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Comment sortir de la Terreur: Thermidor et la Révolution [Broché]

Bronislaw Baczko
5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
Prix conseillé : EUR 17,05
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Descriptions du produit

Quatrième de couverture

Le 9 thermidor la Convention décrète hors la loi Robespierre, Saint-Just et leurs acolytes. Ils seront guillotinés le lendemain.Le 9 thermidor ouvre une période trouble. Le gouvernement, composé souvent d'anciens terroristes, est confronté à un problème politique inédit : Comment sortir de la Terreur que cette même Convention avait instaurée seize mois plus tôt ? La Révolution peut-elle faire le procès de la Terreur sans se condamner elle-même ? Distinguer les responsabilités, dans le châtiment des coupables, entre les agents subalternes et ceux qui votèrent les décrets et donnèrent les ordres ? Et comment empêcher le retour de la Terreur et instaurer la démocratie quand chacun continue à penser en termes de Volonté générale unitaire, d'exclusion de l'opposant, de refus du pluralisme politique ?Les quinze mois qui suivirent la chute de Robespierre ne marquèrent pas seulement un tournant dans l'histoire de la Révolution française ; ils demeurent la hantise de toutes les révolutions. Thermidor, c'est désormais le moment mythique, guetté par l'Histoire, où une révolution doit avouer qu'elle ne tiendra pas toutes ses promesses initiales et reconnaître que l'espoir s'est brisé. En Thermidor, les révolutionnaires lassés et vieillis renoncent à faire la révolution ; ils ne rêvent plus que de la finir.

Détails sur le produit

  • Broché: 360 pages
  • Editeur : Gallimard (24 janvier 1989)
  • Collection : NRF Essais
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070715493
  • ISBN-13: 978-2070715497
  • Dimensions du produit: 21,8 x 14 x 2,4 cm
  • Moyenne des commentaires client : 5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 362.465 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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Par Semper Victor COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 10 COMMENTATEURS
Format:Broché
Le livre de Bronislaw Baczko - « Comment sortir de la Terreur ? Thermidor et la Révolution » - publié pour la première fois en 1989, s'ouvre sur une interrogation : « Comment la Révolution de l'An II a-t-elle pu s'engager dans la Terreur et s'effondrer en une seule journée (le 9 Thermidor) au cours de laquelle deux coups de feu seulement de feu furent tirés ? ». L'ouvrage s'attache à décrypter les mythes qui ont précédé, accompagné et provoqué ce soubresaut majeur de la Révolution. Le dossier sur la Terreur n'est jamais traité « à charge », l'auteur prenant à chaque fois le recul nécessaire pour expliquer ce que cache chaque mot ou chaque événement. Le livre de Baczko est réellement passionnant, dans son analyse des mécanismes (il s'agit bien de cela) qui président aux constructions puis aux retournements idéologiques de l'An II. Il n'est pas question de ne parler que des « dossiers noirs de la Révolution » mais de comprendre les enjeux idéologiques et de leurs conséquences. Le travail de Baczko est en cela fascinant, car toute les manipulations de l'opinion sont décortiquées et expliquées.

Le premier chapitre est consacré à la rumeur lancée contre Robespierre à la veille du 9 Thermidor : l'Incorruptible aurait voulu devenir roi et épouser la fille de Louis XVI. Rumeur totalement inventée, personne n'en doute, mais rumeur néanmoins très écoutée au cours de ces heures décisives. La calomnie politique est aussi ancienne que l'est la politique précise d'ailleurs l'auteur, en rappelant par exemple La Grande Peur : « La Terreur se nourrit de cet imaginaire et le produit à son tour ; elle fabrique des complots qui font confondre tous les ennemis dans la figure globale du « suspect » et s'alimente de la peur et du soupçon qu'elle secrète. L'imagination sociale façonnée par la Terreur est surexcitée et désaxée, mais elle est aussi, pour les mêmes raisons, marquée par une sorte de fatigue et d'inertie. Tout, voire n'importe quoi, n'est-il pas devenu acceptable pour elle ? » (page 45).

Baczko évoque ensuite les lignes de front de la Fin de l'An II et expose pourquoi la Terreur, comme politique devenue monstrueuse, est remise en cause et rejetée : « La Terreur menace et punit les gens pour ce qu'ils sont et non pas pour ce qu'ils ont fait ; du coup, en introduisant le concept de « classes suspectes », elle substitue l'arbitraire à la justice » (page 80). Ce thème est prolongé au chapitre suivant, intitulé « L'horreur à l'ordre du jour », dans lequel l'auteur analyse le retournement qui se produit, après Thermidor, sur la perception de la Terreur comme mode de gouvernement. L'élément décisif est celui du procès Carrier, le représentant en mission de la Convention à Nantes. Alors que quelques centaines de prisonniers (ceux qu'il n'avait pas fait exécuter) sont libérés des prisons parisiennes où ils avaient finit par atterrir, Carrier va lui marcher droit à la guillotine : « Les récits sur la perversité de Carrier, dans l'imaginaire collectif, ont pour fonction précise de camper son image de monstre. Carrier cristallise en soi les « grandes mesures » et la Terreur au quotidien » (page 227). Tout le monde a entendu parler de ses « noyades », de ses « mariages républicains » voire de ses « orgies », dont l'auteur démontre qu'ils ont sans doute été aussi réels sous la Terreur qu'exagérés ensuite par la réaction thermidorienne. De son côté, Carrier organise sa défense sur le thème des « circonstances exceptionnelles », justifiant les moyens par leur fin et présentant la Terreur comme une simple conséquence de la menace contre-révolutionnaire (notamment la guerre de Vendée) : « La République doit donc assumer la responsabilité de ses actes et leurs conséquences. En persécutant ceux qui ont exécuté ses ordres, la Convention se fait un procès à elle-même ». (page 237) . Il ne coupera pourtant pas à l'échafaud (où il mourra même avec une certaine noblesse), car « Le monopole de la parole, détenu par les Jacobins pendant la Terreur, est définitivement brisé. (...) La parole jacobine ne représente plus l'instance idéologique, comme c'était le cas pendant la Terreur. Elle prétend toujours être légitimée par le peuple, mais cette prétention creuse est tournée en dérision » (page 244).

