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5.0 étoiles sur 5
Un génie à son apogée, 13 octobre 2009
Ce que j'aime dans la poésie de Victor Hugo, c'est qu'elle est incroyablement vivante. Deux siècles nous séparent de ce géant des Lettres, et pourtant, son éloquence est restée vivace. Si grande que soit l'estime que je porte à Boileau, Lamartine ou Leconte de Lisle, et si admirables que soient toujours leurs vers, ces derniers ont aujourd'hui, pour nous, quelque chose de guindé. Hugo, lui, nous est demeuré proche. Il parle notre langue et sa sensibilité est la nôtre.
Parmi son oeuvre immense, j'avouerai une prédilection pour ces « Contemplations ». Recueil de 11000 vers composés entre les années 1830 et 1850, il se divise en six livres qui couvrent six thèmes différents: la jeunesse, les amours, l'injustice sociale, le deuil, la méditation philosophique, et la réflexion métaphysique. Ce qui fait la grandeur de cette oeuvre, c'est qu'elle rayonne à la fois par la qualité de ce qu'elle exprime et par sa manière de l'exprimer.
Le premier livre, « Aurore », est à mon avis le plus émouvant. Hugo s'y remémore, entre autres choses, la Révolution Romantique, dont il fut le principal artisan, et lui consacre un poème absolument superbe, « Réponse à un acte d'accusation », sorte d'Art Poétique dans lequel il défend précisément le Romantisme contre les tenants poussiéreux de la vieille rhétorique, justifiant tout ce qu'on lui reproche, revendiquant toutes ses audaces, toutes ses « hérésies ». Quelle fougue dans ce plaidoyer! Quelle énergie! Quelle invention verbale! Impossible d'en citer deux vers, car tous sont aussi savoureux! Par moments, on atteint là des sommets de panache et de virtuosité qui annoncent
un autre magicien du langage...
Mais ce qui me rend aussi ces « Contemplations » si attachantes, c'est qu'elles savent alterner l'intime et le grandiose. Entre deux odes « sérieuses », Hugo s'amuse au gré de petites pièces badines, à la limite de l'érotisme. Sa « Vieille Chanson du Jeune Temps » en est un merveilleux exemple. En quelques vers pleins de pudeur, il nous y conte la promenade au bois de deux jeunes gens... et ce qui faillit se passer entre eux...
Et puis, au milieu de tout ça, il y a des moments d'une telle intensité émotionnelle qu'ils vous embuent les yeux, comme « Demain, dès l'aube... », où Hugo, en trois petits quatrains d'une simplicité absolue, raconte son pèlerinage sur la tombe de sa fille, Léopoldine... De la plus grande tristesse naît parfois la plus grande beauté...
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21 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Monstrueux comme son auteur, 1 septembre 2001
C'est un livre dans lequel ressort tous les aspects du génie hugolien et de la période romantique du XIXème siècle. Brillant de par son avance littéraire, Hugo met tout son génie dans cet ouvrage placé sous le signe de la poésie et de la mort de sa fille. Malgré quelques répétitions (mais Hugo serait-il Hugo sans cela?), il charge et surcharge son style qui lui est propre pour offrir une oeuvre incontournable de la littérature française. On ne sait pas à vrai dire si ce livre relève du plaisir pur ou du pur plaisir...
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Hantise d'une fille perdue, 14 juin 2010
Hugo par la mort de sa fille -léopoldine emporté par un naufrage à 19 ans- sera brisé Hugo et se reconstruira à travers une œuvre poétique toujours plus profonde. D'ailleurs la structure du recueil est faite avec un avant et un après la perte de sa fille.
Les plus beaux poèmes -ils me semblent- sont ceux sur sa fille au milieu du recueil et la dédicace à Alexandre Dumas face à face à travers la mer.
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