Cet album nous propose de retrouver les témoignages de trois artistes britanniques qui s'illustrèrent suprêmement dans la musique d'Edouard Elgar, et notamment Sir John Barbirolli, qui en fut un interprète assidu et distingué tout au long de sa carrière et qui dirige les trois oeuvres que nous entendons ici avec une conviction fervente.
Le programme s'ouvre avec la fringante "Cockaigne Overture", portrait à la fois nostalgique et humoristique de la ville de Londres au terme du règne victorien.
La suite nous fait pénétrer sur un versant plus intime et poétique.
Le flamboyant Concerto pour violoncelle demeure une des pages les plus généreuses et ardentes consacrée à cet instrument.
Surtout lorsqu'il est joué par Jacqueline Du Pré, qui n'avait que vingt ans quand elle le grava ici pour EMI en août 1965.
La vigueur de ses attaques d'archet, l'intensité de ses phrasés ont incontestablement immortalisé la lecture la plus incandescente de la discographie.
Elle le réenregistrera avec Daniel Barenboïm chez CBS, mais pourrait-on souhaiter meilleur accompagnateur que Barbirolli, lui-même violoncelliste, qui faisait partie des pupitres du London Symphony Orchestra quand le Concerto fut créé le 27 octobre 1919 sous la direction du compositeur, et qui le joua en soliste quelques mois plus tard ?
C'est la même baguette qui insuffle tant de lyrisme aux cinq "Sea Pictures" chantés par Dame Janet Baker, qui en demeure l'interprète par excellence, visitant chacun de ces microcosmes inspirés de l'univers marin avec une intelligence et une sensibilité incomparables, particulièrement émouvante dans la mélodie « Là où gît le corail », et déchirante dans le tumultueux « Swimmer".