Ce retournement de l'opinion est ensuite amplifié par la montée en puissance des « muscadins », cette « jeunesse dorée » qui s'engouffre dans le vide laissée par l'effacement des Jacobins et de Sans-Culottes des rues de Paris. Ils règnent sur les cafés, donnent du bâton... Ils seraient 2000 à 3000 dans Paris. Le chapitre suivant porte sur « Le peuple vandale » : « Car la révolution, héritière des Lumières, n'avais pas seulement conduit à la « tyrannie », elle avait également engendré une monstruosité qui contredisait à la fois ses origines et ses objectifs et qu'elle voulait à jamais bannir : le vandalisme » (page 254).

Enfin, le chapitre sur le « Moment thermidorien » décortique comment la Révolution a été menée à son terme, notamment par le débat sur la Constitution à adopter : « La question glissait de « comment en finir avec la Terreur » ? à « comment terminer la Révolution » ? Les thermidoriens auraient donc à la fois à formuler leurs réponses à toutes ces préoccupations à la fois en termes de réaction à la terreur et en termes de promesses d'avenir. Il faudrait inventer une nouvelle utopie répondant au nouveau départ de la République, renouant avec ses origines et ses principes fondateurs, ses attentes et ses promesses compromises par la terreur. Penser ensemble la réaction et l'utopie, c'est également le défi que doit relever l'historien qui entend comprendre comment se clôt la période thermidorienne et sur quelles perspectives elle s'ouvre » (page 306). Alors que le « peuple » lance ses dernières forces dans les journées de Germinal et de Prairial, au cri de « Du pain et la Constitution démocratique de 1793 » et assassine le député Féraud au sein même de la Convention, cette dernière emporte facilement la partie et fait condamner les derniers Montagnards : « L'action désordonnée, brutale et inefficace de la foule a mis en évidence la fragilité du phénomène sans-culotte ainsi que son caractère conjoncturel. Celui-ci se voit de plus en plus réduit à l'ancien personnel politique de la Terreur, traqué partout essayant d'échapper aux massacres et à la « revanche légale », tout aussi impitoyable que systématique. L'échec de la révolte parachève le 9 thermidor ; c'est une victoire, sans aucune équivoque possible, de la Convention sur la rue, du « système représentatif » sur les pratiques de la démocratie directe, réduite à « l'anarchie » d'une foule violente. Germinal et prairial présentent en quelque sorte l'envers des « journées révolutionnaires ». Elles annoncent le déclin, voire la fin, de l'imagerie héroïque et militante de l'an II, celle du « peuple debout » prête à reprendre sa souveraineté » (page 326).

Il en découle ensuite, après que la réaction royaliste de Vendémiaire ait également été conjurée, la promulgation d'une Constitution d'inspiration censitaire : « L'établissement d'un régime censitaire culturel donnait indirectement et furtivement raison à ceux qui affirmaient que la République était venue trop tôt, avant que les Lumières eussent éclairé toute la population et non seulement les élites. Le bouleversement politique aurait devancé le progrès civilisateur. (...) Les Lumières étaient à l'origine de la Révolution, c'est aux Lumières qu'il revient de la terminer » (page 346-347). Son adoption achève définitivement l'épisode révolutionnaire.

Baczko conclue sur le mythe de « l'éternelle jeunesse révolutionnaire » : « Le moment thermidorien, c'est l'éclatement d'une évidence : la Révolution est fatiguée, la Révolution est vieillie. (...) Les révolutions vieillissent assez vite. Elles vieillissent mal, par leur obstination symbolique à toujours vouloir marquer un nouveau départ de l'Histoire, être une rupture radicale dans le temps, demeurer une œuvre en ses perpétuels commencements, incarner la jeunesse d'un monde qui durerait toujours. La Révolution chante les lendemains, mais voudrait ne jamais quitter l'aujourd'hui inaugural de sa venue au monde (...) La Révolution, même prise dans ses mythes, n'est pas un conte. Lire la suite ›
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5.0 étoiles sur 5 Passionnant ! 17 mai 2012
Par RAMA
Format:Broché|Achat authentifié par Amazon
Voilà un ouvrage qui nous met dans l'ambiance de l'après 9 thermidor; que la Terreur ait été abolie par des assassins et des personnes sans scrupules, nous le savions déjà; l'essentiel ait qu'ils l'ait fait !
Passionnant par l'exposé des questions qui se posaient à l'époque: jusqu'où faut-il aller dans la chasse aux jacobins terroristes (au vrai sens du terme) sans remettre en question les avancées de 1789 ?
Un ouvrage qui date de presque 25 ans (1988) et qui n'a rien perdu de son actualité.
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