Compagnons de la Chanson

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Biographie

Le secret du succès de cet ensemble vocal est peut-être à rechercher dans une solidité puisée au cours des années noires, au temps où la France avait bien besoin de chanter. En 1941, durant l'Occupation, les Compagnons de France sont l'un des nombreux mouvement de jeunesse impulsés par le Régime de Vichy.

C'est au sein de ce mouvement vaguement apparenté au scoutisme qu'un maître de chapelle, Louis Liénard, va trouver les futurs Compagnons de la chanson et former une chorale de jeunes gens, tous âgés à l'époque d'une vingtaine d'années. D'abord baptisé « Les Compagnons de la musique », la ... Lire la suite

Le secret du succès de cet ensemble vocal est peut-être à rechercher dans une solidité puisée au cours des années noires, au temps où la France avait bien besoin de chanter. En 1941, durant l'Occupation, les Compagnons de France sont l'un des nombreux mouvement de jeunesse impulsés par le Régime de Vichy.

C'est au sein de ce mouvement vaguement apparenté au scoutisme qu'un maître de chapelle, Louis Liénard, va trouver les futurs Compagnons de la chanson et former une chorale de jeunes gens, tous âgés à l'époque d'une vingtaine d'années. D'abord baptisé « Les Compagnons de la musique », la chorale se produit au centre de la France, où il remporte un réel succès.

Dans le groupe,  se détachent Jean-Louis Jaubert Jacob (dit Jaubert), Hubert Lancelot, Guy Bourguignon, Jean Albert et Marc Holtz (dit Herrand), qui formeront après-guerre les Compagnons de la chanson. En 1943, le groupe attire une recrue de choix, en la personne de Fred Mella, fils d'immigré italiens, qui rêvait d'une carrière lyrique ; sa la voix puissante lui permettront de devenir le soliste et le chanteur vedette des Compagnons.

En 1944, la chorale se produit à Paris, dans le cadre d'un gala au profit des Cheminots : à cette occasion, les jeunes chanteurs rencontrent Edith Piaf qui, séduite par leur talent, décide de leur mettre le pied à l'étrier. Engagés dans l'armée française, qu'ils suivent en tant que chorale, les Compagnons sont rejoint par deux nouveaux membres : Jo Frachon et Gérard Sabbat, puis par Paul Buissonneau. A la fin 1946, la troupe est entièrement constituée, comptant en son sein de jeunes chanteurs dont les registres se complètent admirablement : Fred Mella (ténor), Jean-Louis Jaubert (basse), Guy Bourguignon (basse), Marc Herrand (ténor), Jean Albert (ténor), Jo Frachon (basse), Gérard Sabbat (baryton) et Hubert Lancelot (baryton) et Paul Buissonneau (ténor).

Entre-temps, Edith Piaf a contribué à lancer le groupe en interprétant avec eux le titre « Les Trois Cloches » du compositeur suisse Jean Villard (dit Gilles), qui remporte un très vif succès. Ayant désormais adopté leur nom définitif de Compagnons de la Chanson, les ex-Compagnons de la Musique se voient propulsés au rang de vedette, et ont l'honneur en 1947 d'accompagner Piaf lors d'une tournée aux Etats-Unis. Lors d'une tournée au Québec, Paul Buissonneau, qui a épousé une habitante de Montréal, quitte la troupe pour rester sur place. Naturalisé canadien, il deviendra un acteur et metteur en scène de renom au théâtre, puis à la télévision québécoise. Il est remplacé par René Mella, le frère cadet de Fred.

De retour en France, le groupe remporte un succès remarquable, enchaînant concerts et tournées : ABC, Salle Pleyel, nouvelle tournée en Amérique du Nord (1952). En 1948, ils interprètent le film Neuf garçons, un cœur  de Georges Freedland, où ils partagent à nouveau l'écran avec leur fidèle amie Piaf. Propres et nets, vêtus de chemises blanches et de pantalons bleus qui leur tiennent lieu d' « uniforme », les Compagnons charment le public par leurs voix claires et justes comme par leur allure de gendres idéaux.

Les chanteurs tiennent différents emplois en fonction de leurs registres : si Fred Mella, qui se produit occasionnellement en solo tient souvent la vedette, Jean Albert assure généralement les emplois comiques, ce qui permet au groupe de faire rire autant que d'émouvoir. La troupe s'illustre également par des sketches musicaux très visuels.

