Luigi Dallapiccola est né en 1904 à Pisino (Italie, aujourd'hui Pazin en Croatie). Il étudia le piano au Conservatoire de Florence, et la composition au Conservatoire « Luigi Cherubini » avec Vito Frazzi (1888-1975). Il devint professeur à partir de 1931, et parmi ses élèves, on peut en particulier noter Halim El-Dabh (né en 1921), Raymond Wilding-White (1922-2001), Luciano Berio (1925-2003), Noel Da Costa (1929-2002), Donald Martino (1931-2005), Arlene Zallman (1934-2006), Bernard Rands (né en 1934), Ernesto Rubin de Cervin (né en 1936), ou bien encore Abraham Zalman Walker (né en 1948). Dallapiccola commença à s'opposer politiquement au fascisme à l'occasion de la campagne militaire d'Abyssinie, de l'engagement italien lors de la guerre civile espagnole, du rapprochement de Benito Mussolini avec Adolf Hitler et de la promulgation en 1938 des « lois raciales » (sa femme Laura Luzzatto était d'origine juive) et, pendant la seconde guerre mondiale, il participa activement à la résistance au nazisme. Musicalement, il fut influencé, à partir de 1930, par le dodécaphonisme de la Seconde Ecole de Vienne, en particulier par Anton Webern (1883-1945) et Alban Berg (1885-1935), qu'il traite cependant dans la tradition italienne du « bel canto », grâce à des techniques sérielles qu'il développa de façon à permette une plus grande expression du lyrisme. Profondément humaniste, Luigi Dallapiccola traita en particulier, dans ses Opéras « Vol de nuit » (1938) d'après Antoine de Saint-Exupéry, « Le Prisonnier » (1948) d'après Auguste de Villiers de L'Isle-Adam et « Ulysse » (1968) d'après Homère, ou dans sa Cantate « Chants des Prisons » (1941), du thème de l'Homme qui, au sein d'une société essentiellement hostile, se cherche sans pouvoir aller au bout de sa quête. Il est mort à Florence en 1975.
Ruth Posselt, violon ; Columbia Symphony Orchestra, Leonard Bernstein.