Pas moins de 8 DVD sont regroupés dans cette édition. Les films ont été retravaillés et rendent obsolètes les éditions précédentes du point de vue du son et de l'image. Néanmoins, le passage à la HD fait du mal aux bons vieux effets spéciaux : Les scènes de vol et autres incrustations sur maquette font désormais pitié. Comme quoi, à chaque fois que l'on gagne quelque chose, on perd également quelque chose !
Il y a une pléthore de bonus. Entre autres : deux très longs documentaires sur les comics, les séries TV et les films dérivés de la franchise. Des making-of à foison, soit d'époque, soit des plus récents. Des scènes coupées par dizaines. Une compilation de dessins animés des studios Fleisher (avec le fameux générique où les gens s'écrient "Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non ! C'est Superman !!!") et du serial avec George Reeves dans le rôle titre (qui n'est nullement parent avec Christopher !). Etc !
NB : Ne pas se fier à la présentation du produit sur Amazon. Ce coffret est strictement identique à celui qui devait sortir en France et qui a finalement été annulé : Tout est disponible en vf. Tous les menus sont en français sitôt que l'on a choisi la piste française.
- "Superman Le Film" propose enfin les deux versions du métrage. Soit la version cinéma, qui ravira les fans en leur permettant de retrouver le doublage d'origine avec la voix de Pierre Arditi, ainsi que la version longue (une dizaine de minutes additionnelles, au passage très intéressantes), qu'il vaut mieux regarder en vo, tant le nouveau doublage, racoleur (et vas-y que j't'y mets les voix de la série "Smallville"), est inécoutable.
Le film demeure, plus de trente ans après sa sortie, un bijou à l'épreuve du temps (si l'on excepte évidemment ses effets spéciaux antiques...). S'il fut le premier véritable film de super-héros, dans le sens où il adaptait, sous la forme d'une production cinématographique à grand spectacle, un comicbook (genre en principe strictement réservé aux séries Z !), force est de constater qu'il demeure aujourd'hui LE film définitif en la matière. Une prouesse, quand on voit la horde d'adaptations qui pullulent sur nos écrans depuis quelques années, dans des versions luxueuses bourrées des effets spéciaux derniers-cris et faisant la part-belle à la technologie 3D ("Superman Returns" de Brian Singer ayant été, lors de sa sortie, le premier film à tester ce retour à la 3D dans les salles de cinéma).
L'incomparable classe du film de Richard Donner n'incombe donc pas à son côté "grand spectacle", rendu périmé par les technologies actuelles, mais plutôt à son script de premier ordre : Rédigé par Tom Mankiewicz et Mario Puzo (le scénariste du "
Parrain" de Coppola !), le scénario développe une adaptation d'une ampleur, d'une précision et d'une pureté si extrême, qu'il demeure aujourd'hui encore définitif. Sont ainsi exposées tout au long du métrage les racines mêmes qui font l'intégrité du personnage. Le film développe sa mythologie depuis Krypton, dévoile l'origine du costume de Kal-el et de son insigne, condense remarquablement les concepts les plus édifiants liés à "l'Homme d'acier" (ses pouvoirs, la forteresse de la solitude, la connaissance de ses origines et de sa lignée, le génie visionnaire de Jor-el) avec une profondeur et une intelligibilité inouïes, et ose transcender les comics dont il s'inspire en inventant la fameuse planète Krypton : Un monde abstrait d'une blancheur immaculée, illustrant parfaitement la froideur d'une espèce intelligente devenue trop civilisée. Et la réussite fut telle, qu'à partir de là, ce fut au tour des comics de s'inspirer du film qui proposait, à l'époque, le traitement le plus dense et le plus mature jamais effectué sur le personnage !
La partition musicale légendaire de John Williams (un an tout juste après celle, tout aussi mémorable, du premier "Star Wars" !) ajoute évidemment à l'autorité du film. Réécoutez-la, vous n'en reviendrez pas de fredonner autant de mélodies archi-connues, passées depuis longtemps dans le patrimoine musical et l'inconscient collectif !
