Count Basie

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Biographie

Le 21 août 1904 à Red Bank (New Jersey, Etats-Unis), la famille Basie accueille son dernier-né, William James. Elevé par un père employé de maison et une mère lavandière, le jeune garçon prend tôt des leçons de piano, mais ne brille guère pour ce qui est du reste de sa scolarité, et quitte tôt l'école. Encore adolescent, il est engagé un peu par hasard pour accompagner un spectacle au piano et apprend vite à improviser des airs. Attiré par la batterie, il décide finalement, à l'âge de quinze ans, de se consacrer exclusivement au piano.

Une rencontre avec Sonny Greer, le batteur de Duke ... Lire la suite

Le 21 août 1904 à Red Bank (New Jersey, Etats-Unis), la famille Basie accueille son dernier-né, William James. Elevé par un père employé de maison et une mère lavandière, le jeune garçon prend tôt des leçons de piano, mais ne brille guère pour ce qui est du reste de sa scolarité, et quitte tôt l'école. Encore adolescent, il est engagé un peu par hasard pour accompagner un spectacle au piano et apprend vite à improviser des airs. Attiré par la batterie, il décide finalement, à l'âge de quinze ans, de se consacrer exclusivement au piano.

Une rencontre avec Sonny Greer, le batteur de Duke Ellington, lui permet de décrocher ses premiers engagements auprès d'orchestres de jazz. Il réalise plusieurs tournées au milieu des années 1920, rencontrant à Kansas City et surtout à Chicago la crème des jazzmen de l'époque. En 1925, il est engagé au club Leroy's et y rencontre Fats Waller, qui lui apprend à maîtriser l'orgue. Améliorant sa maîtrise technique au fil des rencontres et des engagements, William Basie rejoint l'orchestre Walter Page and His Famous Blue Devils et réalise plusieurs tournées avec la troupe, gagnant au passage son sobriquet de « Count » Basie, selon la tradition du milieu du jazz d'affubler ses musiciens vedettes de titres royaux (« King », « Queen ») ou, plus modestement, aristocratiques (« Earl », « Baron », « Duke »).

Il rejoint en 1929 l'orchestre de Bennie Moten, cumulant des fonctions de pianiste et d'arrangeur. Count Basie s'établit à Kansas City pour collaborer avec Moten, mais l'orchestre est vite plongé dans la tourmente : fâché avec le reste de ses musiciens, Moten est exclu de sa propre troupe et Count Basie doit le remplacer, rebaptisant l'orchestre Count Basie and His Cherry Blossoms. L'expérience ne dure pas et il retourne bientôt travailler avec Moten, dans un nouvel orchestre. Leur collaboration s'achève finalement en 1935, quand Bennie Moten meurt des suites d'une opération chirurgicale. Count Basie fonde un nouvel orchestre, qui prend en 1936 le nom de Count Basie and his Baron of Rhythm : la troupe multiplie les engagements dans les clubs et commence à passer à la radio. D'une session plus ou moins improvisée par la troupe, Count Basie tire la chanson « One O'Clock Jump », qui devient l'un de ses airs les plus connus.

L'orchestre de Count Basie se distingue par un son à la fois dynamique et maîtrisé, garanti par un ensemble de collaborateurs hors pair, parmi lesquels on peut compter Lester Young (saxophone), Harry Edison (trompette) ou Freddie Green (guitare). La troupe multiplie également les collaborations avec des chanteurs de blues réputés, comme Joe Williams ou Jimmy Rushing. Chef d'orchestre autant que pianiste virtuose, Count Basie assure la cohérence de sa troupe en choisissant des collaborateurs - musiciens et arrangeurs - de tout premier plan, s'affirmant comme l'un des maîtres du style Jazz de Kansas City.

New York en feu

Dans la seconde moitié des années 1930, Count Basie et ses musiciens s'installent à New York et, après avoir quelque peu travaillé pour adapter leur style d'interprétation au public local, décrochent un contrat d'enregistrement chez Decca. Le producteur John Hammond assure à la troupe une recrue de poids en leur assurant la collaboration de Billie Holiday : lors d'une mémorable Battle of the Bands, compétition entre orchestres de jazz organisée au club Savoy, l'orchestre de Count Basie réussit à remporter la victoire face à celui de Chick Webb, qui comptait pourtant la collaboration d'Ella Fitzgerald en personne.

Grâce à ce spectaculaire succès, la troupe des gars de Kansas City s'impose définitivement auprès du public new-yorkais. Billie Holiday étant partie pour travailler avec l'orchestre d'Artie Shaw, Count Basie la remplace par Helen Humes. Grâce à ses chanteuses successives, et au soutien du réseau CBS, l'orchestre de Count Basie connaît un bond de notoriété et s'affirme comme l'un des piliers du jazz : on les voit participer à la comédie musicale Reveille with Beverly et à des galas de soutien aux troupes américaines durant la Seconde Guerre mondiale.

