Il semble que, progressivement, grâce et reconnaissance soient rendues à Grazyna Bacewicz, femme compositeur majeure dans le paysage musical polonais du XXème siècle. Nous avions commenté il y a plusieurs mois le très beau disque où figuraient, entre autres, les deux quintettes avec piano. Nous découvrons ici trois de ses sept concertos pour violon et orchestre enregistrés dans leur intégralité (en deux CDs disponibles séparément) sous le label Chandos par la très bonne violoniste polonaise Joanna Kurkowicz sous la baguette du jeune chef Lukasz Borowicz à la tête du Polish Radio Symphony Orchestra.
Le CD s'ouvre sur le dernier concerto en date de Bacewicz, le n°7. Composé en 1965, il se caractérise par une musique résolument moderne au style très personnel et d'une tonalité globalement assez sereine. La partie pour violon y est d'une très grande difficulté multipliant les double-cordes, le sulponticello et les glissando. C'est la pièce assurément la plus intéressante du CD et les interprètes y brillent de mille feux.
Le concerto n°3 qui suit fut composé en 1948. Il est d'une forme extrêmement classique et d'une tonalité résolument post-romantique très surprenante quand on connaît la modernité des oeuvres de Bacewicz qui fut par ailleurs une pianiste et une violoniste de tout premier plan étant même premier violon solo du même orchestre que celui qui joue ici. L'écoute en est très agréable même s'il manque un peu de personnalité.
Le premier concerto, daté de 1937 fut créé par la compositrice. Il s'agit d'une oeuvre très courte, en trois mouvements, très originale avec une partie de violon qui donne souvent le sentiment que le soliste peut laisser libre-cours à de l'improvisation alors qu'il s'agit en fait d'une oeuvre très écrite. L'allure générale en est très vive, très dynamique, extrêmement enjouée et son audition est très enthousiasmante.
L'ouverture de cinq minutes qui clôt ce CD est une pièce pour orchestre très allègre, tonique et qui démontre toutes les capacités de maîtrise et de technique de son auteur.
L'écoute globale du CD est très agréable d'autant que Chandos, fidèle à sa réputation, a soigné une prise de son très claire, très dynamique et qui donne le sentiment de se trouver bel et bien dans la salle de concert. Du très beau travail qu'on aimerait voir chez Naxos plus souvent par exemple !
Au total, une belle découverte pour un compositeur qui fait le lien entre le post-romantisme de Szymanowski et le moderne de Lutolswalski.