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A lire!, 5 avril 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Comment écouter (Poche)
Bien d'accord avec le commentaire precedent, nous apprenons plus souvent a argumenter qu'a ecouter, pourtant l'ecoute nous en apprends souvent bien plus que de longs discours, un blanc un dit parfois plus long..., Ce texte est je dirais une sensibilisation a l'ecoute plus qu'un receuil de methodes, a lire pour tout simplement avoir envie d'apprendre a ecouter.
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« Juger les discours par les bénéfices qu'on en retire », Plutarque (1er siècle après Jésus-Christ), 31 juillet 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Comment écouter (Poche)
Savoir écouter est si nécessaire et précieux aujourd'hui qu'il est bon de lire Plutarque éclairer notre lanterne et nous contraindre par la liberté, de devoir écouter avec intelligence. Ecouter est la condition première de l'entendre. Ecouter se pratique à la manière des abeilles « sans cesse voltigeant au milieu des prairies émaillées de violettes, de roses ou de jacinthes, descendent en piqué jusqu'au thym, de loin le plus âcre et le plus amer, et s'y posent, façonnant l'or du miel, elles y prennent ce qui est utile et s'envolent dans leurs ruches vaquer à leur travail. Un auditeur raisonnable et curieux de s'instruire méprisera cette langoureuse floraison verbale et tous ces sujets propices à la pompe du théâtre et à l'éloquence épidictique, véritables herbes folles dont se nourrissent les boudonosophistes. » (p. 31)
Car l'écoute est avant tout morale. Elle nécessite une grande rigueur de l'être prêt à accepter l'augure d'être corrigé.
Plutarque poursuit : « Et [l'auditeur] extraira de l'oeuvre ce qu'elle a d'utile et de profitable, se souvenant qu'il n'est pas venu à une représentation théâtrale ou lyrique, mais qu'il se trouve dans une école, dans un lieu où l'on s'instruit et où il a le dessein de réformer sa conduite à partir des paroles qu'il entend » (p.32)
Ainsi : « demande-toi (...) comment tu pourras guérir de ta suffisance, de ta fatuité, de tes pulsions amoureuses et de ta futilité, pour t'établir désormais en une vie de modestie et de santé morale. » (p.38)
Se grandir, dépasser le stade de l'adolescence, afin de ne pas devenir sophiste, c'est adopter une attitude de courage :
« aussi l'homme qui est victime d'un blâme doit en accepter la douleur et le coup de vent, et faisant fi du découragement ou de l'abattement, doit supporter, en guise de prélude à cette mystagogie philosophique, les prémices purificatoires, les premiers troubles initiatiques, dans l'espérance que ces tourments amèneront des compensations lumineuses et douces.
Les reproches qu'on essuie ne sont-ils pas mérités ? Il n'est que plus beau d'écouter patiemment et avec résignation celui qui nous les fait, et quand il a fini, de s'approcher de lui, de se justifier et le prier de réserver pour une faute véritable la franchise et la rudesse qu'il montre à notre égard.» (p.60)
L'écoute est action philosophique car « il faut inventer en même temps que l'on apprend. Par ce moyen, on remportera de son étude une disposition d'esprit qui ne sera ni celle d'un sophiste, ni celle d'un homme qui veut seulement connaître des faits, mais celle d'une connaissance et d'un enracinement philosophiques. Songeons à cette maxime : le commencement de bien vivre, c'est de bien écouter ». (p.69)
NB : très instructive postface du traducteur, Pierre Maréchaux, qui développe la pensée de Plutarque sur le champ de la musique.
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