Les esprits chagrins ne manquent pas pour parler de "marivaudage intello" à propos de ce film, reproche d'ailleurs adressé en général à l'oeuvre de Rohmer dans son ensemble. Je répondrai que le marivaudage est l'un des charmes de l'amour, et que les intellos savent au moins disséquer les difficultés des relations entre les sexes, ce qui devient une urgence à notre époque.
Ajoutons sans ambages qu'Anne Tesseydre/Jeanne est craquante: à la fois avoir le Théétète et le Parménide de Platon dans sa bibliothèque, des allusions à l'anneau de Gygès dans sa conversation, et d'aussi jolies rondeurs dans sa figure et sous ses vêtements, voilà une synthèse aussi rarissime qu'irrésistible! Les autres personnages sont plus communs et moins attachants, mais la belle Jeanne mérite à elle seule qu'on se prenne au jeu.