En 1952, le départ de Marc Herrand, qui retrouve sa profession initiale de chef d'orchestre, entraîne son remplacement par Jean Broussolle. Musicien polyvalent, Broussolle s'était illustré auparavant dans Le Bec de Paris, une revue « anarchiste de droite » qui remporta un succès de semi-scandale dans le Paris-by-Night d'après-guerre. Auteur et adaptateur de talent, il apporte un considérable sang neuf aux Compagnons en leur donnant l'occasion d'élargir leur répertoire et de proposer également de nouvelles versions des succès du moment.

En 1956, Jean Albert quitte à son tour le groupe : il est remplacé par Jean-Pierre Calvet. La même année, les Compagnons montent à l'Alhambra leur première opérette, Minnie Moustache, composée par Jean Broussolle et Van Parys.

De même que la variété de leurs registres de voix leur permet de varier les tons de chansons, les Compagnons mettent sur pied un mode de fonctionnement bien particulier. En fonction de ses compétences, chacun se voit doté de responsabilités particulières dans l'organisation de leurs tournées. Gérard Sabbat s'occupe ainsi de la trésorerie et des éclairages, Jean-Louis Jaubert des contrats et relations publques et Guy Bourguignon de la régie. Les Compagnons de la Chanson fonctionnent comme une véritable coopérative artisanale, régie par un contrat exclusivement moral, où chacun est payé à l'ancienneté.

En 1961, les Compagnons de la Chanson fêtent leurs vingt ans de carrière, et les nouvelles modes rock et yéyé ne les dérangent guère. Si leur public ne se renouvelle guère, leurs spectateurs de la première heure leur restent indéfectiblement fidèles. Leurs salles sont pleines et les maisons de disque (Pathé-Marconi, puis Polydor, CBS, etc.) se les arrachent littéralement. Leurs tournées (Etats-Unis, Israël, Afrique...) se multiplient au cours des années 1960. Vendant jusqu'à 500 000 disques par an, les Compagnons se distinguent également en faisant plusieurs reprises de leur ami Charles Aznavour. Mais, le 31 décembre 1969, durant une tournée, Guy Bourguignon meurt. En hommage à leur camarade, les huit Compagnons survivants décident de ne pas le remplacer. En 1972, à l'occasion d'une participation à l'émission « Le Grand Echiquier », Jean Broussolle quitte la troupe pour se concentrer sur ses activités de compositeur (il écrira notamment pour Sacha Distel). Lui est remplacé, par le benjamin de la troupe, Michel Cassez, dit Gaston, instrumentiste ayant auparavant travaillé pour Claude François. Les tournées continuent : Israël, Japon, puis Bobino en 1973. Les Compagnons travaillent avec de nouveaux auteurs, comme Jean-Claude Massoulier et André Popp ou Michel Mella (fils de Fred) mais se distinguent également en interprétant de nombreuses adaptations : « La Marche de Sacco et Vanzetti » (1971, d'après la musique d'Ennio Morricone pour le film de Giuliano Montaldo) ou « Parle plus bas » (d'après la musique du film Le Parrain en 1972).

A l'approche des années 1980, les Compagnons décident de marquer leurs quarante ans de carrière en prenant une retraite bien méritée. C'est le début d'une tournée d'adieux qui durera... cinq ans et, après cinq semaines sur la scène de l'Olympia, les mènera dans plusieurs pays (Etats-Unis, Canada, Egypt, Israël...).

Le dernier récital de la troupe a lieu le 15 mars 1985. Sexagénaires encore vaillants, les Compagnons s'adonnent alors à leurs passions respectives, certains entamant une nouvelle carrière : théâtre (Gérard Sabbat), télévision (Jean-Pierre Calvet, Michel Cassez et Jo Frachon, qui anima brièvement l'émission télévisée « Des Chiffres et des lettres »), bâtiment (René Mella)... Fred Mella est le seul à poursuivre ses activités dans le domaine musical, avec l'appui occasionnel de son René au sein du groupe Les Copains d'abord. Hubert Lancelot, archiviste en titre de la formation, sort un ouvrage sur leur histoire, Nous, les Compagnons de la Chanson (éditions Aubier). Jean Broussolle décède en 1984, Jean-Pierre Calvet en 1989, Jo Frachon en 1992 et Hubert Lancelot en 1995.

