Cela fait six ans que je me régale avec son deuxième opus, Peace Beyond Passion. Une fois par mois en période creuse. Une sorte de dose musicale minimale.
L'avant-dernier, Bitter, parce que pas groovy pour un sous et plus sombre, je ne l'avais trouvé que très bien.
Le nouveau est enfin arrivé et apparaît dès la première écoute comme bien plus péchu. Une écoute suffit également pour déceler de nombreuses perles.
Dead Nigga Boulevard et Hot night ouvrent magnifiquement cette nouvelle messe hautement funky, en particulier le deuxième titre : un gros groove fait d'un phat beat hip-hop calé sur une boucle de cuivres latino et soutenue par un gimmick de guitare ou de clavier entêtant. Accompagnés comme à l'accoutumée d'excellents arrangements vocaux, on y entend un bon flow, cherchant la plupart du temps le contre-temps qui claque. Fort, très fort !
A remarquer également, le titre Pocketbook, autre exemple de funk à la Me'Shell, avec sa ligne de basse qui n'est pas sans rappeler le bon vieux Come together.
Le reste une alternance de belles ballades soul, portées par des rythmiques impeccables, des voix qui n'arrêtent pas de surgir, des bidouillages en tout genre, et de morceaux qui pulsent à souhait.
Posé sur une grosse grosse basse jouée par un clavier west-coasty, le bon featuring de Redman sur le dernier titre, un remixe de Pocketbook par Missy Elliot et Rockwilder, confirme par ailleurs que Me'Shell aime agrémenter sa soul-funk de piments hip-hop.
Le temps dira si cet album est encore meilleur que le deuxième. Ce qui est sûr, c'est que l'on découvre ses nouvelles perles soul-funk avec énormément de plaisir car Me'Shell a su garder ce qui fait d'elle sa force : la qualité de ses compositions, son choix de musiciens, son énergie, son groove, et bien sûr l'émotion qu'elle sait nous transmettre. Chapeau bas.