tout est parfait ici, les oeuvres, les interprétations, la technique...bon , d'accord, c'est un peu court, on va développer un peu : on passera rapidement sur les trois oeuvres purement orchestrales tirées de l'intégrale enregistrée par Claudio Abbado avec le London Symphony Orchestra dans les années 80, et qui reste considérée par les experts comme l'intégrale de référence du moins en ce qui concerne l'ère numérique, réputation oh combien méritée si je me base sur ce que j'entends ici (je ne connais pas le reste, mais je ne tarderai pas à me le procurer, et tant pis pour les doublons...) passons également sur le magnifique concerto pour la main gauche de Michel Beroff (disons simplement qu'on peut préférer une vision plus noire, qui insiste davantage sur le côté sombre voire tragique de cette oeuvre, auquel cas Samson François reste la référence) et venons en au concerto en sol que Martha Argerich a gravé en 1984, qui a la particularité d'entrer en concurrence directe avec celui d'une certaine...Martha Argerich qui avait fait sensation en 1967, chez le même éditeur qui plus est et dans lequel elle était accompagnée par...Claudio Abbado (et la Philharmonie de Berlin) alors, lequel des deux est il le "meilleur" (si on peut dire...) et même cela a t'il un sens de vouloir les classer? ils sont tout de même assez différents, d'abord en terme de minutage : une minute de plus en 1984 (ce qui n'est pas négligeable sur une oeuvre qui en dure à peine plus de vingt) avec le même minutage à une seconde près en ce qui concerne le troisième mouvement, autrement dit le un et le deux ont gagné chacun trente secondes, et c'est surtout sensible pour l'adagio, qui "respire" mieux en 1984 (c'était déjà très beau en 1967 mais dans la dernière version, c'est l'état de grâce, une musique en apesanteur, suspendue entre terre et ciel...) de même il me semble que les musiciens anglais sont plus à l'aise avec la musique de Ravel que les Berlinois des années 60, parfois crispés, ils trouvent plus facilement la couleur "naturelle" (ou du moins l'idée que je m'en fais) de l'orchestre ravélien et sont plus à leur affaire dans les passages "jazzifiants" façon Rhapsody in Blue du premier mouvement. En revanche, le troisième mouvement est tout simplement génial à Berlin, avec une tension et une agressivité supérieures par rapport à Londres, et ce n'est pas une question de tempo (minutage identique) alors? les deux sont indispensables, nous voilà bien avancés...