Commençons par Scott Weiland. Je blâme « Plush » comme étant le premier fracas de Stone Temple Pilots ayant ouvert la brèche aux critiques les accusant de se faire des ronds sur le mouvement Grunge du début des années 90. Et comme Weiland chantait Plush en baryton, le pauvre se voyait affublé du surnom d' « Eddie Vedder Wannabe ».
Mais plus la décennie progressait, plus STP prouvait que le groupe avait des talents variés, Weiland s'affichant comme leader incontesté. Polyvalent et doué, il empruntait avec autant de facilité au punk et au glam qu'au grunge. Au final, STP a été un des rares groupes à survivre aux années 90 avec un prestige intact, enchaînant une suite impressionnante de singles.
Quant aux Guns, on peut se dire que le public attendait leur retour depuis 1991 ; on devrait plutôt dire 1988, quand Appetite for Destruction fit un massacre chez les disquaires, et du groupe les dignes successeurs des Rolling Stones et d'Aerosmith.
D'une certaine manière, Weiland et les Guns (sans Axl Rose bien sûr) se sont trouvés. Et l'alliance semble si naturelle, si électrique qu'on pourrait se demander pourquoi elle ne s'est pas produite plus tôt (réponse : la drogue). Contraband est l'œuvre d'un homme qui redécouvre sont talent de rock star, et d'un groupe désireux de rattraper le temps perdu. Un extrait de deux minutes suffit à mettre en miettes la moitié du rock mainstream (Hoobastank, vous êtes là ?).
Et ça marche. Les titres mélangent la marque de fabrique des solos bluesy de Slash avec les refrains classe et insidieux de Weiland. Le résultat est complètement nouveau : jamais empêtré dans le classic rock des influences Gunsiennes. C'est frais, brut et ça remue. « Sucker Train Blues » donne le ton. "Big Machine" reprend le couplet d' "Unglued" (STP) et rajoute un refrain heavy, avec un bridge qui donne à la chanson une mélodie qui fait son originalité. Les couplets sont lourds et endiablés, les refrains plus doux et mélodieux. Cette recette fonctionne très bien et nous donne les excellents « Illegal I Song », « Set Me Free », et « Spectacle ». Sans oublier le monstrueux « Headspace », titre montrant toutes les qualités des Guns avec la petite touche de Kushner qui harmonise bien l'ensemble.
Les power ballads valent le détour également : « Fall to Pieces » et « You got no right » apporte l'émotion là où le feeling est souvent absent : une formule de couplets lents et de refrains lourds et heavy, qui fonctionne ici. A noter : une excellente production, ce qui ne gâche rien, ça sonne comme du vieux hard rock gras au mesaboogie tout en étant très moderne à la fois. Joli tour de force...
Bravo à Weiland et au reste du groupe : séparément, pas d'avenir ; mais ensemble, ils ont peut-être trouvé le salut. Plus énergiques que depuis très longtemps, ils semblent pressés de mettre un bon coup de bambou au rock commercial qui empoisonne les ondes. On ne peut que leur souhaiter bonne chance.