La photo de la jaquette en dit long sur la connivence qui unissait Léonard Bernstein et Aaron Copland, tous deux disparus en 1990, après une amitié de plus d'un demi-siècle.
Ce disque reprend un concert enregistré en octobre 1989 au Avery Fischer hall.
Nous entendons ici trois des oeuvres parmi les plus populaires du compositeur américain :
Le célèbre "El Salon Mexico", brève page chorégraphique barbouillée de vives couleurs sud-américaines, s'agite sur des rythmes syncopés qui donnent des fourmis dans les jambes.
Le "Concerto pour clarinette" en deux mouvements, d'abord mélancolique, évolue rapidement vers une ambiance de music-hall que Stanley Drucker anoblit quelque peu derrière une parure très classique.
La "Music for the theatre" de 1925 fut écrite au retour d'un séjour d'études à Paris auprès de Nadia Boulanger.
Cet opus de jeunesse, pour petite formation "jazzy", vibre aux rythmes endiablés du charleston : écoutez l'espièglerie de la clarinette, et les relances trépignantes des trompettes dans la "danse"... Tout l'esprit des "années folles" qui enfiévrait les capitales européennes !
De ce séjour parisien, Copland eut aussi l'occasion de côtoyer l'avant-garde européenne (Stravinsky, Bartok, Hindemith, Prokofiev...) qui ne fut pas sans influencer son langage musical, à la facture instrumentale très claire et au dessin contouré...
Jusque dans ses oeuvres de la maturité, qui délaissent le folklore au profit d'une pensée plus expérimentale : les austères et rhétoriques "Connotations" de 1962 font un usage très didactique du sérialisme, qui ferait presque sourire par sa sévérité abusive.
Les musiciens de la Philarmonie de New York connaissent ces oeuvres depuis le berceau, et l'interprétation émue et enthousiaste de Bernstein est proprement incritiquable...
Si vous souhaitez pousser plus loin la découverte, sachez que Lenny a aussi gravé la 3° Symphonie avec le même orchestre, ainsi que le délicieux "Appalachian Spring" avec la Philarmonie de Los Angeles...
Les amateurs avertis pourront comparer ces ultimes sessions, captées en public, avec les témoignages en studio gravés pour CBS dans les années 1960.
En tout cas, si vous ne devez posséder qu'un seul disque de Aaron Copland, le présent album est là pour vous simplifier le choix...