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Commentaires client les plus utiles
24 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
un disque qui porte bien son titre,
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Congratulations (CD)
Avec Congratulations, MGMT produit un deuxième album étonnant. Les voix des deux frontmen ne sont même pas évidentes à identifier. L'électro-pop d'Oracular Spectacular laisse la place à un genre de surf rock / garage rock (la première chanson peut rappeler les Pixies de Bossanova, certains titres exhibent des claviers vintage à la ? and the Mysterians) de dessin animé, avec un son à la fois plus basique que sur Oracular Spectacular mais tout aussi lourdement maquillé. Mais la palette de références ne fait que commencer ici car très vite le bolide déraille et MGMT visite des paysages qui évoquent furieusement les moments les plus "peinture sonore" des Beach Boys 70s, voire de Todd Rundgren ou même de Japan. En fait, on peut se demander combien de personnes vont mettre ce disque en société : on se retrouve par moments, et contre toute attente, avec un de ces disques - on n'en avait pas vu sortir depuis quelques décennies - qu'on écoute allongé l'après-midi, les yeux au plafond, en se sentant partir très loin (même sans drogue). Certes, on pourra dire que les références ont changé mais qu'on est toujours dans un univers hyper-référentiel. Mais n'est-ce pas une base même de la modernité - ainsi qu'un arbre qui cache la forêt ? Roxy Music, David Bowie ont dès leurs débuts affiché une semblable référentialité ; quarante ans plus tard, on mesure mieux que jamais leur talent et leur inventivité. De la même manière, MGMT n'est pas qu'une pose (et leur "Brian Eno", avec récitation intégrale de l'état-civil complet du maître, est un peu leur "Song for Bob Dylan"... ou le "King's Lead Hat" d'Eno). Leurs chansons sont plus riches qu'on ne le croirait, très peu répétitives, et donc peu prévisibles (aussi parce que les références sont toujours déplacées), dans la musique comme dans les paroles : peu de refrains, peu de répétitions dans les couplets, on se casse la tête dessus un peu plus longtemps que sur la plupart de ce qu'on peut entendre de nos jours. Et qui aujourd'hui mieux que MGMT incarne le pur glamour, cette capacité à porter des haillons et à en faire l'essence du cool, qui sait nous donner comme eux l'impression que la vie est faite pour jouir ? À côté d'eux même ce que notre époque nous offre de mieux par ailleurs en prend un coup : Gorillaz ressemble à la création très étudiée d'un quadra voulant se réinventer une jeunesse, Arcade Fire à des jeunes déjà vieux, trop sérieux, du college rock qu'on peut écouter devant le doyen de la faculté, Devendra Banhart à une caricature de hippie. Merci à MGMT d'exister, et de nous avoir déjà donné deux disques aussi beaux et différents.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
A rebrousse poil,
Par Ben "http://autre.chose.over-blog.com" (France) - Voir tous mes commentaires (TOP 1000 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Congratulations (CD)
Encore un groupe dont l''annonce du deuxième album provoque des batailles rangées virtuelles. Ses détracteurs, agacés par la hype ayant suivi Oracular Spectacular, ne manquent pas de lui cracher dessus avant d''avoir écouté le moindre morceau, les fans transis hurlent au génie sans plus de recul, les directeurs artistiques des agences de pub piaffent d''impatience derrière leurs lunettes carrées, prêts à se jeter sur le premier tube afin de l''intégrer à une campagne pour une lessive, des nouvelles chips ou du PQ. Seuls les vieux-jeunes de l''UMP resteront en retrait, Kids leur faisant encore mal au cul. Pas de bol, Congratulations ne contient pas le moindre tube! Bien fait pour leur gueule tient! MGMT prend tout le monde à revers avec cette deuxième galette. Encore une qualité à mettre à leur actif. Mais que contient donc cette chose à la pochette si immonde ?Ni plus ni moins qu''une nouvelle étape dans le renouveau psychédélique qui semble désormais se répandre un peu partout sur divers styles musicaux. Depuis quelques années, des groupes hirsutes élaborent des disques emprunt de cette mouvance sixties. Bien sûr, celle-ci n''a jamais vraiment disparu. Des allumés comme Anton Newcombe, Wayne Coyne et autres