Avec ce nouveau livre, on découvre à la fois le meilleur - inédit - de Jerphagnon, réuni en un volume, et la possibilité de prendre connaissance de tous ses champs d'étude : l'antiquité, Athènes, Rome, Platon, Plotin, Sénèque, saint Augustin, les gnostiques, mais aussi bien ses prédécesseurs directs, Henri Bergson et Vladimir Jankélévitch. Au seuil de sa mort, Lucien Jerphagnon a estimé que le moment était venu de ressaisir ses perles et d'en faire un collier - un collier qui fait le lien entre les âges les plus reculés, ceux des mythes, et notre présent, qu'il analyse, de manière toujours aussi suggestive, profonde ou piquante, comme lorsqu'il s'en prend au "politically correct" ou qu'il se fait exégète savoureux de péplums hollywoodiens, tels "Gladiator" ou "Alexandre".
Ce qui fait la merveille de ce livre c'est qu'il est triple : traité philosophique, c'est également un manuel d'histoire, et un traité de savoir-vivre, à l'usage de toutes les générations, tant c'est le propre de Lucien Jerphagnon de réunir tous les aspects, et d'éclairer la facette de chacun. L'historien permet au philosophe de dégager pour nous ce qui vaut toujours. En même temps, il nous entraîne à regarder avec des yeux neufs tout ce que les grands anciens ont découvert, comme si c'était « pour la première fois ». Il éclaire la naissance de la pensée, établit des liens entre la Grèce et l'Italie, entre l'Antiquité et le Christianisme et entre les débuts de la foi la plus vive et notre modernité divisée entre nihilisme et fanatisme.
Acte de résistance devant l'oubli, mais aussi livre d'espoir, malgré tout, Lucien Jerphagnon a voulu que son dernier ouvrage fût testamentaire, mais dans un sens précis : ouvert à la vie, et destiné à rappeler sa beauté à chacun. De là son titre, où chacun peut reconnaître d'un côté la sentence qui servait de maxime à Socrate « Connais-toi toi-même », et de l'autre, la reprise de l'injonction de saint Augustin : « fais ce que tu aimes. » Car tel est peut-être l'ultime mot de l'odyssée de Lucien Jerphagnon : ce qui a été souvent présenté comme contradictoire n'est en vérité qu'une même réalité, selon qu'on apprend la regarder dans son avers ou son revers.