...et cherchent leur chemin entre Brahms (ses deux Sérénades) et l'allégeance aux formes classiques, écriture fuguée ou hommage à Mozart.
Soyons honnête : ces oeuvres, même les pages aussi poétiquement inspirées que "Rêves d'enfant", n'offrent guère ce que le compositeur a écrit de mieux.
Bien qu'elles ne contiennent aucun « air » aussi célèbre que ceux qu'on trouve dans les trois ballets, le don mélodique et le talent d'instrumentation viennent toutefois courtiser l'écoute, malgré quelques longueurs, malgré quelques banalités académiques.
En juin 1955 à Paris, Adrian Boult avait déjà gravé une remarquable lecture de la Suite n°3 (Decca).
Antal Dorati reste le premier à avoir enregistré l'intégralité des quatre, du 16-21 août 1966 au Watford Town Hall pour Philips.
Les discophiles durent attendre une vingtaine d'années avant qu'une alternative se présente au catalogue : Evgueni Svetlanov et l'orchestre symphonique d'URSS (Melodiya).
Entre-temps, Michael Tilson-Thomas s'était brillamment illustré dans les Suites 2 et 4 avec le Philharmonia (CBS, 1980).
La version que nous entendons ici peut compter quelques décisifs atouts. Une riche prise de son, charnue, enveloppante et néanmoins très nette agrémente confortablement l'oreille quand la musique n'a rien d'original à dire, et valorise ses effets spectaculaires.
Cette phonogénie flatte les séduisantes couleurs instrumentales du Philharmonia.
Dorati ne collabora pas souvent avec cet orchestre anglais (les Concertos pour violon de Bartok les avaient déjà réunis en février 1965 pour Emi, la Symphonie n°9 de Dvorak en décembre 1966 marqua leur troisième et dernière rencontre discographique) mais il en obtient ici une prestation aussi virtuose que communicative : écoutez la brillante "Marche miniature", le "Scherzo burlesque" (où s'immiscent quatre accordéons à 2'08)...
Le maestro hongrois anime les étapes lyriques ("Elegie" opus 55, "Thème et variations" avec le soyeux violon d'Hugh Bean dans la dixième...) avec un charme réjouissant.
Mais c'est quand le tempo s'active (les Scherzos, la "Danse baroque" sur le modèle du vigoureux Kazachok) qu'on admire la frétillante énergie rythmique que cette baguette savait si bien stimuler.
L'interprétation onctueuse mais autoritairement galbée de la "Mozartiana" n'oublie pas de souligner le panache slave qui avive la parure romantique de ces thèmes empruntés au Salzbourgeois.