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3.0 étoiles sur 5
Une version correcte, mais pas sans faille..., 11 janvier 2011
Il est regrettable que l'extravagant ballet « Le Corsaire » soit si peu filmé, et que l'on n'ait le choix en DVD qu'entre une version du théâtre Mariinsky de 1989 et cette version de l'American Ballet de 1999, plaisante à regarder, mais globalement inférieure à sa devancière. Les points faibles en sont : - des décors réduits à l'essentiel (ce qui peut s'expliquer par le fait que le ballet est filmé pendant la tournée annuelle de la troupe), - beaucoup moins excusable, des costumes franchement laids, qui semblent faits d'un mélange de pyjamas à bon marché et de panoplies pour enfants, - les scènes de pantomime, si elles sont très compréhensibles, manquent de stylisation et d'élégance, - la chorégraphie (révision par Sergeiev de la chorégraphie originale de Petipa) est quelque peu statique, et se présente comme une succession de danses d'ensemble (assez peu nombreuses), de quelques duos, et de très nombreux solos destinés à faire briller les danseurs. Cela donne au ballet un petit côté « gala de danse », et l'action perd en fluidité, - enfin, je trouve saugrenue l'idée de placer avant chaque acte des propos du directeur de la troupe, des danseurs ou des réactions de spectateurs... toutes choses qui figureraient plus logiquement avec les « bonus » du DVD, et que l'on se voit obligé de passer en « avance rapide » pour ne pas briser la continuité du spectacle. Les bonnes choses (car il y en a aussi !) sont : - la pantomime, même si elle manque de grâce, est très explicite et rend l'action lisible même si on ignore le livret, - la danse est toujours très bien filmée et cadrée, avec une image de bonne qualité (sans être néanmoins en haute définition), - sans égaler globalement ceux du Mariinsky, les danseurs sont bons, et certains rôles sont même remarquablement remplis. Dans le rôle d'Ali, immortalisé par Noureev, Angel Corella se montre brillant, plus virtuose encore que son illustre ainé (dont il n'égale cependant pas le charisme physique). Joaquin de Luz est un excellent Birbanto. Julie Kent et Paloma Herrera (respectivement Medora et Gulnare) sont très bonnes, mais quand même loin des exceptionnelles danseuses du Mariinsky (Asylmuratova et Pankova). Dans le rôle (difficile) de Conrad, Ethan Stiefel est acceptable, mais semble souvent à la limite de ses possibilités, et un peu approximatif.
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4.0 étoiles sur 5
Faute de mieux..., 21 janvier 2011
L'argument d'abord. I° acte : sur un marché d'esclaves, un pirate, Conrad, tombe amoureux d'une jeune fille, Medora, mais faute d'argent ne peut l'acheter. Celle-ci est vendue à un pacha. Conrad, aidé de son équipage, s'en empare et l'emmène avec le marchand d'esclave, Lankendem, et sa "marchandise". II° acte : dans la caverne des pirates, Médora obtient de Conrad qu'il libère toutes les esclaves, mais Birbanto, son second, s'y oppose. Après lutte, tentative d'assassinat, Birbanto, aidé de Lankendem, drogue Conrad et vole les esclaves. III° acte : dans son palais, le pacha rêve et voit danser toutes ses concubines, jusqu'à ce que Conrad et son équipage, déguisés en pélerins, ne maîtrisent la garde et ne repartent avec Médora pour de nouvelles aventures. Ce résumé pour prouver au commentateur qui sévit entre chaque acte sur ce DVD que l'intrigue du "Corsaire" n'a rien d'aussi compliqué qu'il le prétend. Le spectacle serait laid, décors et costumes sont d'une médiocrité inimaginable pour une troupe aussi prestigieuse que l'American Ballet Theatre, même en tournée, mais une fois passée cette déception, et compte tenu que ce ballet n'est disponible qu'en deux versions, celle-ci et celle du Kirov, plus laide encore, il y a la danse et les danseurs, et c'est ce qui importe. Julie Kent, dans le rôle de Médora, est d'une beauté d'académie, rayonnante, élégante et naturelle, sans rien d'emprunté, et danse admirablement ; Angel Corella, en serviteur de Conrad, rôle qu'on appelle parfois Ali, est plus joli que beau, mais quelle joliesse, et quelle fougue, quelle joie de danser et de s'offrir en dansant, dans ce rôle qui est une pièce de concours et dont la charge érotique m'a toujours surpris pour un ballet du XIX° siècle ! Joaquin de Luz fait un Birbanto viril, tandis que Malakhov danse Lankendem avec ses qualités et ses défauts habituels, technique sûr et préciosité. Ethan Stiefel, en Conrad, s'investit beaucoup mais, sans qu'on ait grand'chose à lui reprocher, ne convainc pas, enfin pas moi. Un agréable spectacle, bien mené à la baguette par Ermanno Florio, éminent chef d'orchestre de ballet, mais on attend encore la version qui satisfasse pleinement.
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