En 2002, la Mairie de Lyon inaugure une Place des Compagnons de la Chanson, non loin de l'endroit où la chorale avait vu le jour. Epopée très particulière de la chanson française « à l'ancienne », pouvant s'enorgueillir d'un parcours sans taches malgré un répertoire qui n'a pas intégralement résisté à l'épreuve du temps, les Compagnons de la Chanson ont pour eux la longévité d'une carrière soutenue par un savoir-faire et une solidarité de groupe que pourraient leur envier bien des musiciens aussi glorieux qu'éphémères.

Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Le secret du succès de cet ensemble vocal est peut-être à rechercher dans une solidité puisée au cours des années noires, au temps où la France avait bien besoin de chanter. En 1941, durant l'Occupation, les Compagnons de France sont l'un des nombreux mouvement de jeunesse impulsés par le Régime de Vichy.

C'est au sein de ce mouvement vaguement apparenté au scoutisme qu'un maître de chapelle, Louis Liénard, va trouver les futurs Compagnons de la chanson et former une chorale de jeunes gens, tous âgés à l'époque d'une vingtaine d'années. D'abord baptisé « Les Compagnons de la musique », la chorale se produit au centre de la France, où il remporte un réel succès.

Dans le groupe,  se détachent Jean-Louis Jaubert Jacob (dit Jaubert), Hubert Lancelot, Guy Bourguignon, Jean Albert et Marc Holtz (dit Herrand), qui formeront après-guerre les Compagnons de la chanson. En 1943, le groupe attire une recrue de choix, en la personne de Fred Mella, fils d'immigré italiens, qui rêvait d'une carrière lyrique ; sa la voix puissante lui permettront de devenir le soliste et le chanteur vedette des Compagnons.

En 1944, la chorale se produit à Paris, dans le cadre d'un gala au profit des Cheminots : à cette occasion, les jeunes chanteurs rencontrent Edith Piaf qui, séduite par leur talent, décide de leur mettre le pied à l'étrier. Engagés dans l'armée française, qu'ils suivent en tant que chorale, les Compagnons sont rejoint par deux nouveaux membres : Jo Frachon et Gérard Sabbat, puis par Paul Buissonneau. A la fin 1946, la troupe est entièrement constituée, comptant en son sein de jeunes chanteurs dont les registres se complètent admirablement : Fred Mella (ténor), Jean-Louis Jaubert (basse), Guy Bourguignon (basse), Marc Herrand (ténor), Jean Albert (ténor), Jo Frachon (basse), Gérard Sabbat (baryton) et Hubert Lancelot (baryton) et Paul Buissonneau (ténor).

Entre-temps, Edith Piaf a contribué à lancer le groupe en interprétant avec eux le titre « Les Trois Cloches » du compositeur suisse Jean Villard (dit Gilles), qui remporte un très vif succès. Ayant désormais adopté leur nom définitif de Compagnons de la Chanson, les ex-Compagnons de la Musique se voient propulsés au rang de vedette, et ont l'honneur en 1947 d'accompagner Piaf lors d'une tournée aux Etats-Unis. Lors d'une tournée au Québec, Paul Buissonneau, qui a épousé une habitante de Montréal, quitte la troupe pour rester sur place. Naturalisé canadien, il deviendra un acteur et metteur en scène de renom au théâtre, puis à la télévision québécoise. Il est remplacé par René Mella, le frère cadet de Fred.

De retour en France, le groupe remporte un succès remarquable, enchaînant concerts et tournées : ABC, Salle Pleyel, nouvelle tournée en Amérique du Nord (1952). En 1948, ils interprètent le film Neuf garçons, un cœur  de Georges Freedland, où ils partagent à nouveau l'écran avec leur fidèle amie Piaf. Propres et nets, vêtus de chemises blanches et de pantalons bleus qui leur tiennent lieu d' « uniforme », les Compagnons charment le public par leurs voix claires et justes comme par leur allure de gendres idéaux.

Les chanteurs tiennent différents emplois en fonction de leurs registres : si Fred Mella, qui se produit occasionnellement en solo tient souvent la vedette, Jean Albert assure généralement les emplois comiques, ce qui permet au groupe de faire rire autant que d'émouvoir. La troupe s'illustre également par des sketches musicaux très visuels.

