexée, et qui gagne (largement) en pouvoir de séduction ce qu'elle perd en cohérence.
Un pari doublement gagné : non seulement Suede renoua avec le succès, mais il le fit avec un disque qui reste, aujourd’hui encore (au risque de faire hurler les puristes) son meilleur album. C’est ce que l’on appelle une belle revanche.
Thibaut Losson - Copyright 2012 Music Story