D'après Antoine, titulaire de multiples diplômes tout aussi farfelus les uns que les autres, l'intelligence est une maladie. Une maladie grave. Et comme chez lui, elle est à un stade très avancé, il a décidé de se soigner, c'est-à-dire de devenir stupide.
Devenir stupide n'est pas une fin en soi ; il s'agit juste de la seule méthode qu'Antoine ait pu trouver pour se fondre dans la masse aveugle et ignorante : car bienheureux est l'ignorant, celui qui, par son absence d'esprit d'analyse et de curiosité, prend le monde et les gens comme ils viennent.
Pour Antoine, devenir stupide n'est pas une mince affaire (il a quand même trois diplômes !!). Heureusement, la médecine est là pour lui venir en aide : avec deux ou trois comprimés d'Heurozac par jour, même le plus grand génie de tous les temps pourrait apprécier McDonald, Lorie ou la Star Académie !
Antoine a donc parfaitement organisé et planifié son entrée dans le monde de la bêtise et de la stupidité. Mais ses amis, à qui il a confié ses malheurs et ses projets, s'inquiètent : ne risque-t-il pas, en plus de devenir stupide, de devenir « un sale con » ??
Avec cynisme et humour, Martin Page décrit une société où stupidité rime avec consommation : consommation d'émissions télévisées, de produits manufacturés et tout enveloppés, d'idées toutes faites et préconçues, sans la moindre trace d'originalité. Et l'on prend plaisir à suivre cette étrange plongée, cet autre regard qu'Antoine désespérait de ne jamais posséder.
Un roman qui, loin d'être transcendant, n'en demeure pas moins agréable et simple à lire.