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Concertos : Mozart, Beethoven, Schumann, Liszt, Brahms [Coffret, CD]

Otto Klemperer CD
5.0 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
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Après 3 premiers coffrets parus en octobre, EMI Classics poursuit son hommage avec 3 nouveaux coffrets incontournables à l'occasion du 40e anniversaire de la disparition du géant de la direction d'orchestre Otto Klemperer, artiste exclusif EMI Classics durant de longues années. Un coffret Brahms, comportant le Requiem allemand de référence, jamais égalé depuis (avec Schwarzkopf et Fischer-Dieskau), ainsi que les 4 Symphonies, monumentales, et également la Rapsodie pour contralto, avec Christa Ludwig, version de référence aux côtés de celle de Kathleen Ferrier. Le deuxième coffret consacré aux concertos permet de retrouver non seulement des enregistrements de légende (Beethoven avec Menuhin, Brahms avec Oïstrakh, les 5 concertos pour piano avec le tout jeune Barenboïm), mais également 2 enregistrements plus rares et à redécouvrir, les concertos de Liszt et Schumann avec la grande Annie Fischer. Pour finir, le coffret Mozart regroupe des enregistrements de Symphonies, d'ouvertures et de pièces orchestrales diverses. Certes, Otto Klemperer conçoit Mozart à l'opposé de ce que la révolution baroque apportera plus tard comme allégements d'effectifs et nervosité de la lecture, mais quelle grandeur, quelle exactitude musicale !

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6CD The Klemperer Legacy

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5.0 étoiles sur 5 Une baguette peu ordinaire 3 mars 2013
Par Savinien COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 10 COMMENTATEURS
Format:CD
Dans la série de 13 coffrets prévus par EMI pour célébrer le 40ème anniversaire de la disparition d'Otto Klemperer, celui-ci regroupe les captations du chef allemand comme accompagnateur de Concertos; un exercice qui n'était pas forcément le préféré du chef, et pour lequel il n'a laissé en définitive que peu d'enregistrements, tous dignes d'intérêts toutefois.

Après que Legge eut créée son Orchestre Philharmonia à la sortie de la guerre, Beecham fonde son Royal Philharmonic Orchestra; tout deux ont Dennis Brain comme premier pupitre de cor, et Alan Civil comme second cor. Par la suite Dennis Brain rejoindra pleinement le Philharmonia; en 1953 il enregistre avec Karajan de légendaires Concertos de Mozart. En 1955, Alan Civil rejoint à son tour l'orchestre de Legge; à la disparition de Brain (dans un accident de voiture en 1957), c'est naturellement Civil qui prend la place de premier cor. En mai 1960, il enregistre avec Klemperer la version stéréo des 4 Concertos pour cor de Mozart; une réussite, qui n'égale toutefois pas celle de son illustre prédécesseur, et qui a certes quelque peu vieilli, mais avec des couleurs qui conservent une belle séduction (et l'orchestre y est pour beaucoup !).

Pianiste plutôt oubliée en dehors de certains cercles de mélomanes, Annie Fischer n'aimait pas les studios; elle y a laissé bien peu de témoignages discographiques. On peut rappeler que, après une période d'exil durant la guerre, son mari fut nommé directeur de l'Opéra de Budapest, en 1946. L'année suivante Klemperer y était nommé directeur artistique; le chef se liera alors d'une profonde amitié avec la pianiste hongroise. Après avoir gravé deux concertos de Mozart avec Sawallisch, Annie Fischer grave avec Klemperer le Concerto op.54 de Schumann (en mai 1960). Un jeu simple et immédiat, expressif et virtuose, et pourtant serein; un cocktail de spontanéité et de réserve qui s'accomode admirablement avec la rigoureuse austérité du chef allemand, et qui fait de son Schumann une belle réussite discographique.

Il en est globalement de même pour le 1er Concerto de Liszt, mais avec un attrait inférieur car ici les tempos mesurés contrecarrent la fièvre pianistique, et empêchent toute effervescence (à noter aussi une prise de son déséquilibrée qui achève de déservir l'ensemble). L'occasion de rappeler tout de même que Fischer s'était fait connaître par son grand prix au Concours Liszt de Budapest (en 1933, avec la Sonate en si mineur, alors qu'elle avait 19 ans). A noter aussi que ce Concerto est le seul enregistrement (à ma connaissance) de Klemperer dans Liszt (à part une Totentanz live pour la NBC en 1945).

