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Les Pixies, côté face, c'est aussi bien que… côté pile ! ou presque, si l'on ne veut pas trop exagérer. Couvrant la période qui va de 1987 à 1991, c'est-à-dire un an après la formation du groupe, un an avant sa séparation, ces morceaux plus ou moins obscurs n'ont pas à rougir de la comparaison face aux merveilles que recelaient
Surfer Rosa et
Trompe le monde. L'aspect brouillon de l'ensemble, propre à une telle entreprise qui mélange live, studio et choses appelées à un oubli certain, sauf pour quelques collectionneurs monomaniaques, n'est pas gênant, et on ne peut même pas critiquer, en évoquant un quelconque opportunisme commercial, tant le hardcore franchement pop des Pixies (comme du Hüsker Dü revue et corrigé par les Beach Boys) n'a toujours pas rencontré le succès qu'il mérite au-delà de l'estime de quelques amateurs éclairés. Si David Lovering y va de son morceau, qui n'est certes pas inoubliable, on n'hésitera pas à se procurer ce disque, ne serait-ce que pour le fameux "Vamos" et la voix de Kim Deal sur "Into The Light".
--Hervé Comte
Critique
Pour les groupes qui possèdent un trop plein créatif, l’exercice de la face B est toujours intéressant. Il permet à la fois de procéder à des expérimentations, de laisser libre court à ses envies et de rassasier les fans par de petites raretés en écoulant des singles. Finalement
Complete B-Sides est quasiment un vrai cinquième album.
« River Euphrates » sonne comme un vrai concert dans une version décidemment plus furieuse que l’original. «
Into the White », chanté par une sublime Kim Deal, fait dans l’apocalyptique. «
Manta Ray » et «
Dancing the Manta Ray » sont hilarants et remplace un moment le trip de Franck Black sur le caribou, la taupe ou les extraterrestres. «
Make Believe », chanté par le batteur Dave Lovering, est dans la lignée de «
La La Love You » en plus punchy. La reprise de Neil Young «
I've Been Waiting For You » montre encore une fois le talent de Kim Deal au chant et s’oppose avec une autre reprise du maître : «
Winterlong ». «
Velvety Instrumental Version » est hallucinante quand on sait qu’elle a été écrit par Franck Black à ses 15 ans. «
Theme From Narc » possède un déconcertant thème de jeu d’arcade. «
Build High » est une jolie chanson en acoustique. «
Evil Hearted You » est complètement dérangé et avait déjà été repris par les Yardbirds. Le disque se clôture enfin sur une version instrumentale de «
Letter to Memphis ».
En bonus, deux clips sont à regarder sur l’ordinateur : le décevant «
Alison » et le délirant «
Here Comes Your Man ».
Samuel Degasne - Copyright 2012 Music Story