Revue de presse
« Voir ces statues danser dans les flammes, devant mes yeux ... On aurait dit un conte de fées irréel. »
Encore une fois, Tonkam nous propose de redécouvrir Kaori Yuki à travers ses précédentes œuvres. Au nombre de quatre, ces nouvelles sont de nouveau organisées en une histoire éponyme un peu plus longue, et trois autres plus anciennes. Dans la première histoire, donc, Sheryl est l’héritière de la famille Allcott, dont le fils aîné cherche sa sœur. Conviée au château en compagnie de deux autres filles, Sheryl va peu à peu prendre conscience de sa présence ici, au fur et à mesure que ses compagnes disparaissent … Le suspense ne porte cependant pas sur l’identité de la jeune fille, puisqu’on la devine dès les premières pages. C’est en effet le personnage de Martin qui est le plus intéressant, quoique pas suffisamment développé par rapport à l’importance qu’il devrait avoir. C’est également le plus aboutit graphiquement, bref, le point central de cette histoire.
Le scénario de cette première nouvelle est toujours aussi convaincant. La reine du manga gothique fait, une fois encore, preuve de talent en utilisant les poupées comme symboles de la folie et de la violence. A chaque fois, dans les mangas de l’auteur, on s’attend à un revirement de situation mais on voit rarement d’où il vient. Ici c’est un peu plus facile, mais les indices sont tout de même rares, ce qui fait tout l’intérêt de cette histoire. La base de l’intrigue, il faut le dire, est bien trouvée. Néanmoins elle est menée un peu lourdement : le mystère s’épaissit parfois à outrance, rendant certains passages un peu longs malgré le nombre de pages restreints de la nouvelle. L’histoire qui suit, A l’instant où Tina vit le passé, est très classique avec l’image de l’héroïne un peu cruche, amoureuse, plongée dans un univers sombre et menacée par la trahison de quelqu’un d’à priori inoffensif … De plus, l’innovation est limitée puisque qu’elle prend pour base le même univers mystique que Le mage dans les coulisses, qui parle de possession et de vie antérieure … Ces deux là ne sont donc pas vraiment transcendantes, tant par l’histoire que l’ambiance qui s’en dégage. Objectivement, c’est du déjà vu. La dernière remonte un peu le sentiment de déception, puisqu’elle est plus vivante. Ainsi, c’est un garçon manqué, Luka, de son vrai nom Blanche (avec un nom pareil !), qui flirte d’avantage avec le danger puisque désireuse de s’en prendre à un politicien. On retrouve bien évidemment les bons vieux codes de Yuki, mais les cheveux courts de l’héroïne changent la donne, en redonnant un coup de fouet au manga.
« Nous sommes devenus frère et sœur, liés par notre sang. »
Le graphisme, en général, est meilleur dans la première histoire des one shots de Kaori Yuki. Et pourtant cette fois ci, même cette première nouvelle n’est pas remarquable, à la différence de Boy’s next door ou Kaïné. On voit bien l’ancienneté des traits, malgré les quelques traces de son style futur. Il manque l’impression admirative que l’on peut ressentir devant d’autres de ses œuvres … Le tout, un peu brouillon, déçoit. L’idée de base et la renommée de l’auteur méritaient mieux. Mais on en comprend la raison, et en dépit des regrets, les fans ne se plaindront pas de pouvoir suivre la mangaka dans les tréfonds de son œuvre. Niveau édition, Tonkam a suivi le mouvement de l’augmentation des prix, et c’est dommage. Toutefois, celui-ci reste correct pour une édition de qualité, surtout après le calvaire qu’on a pu avoir avec la première impression d’Angel Sanctuary … Et on ne peut que saluer leurs efforts pour faire sortir en France les nombreuses nouvelles de Kaori Yuki, qui permettent à ses fans de mieux comprendre l’univers de celle-ci.
De fait, toutes les nouvelles de Kaori Yuki diffèrent par l’histoire qu’elles racontent, mais se ressemblent comme deux gouttes d’eau sur le fond. On préférera ses séries, qui ont la capacité de couper cette répétition avec brio. Sans doute parce que l’on s’attache aux personnages plus facilement … Mais ce cocktail marche tout de même bien, et on espère que la mangaka reviendra avec un titre réellement aboutit, à l'avenir. Dans l’ensemble, les Contes Cruels s’avère être une lecture agréable et utile, puisque l’univers de la mangaka mérite et nécessite une pleine connaissance de toutes ses histoires.
« Je crois … Que je ne me suis jamais sentie aussi bien. »
NiDNiM
(Critique de www.manga-news.com )
Biographie de l'auteur
La mangaka que l’on connait sous le nom de plume Kaori Yuki (由貴香織里) est née un 18 décembre à Tokyo, mais elle n'a jamais divulgué l'année de sa naissance, qui peut être estimée dans les années 1960.
