lE DERNIER disque de Plantier consacré à Wessthoff m'avait stupéfait. «C'est qu'il a le diable au corps», m'étais-je alors dit. Que de virtuosité, et qu'elle belle alchimie entre les concertistes. Un petit chef-d'oeuvre ! Et quelle prise de son ! Aussi, j'attendais son Venturini avec une certaine exaltation. Après maintes écoutes, quelque peu déçu je suis. Non pas de la performance de Plantier et de ses comparses, mais plutôt du compositeur. La Sonate IX en sol mineur qui ouvre le bal commence bien mal. Malgré le son fruité des hautbois et des flûtes, quel ennui que cette Ouverture à 8 instruments ! Après moult bâillements , il me fallu attendre la sonate II pour que mon rythme cardiaque s'accélère enfin. Et ce, grâce au violon virtuose et omniprésent de Plantier qui met la pédale à fonds pour donner à cette musique la force de caractère qu'elle n'aurait peut-être pas sans lui. Heureusement, la seconde Ouverture en la mineur est beaucoup plus passionnante. La finale, la sonate VIII (qui est en fait un concerto à 9 instruments), est époustouflante. Encore là, c'est le violon virevoltant de Plantier est au coeur de ce trop court moment d'euphorie. La musique de Venturini s'apparente beaucoup trop à celle de Telemann, à celle de Heinichen ; voire même à celle de Fasch et, dans une mesure nettement moindre, à celle de Vivaldi (un petit clin d'oeil aussi à sire Brescianello!). C'est là le coeur du problème. Si Telemann sait souvent sortir son épingle du jeu pour nous tenir en haleine, tel n'est pas toujours le cas avec la musique de Venturini. En soi, la sonate IX est une pure perte de temps, du mauvais Telemann, pourrait-on dire. Et puis, il y a surtout cette impression constante de «déjà entendu» qui gâche la sauce. On pourra féliciter Plantier et ses collègues d'avoir mis toute la gomme (et toute leur âme) dans l'interprétation d'oeuvres qui en ont certes bien besoin. La prise de son est tout-à-fait à la hauteur.