« Contre François Jullien » mérite absolument la lecture si on veut sortir des lieux communs du discours sur la Chine.
L''ensemble de l''oeuvre de Jullien repose sur l''idée que la Chine est un monde complètement différent du nôtre, voire à l''opposé. Le mythe vient de loin, d'abord des Jésuites puis il a pris corps avec Voltaire et d''autres philosophes français, qui ont fait de la Chine l''image inversée du régime qu''ils combattaient chez eux, ils voyaient en Chine « des despotes éclairés, servis par des lettrés-philosophes ». François Jullien a relancé ce mythe avec des atours savants, qui plaît aux élites, car il représente le pendant imaginaire de l''élitisme républicain français qu''ils pensent incarner. Les jésuites ont juste repris une vision des mandarins chinois.
L''auteur s''élève contre cette vision qui veut rendre la Chine impénétrable aux antipodes de notre Occident.
Par ailleurs, Billeter essaie de montrer que la méthodologie employée est assez tendancieuse.
Il aborde également d''autres sujets et relève des pistes de réflexion fort intéressantes.
Cette influence de Jullien sur le monde de la sinologie et indirectement sur un discours de la Chine exerce des influences à de multiples prolongements même politiques. En effet, une telle vision, l''altérité de la Chine, conduit à penser que de nombreux critères nous échappent et peut nous inciter à ne pas se battre sur des problèmes chinois que nous ne pouvons comprendre aisément (du fait de cette altérite) et qui pourraient être pomme de discorde. Quelle influence cette vision a eu sur Chirac?
Les hommes politiques chinois ne vont pas combattre cette vision...