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Après l'électronique et sombre Eden, Etienne Daho nous revient des studios londoniens avec un album acoustique radieux à souhait. De manière quasiment conceptuelle, chacune des onze chansons évoque en mots délicats une des étapes de l'histoire d'amour qui l'embrase à nouveau. De la rencontre aux retrouvailles après rupture, en passant par le bonheur, le désir, les doutes et les affres qui habitent tour à tour cet homme passionné. Autant de sublimes déclarations grâce auxquelles Daho se dévoile comme jamais auparavant, d'une voix désormais bien posée, et qui décline à souhait chaque nuance de ses émotions. Tandis qu'entre pop et jazz, cordes, cuivres et guitares, le chanteur s'entoure d'une pléiade de collaborateurs. Ainsi s'enchaînent à la perfection les compositions de David Munday, d'Helen Turner, de Jérôme Soligny ou des Valentins (également co-producteurs), sans jamais nuire à la cohérence du tout. Et on se délecte des somptueux "Ouverture" et "Corps & armes", du groovy "Rendez-vous à Vedra", de l'adaptation en français du "Touched By The Sun" de Carly Simon, ou de "Make Believe" que le chanteur interprète avec la new-yorkaise Vanessa Daou. Un album chaud, coloré, serein et d'une rare élégance. L'un des meilleurs d'Etienne Daho, lui à qui l'amour va décidément si bien. --Sylvie Devilette
Compact
Pop-Prout. Chance à répétition ou total hasard ? On ne sait pas trop, mais force est de reconnaître que Daho a réussi le tour de force de construire une carrière fort respectable sur du vent. Le monsieur n'est pas vraiment talentueux, il n'a rien inventé et se contente de brasser de l'air (de rien), sa voix miaule à l'infini des textes généralement roucoulants et niaiseux au possible et son seul don semble de savoir s'entourer de gens dont l'utilité est pour le moins discutable (Jérôme Soligny pour ne citer que l'exemple le plus hilarant de cette cuvée 2000) ou d'anéantir les qualités des rares doués qui croisent son chemin (ici, les Valentins, qu'on préfère très largement entendre avec Bashung ou même sous leur propre nom, quand on les laisse faire un disque). Au total, une rondelle branchouille, sans saveur ni relief et aussi vite oubliée qu'écoutée
Platine
Au bout de vingt ans de carrière, force est de constater que les albums de Daho se suivent et ne ressemblent pas. Après la frénésie électronique d'Eden et le succès de sa première compilation, l'indétrônable leader de la pop française nous livre un septième album aux antipodes du précédent, imaginé à Ibiza, enregistré entre Londres et Paris, et réalisé par les brillants Edith Fambuena et Jean-Louis Pierot des Valentins. Plus traditionnel dans ses mélodies signées par ces derniers, Helen Turner, Jérôme Soligny ou David Munday, Corps et Armes se veut aussi plus littéraire et sentimental dans son inspiration, développant d'un bout à l'autre avec l'extrême concision d'un roman toutes les étapes d'une relation amoureuse, de l'approche intimidée ("Ouverture") à la séparation douloureuse ("La Baie"). Hormis un duo un rien décalé avec Vanessa Daou ("Make Believe"), et une adaptation de "Touched By The Sun" de son idole Carly Simon ("L'Année du dragon"), Corps et Armes témoigne d'une cohérence remarquable et d'une liberté formelle étonnante, attestant de la plénitude et de la sagesse qui semblent désormais régir la vie d'Étienne.Daho. D'ailleurs, comme gagné par une assurance nouvelle, il n'a jamais tant placé sa voix feutrée en avant (surmixage). Du coup, on a l'impression d'en redécouvrir tout le mystère et le charme…
Critique
La vocation d’un album n’est-elle pas de vous empêcher de sauter de plage en plage insatisfait ? Corps et armes oblige l’auditeur à dire « Play it again Etienne ». « Ouverture » donne le ton : poésie suprême, musique aérienne, voix profonde. La sexualité sous-jacente de la prose de Daho ne fait pas défaut à cet album. Abandon total au « Brasier », et « La nage indienne ». Le voyage immobile n’est pas fini. Daho fait le constat désillusionné ou lucide de l’amour à quarante ans : « Inconsciemment reproduire chaque fois la toute première fois » murmure-t-il. A la production de l’album, les fidèles Valentins, en tête l’intemporelle Edith Fambuena qui apporte sa grâce à l’album. S’il ne devait rester qu’une chanson…A priori, « La baie » composée par Jérôme Soligny a tout de la ballade classique. Daho incarne l’animal blessé qui voit l’autre partir sur la rive en face. Mais l’on s’incline lorsqu’il dit : « Et je baisse la tête comme un guerrier vaincu ». Avant de se laisser emporter par « Antonio de la Luna » ou l’été sans fin.
Paula Haddad - Copyright 2012 Music Story
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