En 1952, le départ de Marc Herrand, qui retrouve sa profession initiale de chef d'orchestre, entraîne son remplacement par Jean Broussolle. Musicien polyvalent, Broussolle s'était illustré auparavant dans Le Bec de Paris, une revue « anarchiste de droite » qui remporta un succès de semi-scandale dans le Paris-by-Night d'après-guerre. Auteur et adaptateur de talent, il apporte un considérable sang neuf aux Compagnons en leur donnant l'occasion d'élargir leur répertoire et de proposer également de nouvelles versions des succès du moment.

En 1956, Jean Albert quitte à son tour le groupe : il est remplacé par Jean-Pierre Calvet. La même année, les Compagnons montent à l'Alhambra leur première opérette, Minnie Moustache, composée par Jean Broussolle et Van Parys.

De même que la variété de leurs registres de voix leur permet de varier les tons de chansons, les Compagnons mettent sur pied un mode de fonctionnement bien particulier. En fonction de ses compétences, chacun se voit doté de responsabilités particulières dans l'organisation de leurs tournées. Gérard Sabbat s'occupe ainsi de la trésorerie et des éclairages, Jean-Louis Jaubert des contrats et relations publques et Guy Bourguignon de la régie. Les Compagnons de la Chanson fonctionnent comme une véritable coopérative artisanale, régie par un contrat exclusivement moral, où chacun est payé à l'ancienneté.

En 1961, les Compagnons de la Chanson fêtent leurs vingt ans de carrière, et les nouvelles modes rock et yéyé ne les dérangent guère. Si leur public ne se renouvelle guère, leurs spectateurs de la première heure leur restent indéfectiblement fidèles. Leurs salles sont pleines et les maisons de disque (Pathé-Marconi, puis Polydor, CBS, etc.) se les arrachent littéralement. Leurs tournées (Etats-Unis, Israël, Afrique...) se multiplient au cours des années 1960. Vendant jusqu'à 500 000 disques par an, les Compagnons se distinguent également en faisant plusieurs reprises de leur ami Charles Aznavour. Mais, le 31 décembre 1969, durant une tournée, Guy Bourguignon meurt. En hommage à leur camarade, les huit Compagnons survivants décident de ne pas le remplacer. En 1972, à l'occasion d'une participation à l'émission « Le Grand Echiquier », Jean Broussolle quitte la troupe pour se concentrer sur ses activités de compositeur (il écrira notamment pour Sacha Distel). Lui est remplacé, par le benjamin de la troupe, Michel Cassez, dit Gaston, instrumentiste ayant auparavant travaillé pour Claude François. Les tournées continuent : Israël, Japon, puis Bobino en 1973. Les Compagnons travaillent avec de nouveaux auteurs, comme Jean-Claude Massoulier et André Popp ou Michel Mella (fils de Fred) mais se distinguent également en interprétant de nombreuses adaptations : « La Marche de Sacco et Vanzetti » (1971, d'après la musique d'Ennio Morricone pour le film de Giuliano Montaldo) ou « Parle plus bas » (d'après la musique du film Le Parrain en 1972).

A l'approche des années 1980, les Compagnons décident de marquer leurs quarante ans de carrière en prenant une retraite bien méritée. C'est le début d'une tournée d'adieux qui durera... cinq ans et, après cinq semaines sur la scène de l'Olympia, les mènera dans plusieurs pays (Etats-Unis, Canada, Egypt, Israël...).

Le dernier récital de la troupe a lieu le 15 mars 1985. Sexagénaires encore vaillants, les Compagnons s'adonnent alors à leurs passions respectives, certains entamant une nouvelle carrière : théâtre (Gérard Sabbat), télévision (Jean-Pierre Calvet, Michel Cassez et Jo Frachon, qui anima brièvement l'émission télévisée « Des Chiffres et des lettres »), bâtiment (René Mella)... Fred Mella est le seul à poursuivre ses activités dans le domaine musical, avec l'appui occasionnel de son René au sein du groupe Les Copains d'abord. Hubert Lancelot, archiviste en titre de la formation, sort un ouvrage sur leur histoire, Nous, les Compagnons de la Chanson (éditions Aubier). Jean Broussolle décède en 1984, Jean-Pierre Calvet en 1989, Jo Frachon en 1992 et Hubert Lancelot en 1995.

En 2002, la Mairie de Lyon inaugure une Place des Compagnons de la Chanson, non loin de l'endroit où la chorale avait vu le jour. Epopée très particulière de la chanson française « à l'ancienne », pouvant s'enorgueillir d'un parcours sans taches malgré un répertoire qui n'a pas intégralement résisté à l'épreuve du temps, les Compagnons de la Chanson ont pour eux la longévité d'une carrière soutenue par un savoir-faire et une solidarité de groupe que pourraient leur envier bien des musiciens aussi glorieux qu'éphémères.

Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Le secret du succès de cet ensemble vocal est peut-être à rechercher dans une solidité puisée au cours des années noires, au temps où la France avait bien besoin de chanter. En 1941, durant l'Occupation, les Compagnons de France sont l'un des nombreux mouvement de jeunesse impulsés par le Régime de Vichy.

C'est au sein de ce mouvement vaguement apparenté au scoutisme qu'un maître de chapelle, Louis Liénard, va trouver les futurs Compagnons de la chanson et former une chorale de jeunes gens, tous âgés à l'époque d'une vingtaine d'années. D'abord baptisé « Les Compagnons de la musique », la chorale se produit au centre de la France, où il remporte un réel succès.

Dans le groupe,  se détachent Jean-Louis Jaubert Jacob (dit Jaubert), Hubert Lancelot, Guy Bourguignon, Jean Albert et Marc Holtz (dit Herrand), qui formeront après-guerre les Compagnons de la chanson. En 1943, le groupe attire une recrue de choix, en la personne de Fred Mella, fils d'immigré italiens, qui rêvait d'une carrière lyrique ; sa la voix puissante lui permettront de devenir le soliste et le chanteur vedette des Compagnons.

En 1944, la chorale se produit à Paris, dans le cadre d'un gala au profit des Cheminots : à cette occasion, les jeunes chanteurs rencontrent Edith Piaf qui, séduite par leur talent, décide de leur mettre le pied à l'étrier. Engagés dans l'armée française, qu'ils suivent en tant que chorale, les Compagnons sont rejoint par deux nouveaux membres : Jo Frachon et Gérard Sabbat, puis par Paul Buissonneau. A la fin 1946, la troupe est entièrement constituée, comptant en son sein de jeunes chanteurs dont les registres se complètent admirablement : Fred Mella (ténor), Jean-Louis Jaubert (basse), Guy Bourguignon (basse), Marc Herrand (ténor), Jean Albert (ténor), Jo Frachon (basse), Gérard Sabbat (baryton) et Hubert Lancelot (baryton) et Paul Buissonneau (ténor).

Entre-temps, Edith Piaf a contribué à lancer le groupe en interprétant avec eux le titre « Les Trois Cloches » du compositeur suisse Jean Villard (dit Gilles), qui remporte un très vif succès. Ayant désormais adopté leur nom définitif de Compagnons de la Chanson, les ex-Compagnons de la Musique se voient propulsés au rang de vedette, et ont l'honneur en 1947 d'accompagner Piaf lors d'une tournée aux Etats-Unis. Lors d'une tournée au Québec, Paul Buissonneau, qui a épousé une habitante de Montréal, quitte la troupe pour rester sur place. Naturalisé canadien, il deviendra un acteur et metteur en scène de renom au théâtre, puis à la télévision québécoise. Il est remplacé par René Mella, le frère cadet de Fred.

De retour en France, le groupe remporte un succès remarquable, enchaînant concerts et tournées : ABC, Salle Pleyel, nouvelle tournée en Amérique du Nord (1952). En 1948, ils interprètent le film Neuf garçons, un cœur  de Georges Freedland, où ils partagent à nouveau l'écran avec leur fidèle amie Piaf. Propres et nets, vêtus de chemises blanches et de pantalons bleus qui leur tiennent lieu d' « uniforme », les Compagnons charment le public par leurs voix claires et justes comme par leur allure de gendres idéaux.

Les chanteurs tiennent différents emplois en fonction de leurs registres : si Fred Mella, qui se produit occasionnellement en solo tient souvent la vedette, Jean Albert assure généralement les emplois comiques, ce qui permet au groupe de faire rire autant que d'émouvoir. La troupe s'illustre également par des sketches musicaux très visuels.

En 1952, le départ de Marc Herrand, qui retrouve sa profession initiale de chef d'orchestre, entraîne son remplacement par Jean Broussolle. Musicien polyvalent, Broussolle s'était illustré auparavant dans Le Bec de Paris, une revue « anarchiste de droite » qui remporta un succès de semi-scandale dans le Paris-by-Night d'après-guerre. Auteur et adaptateur de talent, il apporte un considérable sang neuf aux Compagnons en leur donnant l'occasion d'élargir leur répertoire et de proposer également de nouvelles versions des succès du moment.