C’est tôt qu’elle apprend à dessiner, mais au lieu de suivre des cours spécialisés pour le métier de mangaka, elle passera par une école d’art dont elle sortira diplômée en 1986. Le premier travail qu’elle a rendu -une nouvelle-, dans le cadre de son école, sera appelé « Vampire’s Love », mais c’est grâce à son avancée jusqu’en demi-finale d’un concours de Hana to Yume chez Hakusensha qu’elle se fait remarquer avec sa nouvelle « Love Hunt ». C’est à partir de là qu’elle commence alors chez l’éditeur avec sa première œuvre dans le domaine professionnel : « Natsufuku no Erii », connu en France sous « La tenue d’été d’Elie » disponible dans le tome 3 de
Comte Cain qui parait dans le Bessatsu Hana to Yume d’automne 1987. Elle travaille donc avec l’éditeur Hakusensha de 1987 à 2010, où elle passe un nouveau contrat, avec Kodansha, ce qui va l’amener à s’imposer beaucoup plus en termes de communication et de sources internet. Elle met en effet à disposition :
- son blog, mieux fourni qu’auparavant : 地下庭園 ―UnDERGAЯDEN― (http://www.yukikaori.jp/blog/)
- un compte Twitter : Angelaid (http://twitter.com/#!/angelaid)
- un album photos en ligne : Angelaid (http://p.twipple.jp/user/angelaid)
Au sujet de son nom de plume, on sait qu’il n’est pas né d’une grande réflexion puisqu’il est venu de la télévision avec le nom d’une actrice et un prénom totalement inventé. Toutefois, on peut penser que son prénom fictif se rapproche du réel, puisque son éditeur a accepté ce pseudonyme sur la base de ressemblance avec son véritable nom.
Niveau international, Kaori Yuki aura pu être aperçue à Londres en automne 2000 (pour de la documentation avant l’écriture de
Comte Cain /
God Child), puis en Allemange (juin 2001) pour une convention de manga où elle a offert des dédicaces et une conférence. Elle est revenue en Allemagne 5 ans plus tard pour un salon du livre, où là encore elle propose des dédicaces aux heureux détenteurs du ticket nécessaire. Enfin, lors de la Japan Expo 2009 le stand Shojo Paradise monté par Hakusensha et Shueisha permettait de laisser des messages à certains auteurs de shojos, dont Kaori Yuki.
On en connait un peu plus sur elle grâce à diverses interviews, aux postfaces ou aux colonnes de textes éparpillées dans les volumes de ses séries :
- Elle a une fille née en 2004 et un fils né en 2007 dont elle s’occupe beaucoup malgré son travail harassant de mangaka, ce qui explique sans doute le ralentissement de ses publications ainsi que son récemment évoqué manque d’évolution : le rôle de maman est difficile à vivre, et elle en parle d’ailleurs souvent tout en rappelant également le bonheur que cela lui apporte.
- Elle est très attachée à ses fans, aime recevoir des courriers de leur part et les remercier. C’est d’ailleurs grâce à eux qu’elle a commencé à écouter de la musique en travaillant, suite aux envois réguliers d’albums par ses lecteurs. Elle se passe d’ailleurs souvent en boucle certaines chansons pour conserver l’atmosphère née lors de son travail. Enfin, comme toutes les mangakas elle dort extrêmement peu et ce n’est sans doute pas ses enfants qui auront arrangés cela !
- Ses goûts plus personnels sont très variés : les chats, la musique (des groupes comme The Cure, le J-rock et le Visual), les films parmi lesquels on peut citer en pagaille Alien II ou le Cercle des Poètes Disparus, les jeux vidéos (Final Fantasy II et III, Persona 2, ...). C’est également une amatrice des figurines ou objets de décorations liés au monde féérique qu’elle a d’ailleurs mis en scène dans Fairy Cube.
A noter qu'elle a réalisé de nombreux dojinshi, parmi les plus célèbres on connait : Saishû Gensô FF II (最終幻想 -1990) sur Final Fantasy II dont l’histoire principale de focalise sur Leon. Nemureru Ryû no Kodomo-tachi (眠れる竜の子供達) sur Dragon Quest II, Red Wings (1992) qui s’inspire de Final Fantasy IV, Kottô Teien - Antique Garden (骨董庭園 - アンティーク ガーデン - 1995) sur Final Fantasy III et IV et enfin Die (1995 puis réédition en 1996), création originale. Sans parler de ses nombreuses participations à des projets collectifs ...
La mangaka a également participé à un projet de grande ampleur,
Meine Liebe (マイネリーベ) en créant le character design des personnages du jeu, qui sont à la base des différentes exploitations de la licence. Celle-ci se décompose en plusieurs axes : le jeu vidéo (avril 2001) sur le principe du harem de beaux garçons ; une série manga en 4 tomes (prépublication mai 2004, publication janvier 2005 – mai 2006) par Rei Izawa et une version bunko en mai 2010 ; un jeu PS2 (septembre 2004) ; la première saison de l’anime (novembre 2004, 13 épisodes) ; un roman d’un volume par Gotoh Shinobu (aout 2005) ; la saison deux de l’anime (janvier 2006, 13 épisodes) et enfin le second jeu sur PS2 en février 2006.