timbrés du collectif Elephant Six ont fait perdurer l''héritage des Beach Boys durant les années 1990. Mais cette fois, ce mouvement ne semble plus se cantonner à des amateurs bricolant des morceaux dans leur garage. Il est d''ailleurs certain que Congratulations va inciter la partie non superficielle des fans de MGMT à partir à la recherche d''autres disques riches en mélodies délicieusement régressives et colorées. Et c''est tant mieux! Bref. Nos deux New-Yorkais proposent ici de développer un aspect effleuré sur leur premier album. On oublie donc les refrains entêtant et les mélodies passe-partout. Congratulations demande de la patience, un bon nombre d''écoutes et une ouverture d''esprit maximum. Autant dire qu''il va vite être oublié. Pourtant, une fois apprivoisés, certains morceaux s''avèrent savoureux. L''introduction "It''s Working" déjà. Cette voix lunaire bidouillée surnageant un gloubi-boulga de clavier, le tout sur un rythme enlevé, ça pose un album. Le morceau suivant, "Song For Dan Treacy", est du même tonneau, en mieux, merci Of Montreal au passage. Alors évidemment, les mélodies niaises ("I Found A Whistle"), les arrangements enjoués, les ch½urs suraigus, ça fera rire les coincés. Mais que c''est bon ce déferlement d''insouciance, cette crétinerie revendiquée! La pièce de choix étant "Siberian Breaks", rêverie azimutée s''étirant sur toute une face soit douze minutes de montées, de descentes, d''arpèges cotonneux, d''envolées lyriques. Un collage en plusieurs mouvement, jamais ennuyant malgré la longueur. Chapeau. Cependant, Congratulations contient son lot de titres poussifs, faisant malheureusement retomber l''enthousiasme. "Someone''s Missing" qui ne décolle que dans ses trente dernières secondes ou "Lady Dada's Nightmare" plage instrumentale qui aurait gagné à être placée en conclusion. Les ruptures de ton biaisent également quelques plages. « Brian Eno » aurait ainsi pu se muter en unique tube bien efficace sans ses breaks inutiles. Une absence de tubes finalement loin d''être dramatique. Les étendues psychédéliques se renouvelant assez pour éviter l''ennui. Et on ne risque pas cette fois d''entendre les blips blips du groupe en fond sonore d''une annonce pour un match de foot merdique (pléonasme) ou d''un reportage sur l''envolée-des-prix-du-poireau-défavorise-le-pouvoir-d'achat-des-retraités-la-vie-est-dure-madame-Michu. C''est toujours ça de pris. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Quelque part entre Beck et Syd Barrett,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Congratulations (CD)
Après le triomphe de leur premier album, le duo Ben Goldwasser et Andrew VanWyngarden était attendu au tournant du toujours épineux deuxième effort - et c'est peu dire que les garçons ont brillamment relevé le défi. Le nouvel album s'éloigne sensiblement de Oracular Spectacular : une production moins brillante, une absente de singles de l'évidence de Kids ou Time to pretend (encore que les dynamiques Flash Delirium ou Brian Eno pourraient faire l'affaire), une grande homogénéité de l'ensemble. Quant à la tonalité générale de l'album, elle est psychédélique et pop ; comme l'ont précisé d'autres commentateurs, impossible de ne pas évoquer les Beach boys, plutôt période post Brian Wilson (1968-1973), et surtout Syd Barrett et Pink Floyd. Pour autant, dans l'exécution, le choix des arrangements, le dynamisme général de l'ensemble, ce sont plutôt les groupes anglais post-punk du début des années 1980 qui viennent à l'esprit.Reste qu'il ne sert à rien de multiplier les références face à MGMT : les deux garçons ont un univers qui n'appartient qu'à eux et un génie propre pour recycler et revitaliser cette bonne vielle musique pop. Eux savent produire une merveille de symphonie pop de 12 minutes comme Siberian breaks mais aussi une ode à la paresse délicieuse comme la chanson-titre Congratulations, à faire se pâmer de bonheur Neil Young ; eux savent mettre dix idées par titre et échapper à la dictature du refrain/couplet/refrain ; eux, enfin, savent s'ancrer dans une tradition et produire quelque chose de totalement frais et neuf. Un mois que cet album tourne en boucle chez moi - et je n'arrive toujours pas à comprendre comment ils ont fait. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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