Le casting n'est pas en reste, qui déroule Gene Hackman, Glenn Ford, Trevor Howard, Harry Andrews, Terence Stamp, Larry Hagman, Margot Kidder et bien entendu Marlon Brando, apparaissant pour la dernière fois à l'écran dans une silhouette relativement svelte, avant de tomber du côté obscur de l'obésité à partir de l'année suivante, au cours du tournage d'"
Apocalypse Now"...
Enfin, la réussite du film n'aurait jamais été la même sans la présence étincelante de Christopher Reeves dans le rôle-titre. Depuis, il demeure, envers et contre tout, l'incarnation définitive et irremplaçable de "l'Homme d'acier", au même titre que Shwarzenneger dans le rôle de "
Conan le Barbare". Il suffit de regarder l'acteur Brandon Rough dans "Superman Returns" (choisi précisément pour sa ressemblance avec son illustre prédécesseur), ou même la dernière version des
origines de Superman en comics (le dessinateur Gary Frank ayant choisi de donner les traits de Christopher Reeves à sa version papier !) pour s'apercevoir de la marque indélébile laissée par l'acteur, dont la fatalité voulu qu'il termina sa vie dans un fauteuil roulant, triste ironie pour la personne qui incarna la version ultime du surhomme sur un écran...
La sentence est immuable : Cette première adaptation prouve au monde que la valeur d'un film, par delà le temps, est une question d'êtres humains et de qualité sémantique. Tous les effets spéciaux et toutes les technologies du monde ne remplaceront ainsi jamais un solide scénario et des acteurs en état de grâce. 5 étoiles.
- "Superman 2" est également disponible dans ses deux versions : La "version cinéma" demeure celle que tout le monde a vue. Soit le film terminé par Richard Lester et remonté par les producteurs. Le "Richard Donner's cut" est une version alternative. Il s'agit de la vision la plus fidèle voulue à l'origine par le réalisateur du premier film, avant qu'il ne soit viré en plein milieu du tournage sur le second, envisagé au départ non pas comme une suite, mais comme la deuxième partie d'un tout, comme si les deux métrages n'en formaient qu'un seul (un peu à la façon de la trilogie "Star Wars"). Du coup, certaines scènes furent tournées dès le départ (en 1978) dans cette optique, puis mises de côté (dont certaines avec Marlon Brando). Richard Lester retourna certaines scènes et ainsi, un paquet de séquences furent mises aux oubliettes jusqu'en 2006. Cette année là, au terme d'une interminable supplique des fans qui encouragèrent la Warner à laisser Donner remonter SON film, le projet se réalisa.
Malheureusement, certaines scènes clés ne furent pas retrouvées. Mais le réalisateur s'attela tout de même à la tâche, accouchant d'une version un peu tronquée, mais au final plus pure et effectivement plus proche du premier opus. Certaines scènes sont ainsi entièrement différentes et d'autres ont été enlevées, comme la longue scène du début, se déroulant sur la Tour Eiffel. Personnellement, le "Richard Donner's cut" est la version que je préfère, notamment parce que les gags les plus lourds de la version de Lester ont été éjectés, et parce que les scènes avec Marlon Brando ont été restaurées... 4 étoiles.
En revanche, ennemis de la vo sous-titrée, passez votre chemin, car cette version ne possède pas de traduction française...
- "Superman 3" et "4" demeurent ce qu'ils ont toujours été : des suites insipides, faisant la part-belle à l'humour et à la facilité (terminées, les visions splendides de Krypton, de la Terre vue de l'espace ou de la "forteresse de la solitude", ou même des vastes champs de Smallville). Si l'épisode 3 fait aujourd'hui figure de série B sympa, très "BD" dans l'esprit, l'épisode 4 est tout bonnement irregardable, réussissant à produire des effets spéciaux plus nuls que ceux des films précédents, alors qu'il a été réalisé bien plus tard !
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