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5.0 étoiles sur 5
Un Beethoven comme je ne l'ai jamais entendu, 27 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concerto Pour Piano N°5 Op.73 "Empereur" - Sonate Pour Piano N°28 Op.101 (CD)
Tout simplement magnifique!
Cet album, je l'ai acheté il y aura bientôt deux ans.
Tout d'abord, posons un voile pudique sur l'aspect "visuel" de la pochette et du livret, qui fait partie de l'aspect non musical de cet album.
Cet aspect, qui fait du tord à la pianiste en la faisant passer pour ce qu'elle n'est pas: une star bling-bling, c'est la soupe marketing DG sur laquelle je m'abstiendrai de porter un jugement.
Sur l'interprétation, comment exprimer ma pensée sans la trahir?
Sans être musicologue, je joue du piano depuis de nombreuses années, ce qui me permet d'apprécier ou non l'interprétation d'un artiste.
Ici, je dois dire que chaque audition de cet interprétation du concerto n°5, magnifique osmose entre la pianiste et l'orchestre de Vladimir Jurowski, est pour moi un émerveillement toujours neuf.
Emerveillement dû au fait qu'elle ne joue comme aucun(e) autre pianiste, et c'est cette différence, ce chemin de musique que les autres n'ont pas tracé avant elle que j'affectionne tant: cette longueur d'onde qui est la sienne, qui est la mienne, qui est celle de tous les mélomanes qui musicalement l'adorent.
C'est à l'audition de ses albums que j'ai compris ce qu'est le rôle du "médium", du passeur de musique et en quelque sorte du "passeur de vie" dont elle parle dans ses livres.
Chaque interprète étant le médium entre la musique et ses propres mélomanes, je trouve que comparer est destructeur.
Et je l'avoue sans honte: lorsqu'Hélène joue Beethoven, j'entends Beethoven, et lorsqu'elle joue Bach, J'entends Bach.
Elle explique pourquoi Beethoven ne doit pas être joué avec pathos et grandiloquence, et elle le prouve en le jouant généreux et grandiose mais intérieur et mystique: une finesse de sonorité et de discours musical pour révéler la délicatesse des sentiments beethoveniens.
Je m'inscris en faux contre certains commentaires qui prétendent nous expliquer la "bonne manière" de jouer Bach ou Beethoven:
D'une part, parce que personne ne peut sérieusement, honnêtement, définir cette "bonne manière" de jouer, à moins d'avoir connu personnellement les compositeurs (pour Bach et Beethoven, cela me semble difficile...).
D'autre part, parce que les instruments de musiques ont techniquement et musicalement évolué depuis Bach et Beethoven, ce qui implique que LA "bonne manière" de jouer (si tant est qu'il n y en ait qu'une!) a elle-même évolué depuis Bach et Beethoven.
Enfin, parce que s'il n'existait qu'une seule bonne manière de jouer, ce serait la mort des artistes: autant se flinguer et faire jouer les oeuvres par des ordinateurs!
Alors, indigne d'intérêt, cet album? Inutile??? Pour moi (comme pour beaucoup d'autres) affirmer cela est un NON-SENS.
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8 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5
Le Waterloo du concerto de l'Empereur, 2 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Concerto Pour Piano N°5 Op.73 "Empereur" - Sonate Pour Piano N°28 Op.101 (CD)
Que dire de cette version plus que décevante d'un des plus beaux concertos du répertoire pianistique?
Hélène Grimaud, qui est loin d'être dépourvue de talent (qu'on écoute sa très touchante interprétation des pièces pour piano de Brahms), souffre d'un syndrôme que j'appellerai le syndrôme Amélie Nothomb. C'est-à-dire qu'elle s'est construite une image très forte (la pianiste aux loups) qui fait qu'on est familiarisé avec son personnage avant même de l'être avec son art. Cette sorte d'"aura" superficielle a certainement un avantage marketing, mais j'ai l'impression qu'à cause de cette "popularité" (je mets popularité entre guillemets parce qu'il s'agit tout de même de musique classique...) Hélène Grimaud croit avoir acquis ce qui se construit sur la durée.
Maintenant pour revenir à cet enregistrement, le jeu de la pianiste au joli minois lycophile frappe par son manque de maturité, par ses références mal digérées à d'autres pianistes plus talentueux qu'elle (qu'on compare les premières mesures avec celles de Gould, par exemple; la citation est évidente car personne à part Gould n'a jamais joué ces premières mesures de cette façon en modifiant ou "tordant" le rythme).
Ensuite, le rythme choisie se veut endiablé mais parait échappé même au contrôle de l'interprète qui se laisse entraînée, comme un cavalier qui aurait perdu les rênes de sa monture.
Mais surtout le plus impardonnable dans cette version du concerto de Beethoven, c'est l'absence totale d'entente entre la soliste et l'orchestre. C'est bien simple, on a plus d'une fois l'impression qu'ils ne jouent pas ensemble. Comme si les deux parties (le piano et l'orchestre) avaient été enregistrées séparément...
Du gâchis, donc, à mon sens... et c'est fort dommage, parce qu'encore une fois Hélène Grimaud est une pianiste pleine de potentiel.
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