Après un premier tome séduisant par bien des aspects mais tourmenté en matière de construction, je m'attendais à une suite mieux charpentée mais tout aussi prenante : cela n'a pas été le cas.
Le démarrage de cette suite est correct, mais retombe très vite comme un soufflé, la narration devenant alors très lente et parfois à la limite d'être ennuyeuse. Il y a beaucoup de redites par rapport au premier tome, chose assez rare pour être signalée chez Patricia Briggs. A plusieurs reprises, ça confine même au radotage. On remarque encore une maîtrise narrative assez discutable, notamment l'arrivée de l'empereur, qui sonne très faux.
J'avais déjà été assez déçu par
Le Sang du Dragon, qui faisait suite aux
chaînes du dragon. J'avais trouvé ce deuxième volet étiré de façon artificielle sur la base d'enjeux minimalistes et d'une intrigue plutôt légère.
J'ai ressenti la même tendance à tirer à la ligne au début de ce second tome de Corbeau. Les personnages sont toujours aussi attachants, certes, mais n'évoluent guère. Quant aux enjeux, tous identifiés dès le début du livre, ils s'étalent interminablement, donnant parfois un sentiment de remplissage assez désagréable.
Le Ténébreux, dont l'identité est bien trop facile à éventer, rode dans la nature, mais dans l'attente de l'inévitable confrontation finale on tourne en rond dans une ambiance de colonie de vacances. Il n'y a pas de surprises, guère de nouveautés, pas de suspense.
Entre le chapitre 3 et le chapitre 13, il y a 7 ou 8 chapitres qui n'ont aucun intérêt.
Heureusement, les deux cent dernières pages rachètent en partie les deux cent cinquante premières. Le rythme est plus soutenu, enfin l'intrigue se dénoue, l'univers est totalement exposé. Ce n'est d'ailleurs pas forcément une bonne idée, elle est tout de même un peu brouillonne, cette histoire, avec son Traqueur, ses Dieux en pagaille, ses Ordres, ses Sorciers, ses Ténébreux, son Tisseur, ses Tisserands, ses Gemmes hantées par des Ordres, ses Mémoires... J'ai trouvé ça un peu indigeste. L'auteure n'a d'ailleurs pas trop l'air de savoir quoi faire de certains des éléments de son histoire à la fin du livre, et certains d'entre eux sont très vite expédiés.
Et j'aimerais bien savoir qui est le Roi de la Forêt. Si une âme charitable qui passe par là le sait, qu'elle n'hésite pas à m'éclairer !
Au final, Patricia m'a donné l'impression de s'être légèrement emmêlée les crayons dans une histoire un peu trop complexe. Alors pas de panique, c'est parfaitement lisible, et pas désagréable, mais c'est tout de même une petite déception.