En 1956, Jean Albert quitte à son tour le groupe : il est remplacé par Jean-Pierre Calvet. La même année, les Compagnons montent à l'Alhambra leur première opérette, Minnie Moustache, composée par Jean Broussolle et Van Parys.

De même que la variété de leurs registres de voix leur permet de varier les tons de chansons, les Compagnons mettent sur pied un mode de fonctionnement bien particulier. En fonction de ses compétences, chacun se voit doté de responsabilités particulières dans l'organisation de leurs tournées. Gérard Sabbat s'occupe ainsi de la trésorerie et des éclairages, Jean-Louis Jaubert des contrats et relations publques et Guy Bourguignon de la régie. Les Compagnons de la Chanson fonctionnent comme une véritable coopérative artisanale, régie par un contrat exclusivement moral, où chacun est payé à l'ancienneté.

En 1961, les Compagnons de la Chanson fêtent leurs vingt ans de carrière, et les nouvelles modes rock et yéyé ne les dérangent guère. Si leur public ne se renouvelle guère, leurs spectateurs de la première heure leur restent indéfectiblement fidèles. Leurs salles sont pleines et les maisons de disque (Pathé-Marconi, puis Polydor, CBS, etc.) se les arrachent littéralement. Leurs tournées (Etats-Unis, Israël, Afrique...) se multiplient au cours des années 1960. Vendant jusqu'à 500 000 disques par an, les Compagnons se distinguent également en faisant plusieurs reprises de leur ami Charles Aznavour. Mais, le 31 décembre 1969, durant une tournée, Guy Bourguignon meurt. En hommage à leur camarade, les huit Compagnons survivants décident de ne pas le remplacer. En 1972, à l'occasion d'une participation à l'émission « Le Grand Echiquier », Jean Broussolle quitte la troupe pour se concentrer sur ses activités de compositeur (il écrira notamment pour Sacha Distel). Lui est remplacé, par le benjamin de la troupe, Michel Cassez, dit Gaston, instrumentiste ayant auparavant travaillé pour Claude François. Les tournées continuent : Israël, Japon, puis Bobino en 1973. Les Compagnons travaillent avec de nouveaux auteurs, comme Jean-Claude Massoulier et André Popp ou Michel Mella (fils de Fred) mais se distinguent également en interprétant de nombreuses adaptations : « La Marche de Sacco et Vanzetti » (1971, d'après la musique d'Ennio Morricone pour le film de Giuliano Montaldo) ou « Parle plus bas » (d'après la musique du film Le Parrain en 1972).

A l'approche des années 1980, les Compagnons décident de marquer leurs quarante ans de carrière en prenant une retraite bien méritée. C'est le début d'une tournée d'adieux qui durera... cinq ans et, après cinq semaines sur la scène de l'Olympia, les mènera dans plusieurs pays (Etats-Unis, Canada, Egypt, Israël...).

Le dernier récital de la troupe a lieu le 15 mars 1985. Sexagénaires encore vaillants, les Compagnons s'adonnent alors à leurs passions respectives, certains entamant une nouvelle carrière : théâtre (Gérard Sabbat), télévision (Jean-Pierre Calvet, Michel Cassez et Jo Frachon, qui anima brièvement l'émission télévisée « Des Chiffres et des lettres »), bâtiment (René Mella)... Fred Mella est le seul à poursuivre ses activités dans le domaine musical, avec l'appui occasionnel de son René au sein du groupe Les Copains d'abord. Hubert Lancelot, archiviste en titre de la formation, sort un ouvrage sur leur histoire, Nous, les Compagnons de la Chanson (éditions Aubier). Jean Broussolle décède en 1984, Jean-Pierre Calvet en 1989, Jo Frachon en 1992 et Hubert Lancelot en 1995.

En 2002, la Mairie de Lyon inaugure une Place des Compagnons de la Chanson, non loin de l'endroit où la chorale avait vu le jour. Epopée très particulière de la chanson française « à l'ancienne », pouvant s'enorgueillir d'un parcours sans taches malgré un répertoire qui n'a pas intégralement résisté à l'épreuve du temps, les Compagnons de la Chanson ont pour eux la longévité d'une carrière soutenue par un savoir-faire et une solidarité de groupe que pourraient leur envier bien des musiciens aussi glorieux qu'éphémères.

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