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10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Dialogues pseudo-socratiques,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Confort intellectuel (Poche)
Une suite d'entretiens philosophiques, un peu dans la tradition classique, sous la forme de dialogues (de sourds quelquefois...) entre l'auteur et un certain Monsieur Lepage, petit bourgeois borné et réactionnaire qui condamne avec la plus grande vigueur les dérives de la littérature et de la poésie moderne, toutes deux égarées dans les marécages du romantisme, du surréalisme, de l'existentialisme et de toutes sortes de perversions en isme. D'après lui, tout a commencé par les romantiques pour en arriver à sa bête noire, le grand pervertisseur, Charles Baudelaire et aller ensuite de mal en pis avec des auteurs comme Valéry, Gide ou les poètes hermétiques. Progressivement, le mal s'est étendu à la peinture avec Picasso et consorts puis à toutes les formes d'art avant de contaminer jusqu'à la substance même de la civilisation. Résultat : le bourgeois ne croit plus du tout en lui-même et en arrive à bêler à l'unisson de ses pires ennemis : les communistes.
Un essai politico-socio-philosophique assez particulier marqué au coin du bon sens et dans lequel Marcel Aymé se garde bien de prendre parti. Mais c'est un esprit fin, roublard, un peu anar et un tantinet retors. Il profite de ces dialogues faussement socratiques pour asséner quelques vérités bien envoyées tout en montrant le ridicule d'une théorisation tranchée et même poussée jusqu'à l'absurde. Ecrit en 1949, ce texte assez court (150 pages) n'a pas pris une ride. La sottise et le pédantisme tiennent toujours le haut du pavé aujourd'hui... Extraits : « Mais les riches sont souvent insatiables. Il ne leur suffit pas d'être installés dans leurs abus et d'en jouir avec lucidité. Il leur faut encore le frisson du pauvre. C'est un luxe qui finit par leur coûter cher et, en premier lieu, leur confort intellectuel. » « Un être inouï, formidable, dira-t-on. « Vous savez qu'il joue de l'accordéon? » Et sur cela seulement qu'il joue de l'accordéon ou qu'il prend de la coco ou qu'il est inverti, on le tiendra pour un homme de génie. » « Pourquoi diable, dans leurs assemblages invertébrés et insignifiants, croient-ils devoir supprimer les points et souvent jusqu'aux majuscules qui pourraient imposer à l'esprit du lecteur l'idée de pause, de respiration ? Ne savent-ils donc pas que la musique est d'abord ponctuation ? » Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Quelle plume!,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Confort intellectuel (Poche)
Marcel Aymé est un écrivain et, de surcroit, un intellectuel de qualité. Aimant à se mettre les cercles politiquement correct à dos, il ne cherche pas à raisonner en homme binaire et partisan. Un homme trop libre pour les écrivains de gauche qui auraient bien aimé le voir écrire ses lettres de noblesse en défilant aux côtés de Sartre pour défendre Pol Pot ou Staline plutôt qu'en rédigeant une pétition pour sauver la vie du merveilleux écrivain que fut Brasillach. Trop libre aussi pour les idéologues fascistes qu'il ne sut jamais contenter par un bêlement consensuel et moutonnier.
Aymé est un auteur honnit; qu'importe. Dans cet ouvrage court et incisif, l'auteur arme et décharge sa verve sur toutes les modes littéraires du temps. Tout y passe. Le romantisme, le surréalisme, Sartre ou Breton... Si la thèse est parfois poussée à l'extrême, quel bonheur de voir un auteur qui loin de craindre critiques et journaleux en manque de cible, ne se prive de rien et surtout pas de l'essentiel. Dire ce que l'on pense est un luxe rare dans la littérature d'après guerre. Et lorsque c'est fait avec brio, quelle jouissance! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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