Désolé, il n'y a pas assez d'étoiles.Ferdinand Ries en est une.
Voulant en savoir plus sur Ries après avoir écouté cette pure merveille, je me demandais : mais pourquoi, pourquoi mes oreilles n'ont-elles jamais eu le privilège d'entendre ce compositeur ? Je prends mon " Histoire de la Musique" par Villermoz, qui pour moi est la "Bible de la Musique" Rien à ce nom, quand je me suis procuré ce livre en 1977, c'était de loin le meilleur, augmenté, comme je l'ai cité sur Wikipédia, par Jacques Lonchampt :
Claude Debussy: Pelleas Et MelisandeAux origines du musée de la musique: Les collections instrumentales du Conservatoire de Paris : 1793-1993.
A l'écoute de cet enregistrement, ( merci à "Naxos" ,et nous sommes nombreux à l'écrire ), je fus saisi par ce Concerto Pastoral en Ré opus 120, j'entendais Beethoven légèrement dissimulé au sein même de sa sixième symphonie, la non moins sublime, Pastorale, alors je me tourne vers l'un de mes pavés sur L.v Beethoven ( épuisé lui aussi, combien d'oeuvres, d'éditeurs vont-ils encore disparaître à jamais en l'attente d'un prompt renfort, pardon c'est une dent contre les e Books )Je découvre que Ries est né à Bonn tout comme Beethoven, le 28 novembre 1784 Beethoven le 16 ou 18 décembre 1770 décédés Ries : le 13 janvier 1838, Beethoven le 27 mars 1827 selon certains écrits à 16 heures alors qu'un orage éclatait, la date de son décès est bien plus précise que celle de sa naissance ! Ils sont donc contemporains, mais de plus se connaissent, mieux encore Franz Anton Ries (1755-1846)le père de Ferdinand fut professeur de violon de Beethoven à Bonn ! Voici pourquoi les trois premières minutes de ce Concerto étaient si influencées.
CONCERTO EN RÉ OPUS 120 La pure définition du mot Concerto; mon ressenti:
ALLEGRO :Jusqu'à 2'27 très beethovenien : c'est la Fête au Village, le cor renforce nous pouvons nous imaginer dans un tableau de Piéter Bruegel XVI° siècle. Puis le piano répond, sombre puis fluide, gai, jusqu'à 3'19 retour au village.4'10 L'orchestre revient petit à petit dans l'allegro.5'30 plus en allegro con molto, douceur champêtre avant que cor et orchestre ne reviennent en "forte" jusqu'à 7'16 où l'orchestre retourne au fil conducteur de l'oeuvre en plus "vivace";8'34 retour au motif par le piano. 9'25 nous retrouvons Beethoven jusqu'à 9'55. 10'33 Allegro"con molto" puis "forte" retour au champêtre, ruisseaux, vent, le piano mène la danse, grave, mélodieux jusqu'à la fin où orchestre et cor sont brillants.
ANDANTINO : au début les cordes sont prédominantes vite vient le piano très andantino,calme apaisant touchant la mesure à trois temps.3'16 piano, orageux;4'27 grave, réponses piano, orchestre, le cor revient merveilleusement jusqu'à la fin du mouvement.
ALLEGRO :Le Piano vient nous reprendre tout se suite, 2'11 violent puis sautillant dans l'allegro le pianiste est merveilleux de son jeu.3'04 le leitmotiv revient.4'11 ce dernier est joué en partie lento precioso, 5'45 l'ambiance se joue plus grave. 6'23 les cuivres reprennent le thème en "forte" puis au final les cors, cuivres, hautbois répondent au cordes et au piano jusqu'à la fin de l'allegro.
CONCERTO POUR PIANO EN DO MINEUR OPUS 115
ALLEGRO : L'orchestre débute seul, le leitmotiv arrive très vite à 1'30. Le piano se joint directement aux autres musiciens.
2'25 le piano est en solo jusqu'à 3'00 mais reste prédominant et brillant jusqu'à 4'10 où il reprend seul le fil conducteur, l'orchestre revient timidement, s'efface, revient de nouveau et le dialogue concertant s'installe en nous offrant des relents du 3°concerto pour piano et orchestre de L.v B. 6'13 l'orchestre revient après une virtuosité pianistique 6'34 le cor fait à nouveau son apparition 7'34 les trilles du piano s'envolent pour nous laisser dans un passage plus calme à 7'57 le concertant revient tout en gardant toujours le piano prédominant. 8'53 Timbales. 9'18 L'orchestre revient seul 30" seulement ouvrant une lumière au piano. 10'10 le piano nous entraîne joyeusement vers la fin de l'allegro, laissant quelques mesures à l'orchestre pour terminer;
MOLTO ADAGIO : Deux appels de cuivres, hautbois, répondent au piano en molto lento. 1'10 le piano recouvre son caractère prédominant sur l'orchestre tout au long du molto adagio, tantôt précieux, tantôt capricieux.
ALLEGRETTO : Débuté par le piano, l'orchestre répond grave, le piano le devient puis s'envole dans l'allegretto. 1'10 piano presque menuetto quelques secondes. 2'49 nous retrouvons un motif de la Pastorale de L.v B.5'05 ambiance champêtre, puis orageuse, enfin calme comme une douce pluie faisant résonner le hautbois. Dans ce mouvement nous pouvons dire que le piano couvre l'orchestre.
INTRODUCTION ET RONDO BRILLANT
Dès les premières mesures les timbales nous appellent, puis vient déjà le leitmotiv au piano formé de huit notes délicates sur un rythme 1/2/3/ 1/2/3/ 4/5. 1'10 l'orchestre intervient en "forte" l'espace de quelques secondes pour laisser place au pianiste. 3'07 le leitmotiv revient au piano plus lentement puis les doigts de Christopher Hinterhuber s'envolent à nouveau au gré de la partition avec de nombreuses trilles. 4'30 Pizzicato des cordes, reprise du fil conducteur au piano qui à 6'00 reprend ce motif, sautillant, suivi de l'orchestre plus affirmé, alternant avec des soli de cuivres et hautbois; 8'20 le piano semble s'apaiser mais pour un bref moment reprenant un sautillant monologue. 9'40 retour de l'orchestre avec le leitmotiv inlassable de huit notes, puis le même thème avec les cuivres et hautbois mis en avant laissant vite le place pour le retour du piano; 11'20 Intervient une sorte de finale atrophiée avant que le piano ne revienne avec ses huit notes : Do Ré Mi, Do Ré Mi, Sol Mi . Je ne possède pas la partition; Le piano reprend son envol et semble ne plus vouloir s'arrêter; 15'10 Les cordes reviennent pour concerter avec le piano. 15'48 reprise du motif au piano qui semble vouloir résister jusqu'à la fin du Rondeau Brillant.
Christopher Hinterhuber est professeur spécialisé en piano à Vienne et joue sous la direction de Uwe Grodd en affectant Ferdinand Ries.
Bravo et merci Maestro.
Bonne écoute.
Christian Aufranc