Faire un commentaire sur cet oeuvre de Dantec n'est pas chose aisée car, même si on y découvre un roman explosif et décapant, la seconde partie laisse vraiment à désirer ; à l'instar de son oeuvre précédente, villa vortex.
En effet, l'histoire commence comme un roman normal, à cela près que c'est du Dantec : percutant, insidieux, novateur, rythmé, passionnant ... et j'en passe.
Mais, arrivé vers la fin, l'auteur se laisse aller à une dérive vers une méta-narration qui m'avait laissée un peu de glace sur villa vortex, et tend à m'achever sur Cosmos Inc.
L'idée est originale, et présente un sens réel. Pourtant, cette segmentation de l'ouvrage semble inadéquate, déplacée même.
J'ai toujours apprécié Dantec dans ses romans (la sirène rouge, les racines du mal, babylon babies) et ses pensées personnelles inquisitrices dans les théatres des opérations.
Mais là, le mélange de style dépasse l'attente des lecteurs, mais sans les accrocher pour autant ; les commentaires le montrent bien. Il y a une dérive dans l'oeuvre que veut se donner Dantec, et son ambition -loin pourtant de descendre au simple nombril comme certains aiment à le penser- risque plus de niveller son lectorat qui commence à y montrer sa lassitude, que d'arriver à les hisser à un niveau de réflexion qui n'en est pas vraiment un.
Si l'objectif est effectivement d'opérer une sélection de lecteurs en adéquation avec l'esprit de l'oeuvre, c'est réellement un pas de l'auteur vers la réussite d'un tel projet.
Mais, pour moi, cela se rapproche toujours plus d'un gachis en devenir.
Ami Dantec, j'aime tes livres, ta prose, le karcher que tu passes sur nos cervelles lavées aux médias. Cela a été un trip de te découvrir et ça le reste de te lire... mais maintenant ... s'il te plait, ne nous oublie pas -nous, lecteurs- au passage !