A la lumière des découvertes archéologiques contemporaines, cet essai de Montesquieu pourrait paraître quelque peu caduque. Etonnant pas. Certes, il comporte des références assez littérales des origines de Rome énoncées par Tite-Live, sonnants aujourd'hui, historiquement parlant, un peu creuses. Certains paramètres important ne sont pas également pris en compte, tel, par exemple, la religion romaine ultra-présente, fondant une sorte de carcan constitutionnel que l'auteur semble adoucir, se bornant quelque fois à généraliser tout cela de manière un peu rapide.
L'Homme, chez Montesquieu, semble être au sens de tout discours, tout acte, toute décision, laissant très rarement la place à l'aléatoire et au facteur environnemental.
Montesquieu fut, de tout temps, un passionné de Rome et de son illustre histoire. Revenant d'Italie en 1728, il s'attela à la rédaction des Considérations.
Son récit se veut avant tout pragmatique à la lumière de sa passion pour la ville éternelle, qui, pour lui, dès sa création, porte en elle les germes de la victoire et dont la politique ne fut, en quelque sorte, qu'un catalyseur de cette incroyable destinée. L'expérience et l'intelligence humaine explique, pour lui, les raisons de ce succès. Les autres aspects ne sont que rarement abordés. La décadence qui s'ensuivit plusieurs siècles après est traitée sous le même aspect, donnant un très riche panorama de la complexité de cette catastrophique chute, et apportant des pistes inédites intéressantes, n'empruntant pas les sentiers quelque peu simpliste d'une décadence du essentiellement au ramollissement des moeurs romaines.
Et puis, l'attrait de ce récit assez court réside essentiellement en la vitalité de la plume de l'auteur, empruntant une originalité et une profondeur de pensée typique de Montesquieu, résumant certain fait d'une grande complexité avec une formule synthétisant à elle seule le sens profond de tel ou tel événement.
Assurément, ici, le style et la vision de l'auteur importe peut-être autant si ce n'est plus que le contenu même du récit assez concis, et il est vrai, à la lumière des grandes découvertes contemporaines, très incomplet.