Des enregistrements qui se montrent donc excellents, mais aussi à bien des égards hors normes, et qui ne révolutionnent pas forcément la discographie; cependant les captations de la hongroise sont bien trop rares pour ne pas se réjouir de ce retour en catalogue... Pour être complet, on citera encore un autre Schumann avec Keilberth à Cologne en 1958, et également deux Concertos live de Fischer avec Klemperer : le 5ème Brandebourgeois de Bach pour la Radio Hongroise en 1950, et le 22ème de Mozart au Concertgebouw d'Amsterdam en 1956.

Cette même année 1960, à Paris, Klemperer va graver un véritable sommet discographique : le Concerto pour violon op.77 de Brahms, avec l'archet du roi David Oistrach. Si l'Orchestre de la Radiodiffusion Française ne peut rivaliser avec la somptuosité du Philharmonia, il est porté par Klemperer à son plus haut niveau, et livre certainement une prestation remarquable. Oistrach, lui, est à son meilleur, c'est-à-dire insurpassable; l'ensemble nous donne un must absolu dans la discographie brahmsienne.

Dans la carrière de Yehudi Menuhin, le Concerto pour violon op.61 de Beethoven occupe une place un peu particulière. En 1927, alors qu'il est devenu le diciple de Georges Enesco à Paris, Menuhin obtient dans sa ville natale de New York son premier grand triomphe, avec le Concerto de Beethoven sous la baguette de Fritz Busch; il a 11 ans. L'année suivante il le donne à Berlin avec Bruno Walter; ce Concerto devient l'une de ses cartes de visites, il en donnera un nombre incalculable de représentations, et il en trouve au disque pas moins de dix versions (captées entre 1945 et 1981).

En janvier 1966, c'est avec Klemperer à la tête du désormais "New" Philharmonia Orchestra (à noter au passage que cet enregistrement fut l'une des absences remarquées du coffret pour le dixième anniversaire de la disparition de Menuhin). Si Klemperer donne pour sa part un Beethoven immanquable, Menuhin se montre malgré tout inférieur à sa précédente captation avec le Philharmonia de Furtwängler (en 1953; sans parler de l'indispensable live de Lucerne en 1947 avec le même Furtwängler). Evidemment, un Menuhin qui n'est pas à son plus haut sommet cela donne encore un Beethoven de très haut vol, et l'orchestre concoure à le faire figurer parmi les références très recommandables; cette prestation n'est toutefois pas comparable avec la grande réussite brahmsienne (même avec un orchestre ici supérieur). A noter encore dans la discographie du chef allemand une remarquable captation live du Concerto avec Henryk Szeryng, en 1959.

A ce moment, Klemperer a déjà dépassé les quatre fois vingt ans; à la tête de son Philharmonia il a réalisé une discographie beethovénienne impressionnante. Toutefois, s'il a dirigé souvent les Concertos pour piano, avec les plus grands beethovéniens du siècle (de Schnabel à Arrau en passant par Fisher et Backhaus), il ne les a pas encore réalisés en studio. Une rencontre particulière va alors donner l'une des plus inattendues alchimies du disque beethovénien. En 1967, Klemperer enregistre un remarquable 25ème Concerto de Mozart avec un prodige de 24 ans (qui y ose d'ailleurs sa propre cadence), un pianiste qui a déjà secoué la planète Beethoven avec une intégrale remarquée des Sonates : Daniel Barenboïm. Le jeune musicien vient d'établir avec le vieux monument une sorte d'équilibre immédiat; un cocktail qui fait des étincelles, et qui capte immédiatement l'attention.

Cette même année 1967, le duo inattendu va alors graver l'intégrale des Concertos pour piano de Beethoven (ainsi que la Fantaise chorale). Une réalisation aux couleurs uniques, produites par une association faite d'inspiration et de respect mutuel, dans une sorte d'équilibre improbable entre la sincérité juvénile du pianiste et la force monumentale d'un orchestre fascinant. Une alchimie à la séduction immédiate et irrésistible, qui propulse cette intégrale dans les musts discographiques (même si on trouvera sans doute ailleurs les références individuelles de chaque concerto). Un succès dont à mon sens Klemperer est le premier artisan (sans rien enlever aux grandes qualités de Barenboïm), car il s'agit peut-être ici du plus bel enregistrement de toute la discographie d'un point de vue orchestral.

En somme un coffret certes quelque peu composite, avec deux inévitables discographiques (Beethoven, Brahms) mais aussi des enregistrements plus rares et à redécouvrir, qui tous ont en commun la vision implacable et la conception grandiose d'une baguette décidémment peu ordinaire...
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2 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 klemperer collection 21 février 2013
Format:CD|Achat authentifié par Amazon
On attendait depuis longtemps les rééditions de ce chef qui fit les beaux jours du Philarmonia de Londres.
C'est parfait, comme chaque fois avec amazon
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