Voici enfin un roman d'angoisse pour les jeunes, de quoi leur faire passer quelques nuits blanches... La référence à Lewis Carroll y est évidente et pourtant, la version reste innovante. Les peurs enfantines sont largement exploitées : le noir qui peut devenir salvateur, le croquemitaine qui revêt de beaux habits, les parents qui disparaissent, enlevés par... qui ?, la peur de l'inconnu... Ca tombe bien, Coraline est une exploratrice, sans peur et pleine de ressources, qui va éclaircir des mystères, éliminer les méchants, sauver des victimes et délivrer ses parents des griffes manucurées d'un monstre déguisé en une copie de sa mère, tyrannique, qui règne en despote sur l'univers qu'elle a créé et qui s'étend de l'autre côté d'une porte ouvrant sur un non moins mystérieux de briques et dont les frontières sont les miroirs et le néant... Amoureux des chats, vous apprécierez particulièrement le noir félin qui rempli le rôle ambigu de passeur et de guide,aussi bien à l'aise dans l'un que dans l'autre monde, parfois impassible et énigmatique comme un sphinx mais certainement son allié le plus sûr ... Retrouvez les éléments constitutifs des contes de fée et des romans initiatiques : la ou les quêtes, les alliés de Coraline qui lui remettent tantôt des armes aux pouvoirs mystérieux ou lui donnent des indices... Un conte de fée un peu glauque, à la Tim Burton, dont l'issue ne répond pas si la petite fille a juste déliré ou réellement vécu son aventure mais qui nous rassure sur une chose au moins : il y a toujours pire qu'un jour de rentrée scolaire !!! Très moral, donc ! Surtout en cette période de l'année !