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15 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
accesible a tous, 4 mars 2004
Par Un client
cet ouvrage, des plus minutieux au niveau de l'analyse, a la faculté d'être accesible a tous, en particulier aux personnes non initiées à la sociologie: merci a cet auteur de pouvoir faire de grandes analyses avec des mots simples...le thème est des plus original, et permet de montrer en quoi cette soit disante libération corporelle n'est que, en fait une autocontraine puissante..
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31 internautes sur 34 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
le gouvernement du regard (et de ses ambiguïtés), 29 janvier 2002
Par Un client
J.C. Kaufmann aime son terrain et il s'y plonge totalement, ce qui n'est peut-être pas si fréquent. " Le plaisir construit à partir de la déconstruction du banal est très proche de la contemplation artistique ", nous dit-il. Mais cette petite maxime, qui pourrait passser pour le credo d'un sociologue heureux, ce n'est pas d'abord à lui-même qu'il l'applique, mais bien aux 'enquêtés'. Elle laisse ainsi deviner la finesse de son analyse, et il faut bien avouer que Kaufmann possède des qualités d'observation assez phénoménales. Ceux qui se délectent de ces travaux de terrain poussés jusqu'à l'infime détail seront donc comblés, d'autant plus que l'écriture est agréable et élégante. Vous y apprendrez comment on négocie le discret balayage visuel qui croise celui d'une autre personne, comment on apprend à éviter, dans certains cas, la position debout les seins nus, comment on euphémise ou désamorce la possible ambiguïté érotique, etc.
Mais il y a plus, et peut-être faut-il insister sur l'originalité du thème choisi, qui permet de faire des observations capitales pour une sociologie du corps (notamment). La plage aux seins nus est un lieu clos, avec ses règles propres, distinctes, et un lieu où, décontraction oblige, il est peut-être plus difficile de s'appuyer sur un rôle attendu et connu. Ainsi on a parfois l'impression d'assister à la genèse de la constitution des rôles dans un espace public, à un cas d'école puisque, dans une certaine mesure, la plage invente sous nos yeux des modes de prise de rôle et de gestion de l'ambiguïté. L'impression est parfois celle d'une scène encore mal fixée, tâtonnante, cherchant ses propres codes, et la subtilité des analyses de Kaufmann rend le sujet passionnant. Il insiste de manière convaincante sur le regard, seul sens autorisé, qui modèle les comportements mais induit aussi des effets spécifiques (il faut pouvoir l'interpréter et le quiproquo sur son sens ne débouche pas toujours sur une contradiction). Le toucher est mis à distance, et c'est l'oeil qui travaille. Un angle d'approche intéressant est l'ambiguïté entre un désir de 'naturel', réel ou imaginé, qui conduit à considérer les seins nus par les seules perceptions personnelles de la pratiquante, et l'insertion du corps aux seins nus dans le jeu des regards. C'est surtout ce second point que développe Kaufmann, en distinguant trois corps de la femme (pour le regard de l'homme) : la banalité, la sexualité et la beauté. La banalité est un corollaire du 'voir sans voir' typique de cet espace : 'tolérante', ostensiblement dévouée à l'écoute du corps propre, la plage invente ce regard pour dédramatiser le sein nu, pour justifier que l'on ne se sente pas vraiment sous le regard de l'autre. La sexualité est présente mais Kaufmann a le mérite de risquer une troisième catégorie, la beauté, par laquelle l'homme voit bien cette fois, apprécie, mais transcende ou masque la libido sous des critères esthétiques. De cette étude, Kaufmann tente des suggestions quant au problème que Norbert Elias avait lui même indiqué pour son processus de civilisation, aux parfums 19ème, concentré autour de la pudeur, de la retenue, et donc apparemment loin du contexte des plages contemporaines. Kaufmann invoque une deuxième phase du processus de civilisation, où l'autocontrainte est si forte qu'elle permet le relâchement et une plus grande souplesse vis-à-vis du corps ( le statut du toucher est sans doute exemplaire ici, en ce qu'il est on ne peut plus éloigné des aménagements des seins nus). Ce qui, en bonne logique, le conduit à nuancer l'idée d'une libération sexuelle. C'est donc un très bon livre, d'apparence modeste voire ludique de par son sujet, mais finalement très suggestif (ce qui confirme qu'il n'y a pas de petit sujet). On peut aussi noter que cette enquête confirme l'intérêt d'une certaine violence dans la pratique des entretiens (qui n'est sans doute plus niée par personne), très habilement utilisée par Kaufmann dans les décalages qu'elle produit entre les différents niveaux de discours des interrogés.
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3.0 étoiles sur 5
Bon travail mais faut être motivé, 27 octobre 2010
J'ai acheté ce livre un peu au hasard car j'aime les travaux sociologiques, les études comportementales. Surtout à partir du sujet "les seins nus sur la plage", j'ai trouvé l'exercice audacieux.
Alors, c'est intéressant, traité avec professionnalisme... Le comportement des gens y est décortiqué et on constate que les phrases classiques des interviewé "je le fais rien que pour moi" ne sont pas si vraies que ça, preuves et démarches à l'appui. Cependant c'est une écriture soutenue et pas très accessible sur pas mal d'endroits. Et quand il y a presque 300 pages sur le sujet, je dois avouer que j'ai souvent "décroché" en le lisant. Cela reste une étude et pas du "sociologie pour les nuls".
Cela reste néanmoins une étude très intéressante, à lire bien motivé et concentré tout de même.
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