Les années 1940 causent cependant quelques soucis à la troupe : plusieurs de ses piliers, comme le batteur Jo Jones ou le saxophoniste Lester Young, sont mobilisés. Leurs remplaçants (le batteur Buddy Rich, les saxophonistes Lucky Thompson et Paul Gonsalvez, etc.) s'avèrent efficaces et tendent à tirer la sonorité de l'orchestre vers un rythme plus pétaradant et moins relaxé. Le pire est cependant à venir, quand des pressions syndicales aboutissent à une interdiction temporaire des enregistrements instrumentaux : en 1948, Count Basie doit temporairement fermer boutique et mettre un terme à l'activité de sa troupe. L'ère des grands orchestres musicaux semble quelque peu passée aux Etats-Unis.

All Star Orchestra

Count Basie traverse ses années de vaches maigres en jouant avec un ensemble réduit de musiciens. Il est cependant motivé par sa rencontre avec le chanteur Billy Eckstine pour reformer un ensemble de seize musiciens, prouvant que le temps des big bands n'est pas passé : le Count Basie Orchestra décroche de nouveaux enregistrements et se voit engagé au Birdland, club de jazz à New York où il partage la vedette en alternance avec des artistes comme Charlie Parker, Dizzy Gillespie ou Miles Davis.

A nouveau sur les chapeaux de roue, Count Basie et son nouvel orchestre (surnommé le Second Testament) réalisent des tournées internationales à partir de la première moitié des années 1950, la popularité du Jazz en Europe après 1945 leur permettant de donner un coup de pouce décisif à leur carrière. Ils multiplient également les collaborations avec des invités prestigieux comme Frank Sinatra ou Ella Fitzgerald. Les enregistrements de la troupe bénéficient également de l'apport d'arrangeurs de grand talent, parmi lesquels Quincy Jones ou Neal Hefti. Le Count Basie Orchestra, bénéficiant d'un son moins axé sur les solos et davantage basé sur les prestations d'ensemble et le travail des arrangeurs, bénéficie d'une grande popularité et sort de nouveaux albums, très bien accueillis par le public.

Si tous les amateurs de jazz ne sont pas fans du nouveau son de Count Basie - certains considérant que la musique, figée dans une interprétation orchestrale, perd de sa spontanéité et tend à se momifier -, le public continue d'en redemander : l'enregistrement live At Newport remporte un triomphe en 1957, suivi l'année suivante de The Atomic Mr. Basie. Le Count Basie Orchestra joue en 1958 devant la Reine d'Angleterre Elizabeth II et en 1960 dans une soirée en l'honneur du candidat à la présidence des Etats-Unis John F. Kennedy. Count Basie s'allie également avec de grands noms pour les besoins d'albums en duo : en 1960, il réalise avec Duke Ellington le disque First Time ! The Count Meets the Duke, en 1960 toujours, il est le partenaire de Tony Bennett pour Strike Up the Band, en 1962 et 1964 avec Frank Sinatra (Sinatra-Basie, It Might As Well Be Swing) et en 1963 avec Ella Fitzgerald (Ella and Basie !).

L'Amiral du swing

Le Count Basie Orchestra, à l'image de la troupe de Louis Armstrong, tourne sans arrêt autour du monde, le pianiste-chef d'orchestre, désormais coiffé d'une casquette d'officier de marine, faisant figure de capitaine inamovible de la musique jazz. En partenariat avec Oscar Peterson, il réalise plusieurs tournées en Amérique du Nord. En 1970, Count Basie et son équipage accompagnent Frank Sinatra pour un concert de bienfaisance diffusé en Grande-Bretagne sur la BBC (pour l'émission Sinatra: In Concert at the Royal Festival Hall), une expérience que le crooner a décrit comme l'une de ses expériences musicales préférées.

Au milieu des années 1970, Ella Fitzgerald réalise avec le Count Basie Orchestra plusieurs tournées, qu'elle tend à considérer comme des récréations, loin du rythme harassant de ses enregistrements habituels. En 1979, Count Basie et la chanteuse collaborent à nouveau sur trois nouveaux albums: Digital III at Montreux, A Classy Pair et A Perfect Match. Toujours attentif à l'équilibre de sa troupe, Count Basie est reconnu pour sa capacité à repérer et assembler les talents, gérant avec une certaine maestria l'inévitable turn-over de ses musiciens : il continue de se produire à un rythme très constant, apparaissant dans de nombreux festivals et multipliant les concerts caritatifs. Il s'offre en outre le luxe d'accumuler les Grammy Awards dans la catégorie des prestations instrumentales (solo ou orchestres), prouvant que les vieux de la vieille du jazz font bien plus que de la figuration.

La maladie finit cependant par le rattraper : le 26 avril 1984, il meurt d'un cancer du pancréas à Hollywood (Floride). Le Count Basie Orchestra continue néanmoins d'exister, conservant le nom de son fondateur en guise à la fois d'hommage et de marque de fabrique et accompagnant au fil des ans divers artistes, comme Diane Schuur, Joe Williams ou George Benson. Si son style orchestral est parfois contesté par certains puristes, qui lui reprochent d'avoir enlevé au jazz un peu de sa sauvagerie originelle, Count Basie demeure l'un des noms emblématiques de la première musique populaire du vingtième siècle.

Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis

Le 21 août 1904 à Red Bank (New Jersey, Etats-Unis), la famille Basie accueille son dernier-né, William James. Elevé par un père employé de maison et une mère lavandière, le jeune garçon prend tôt des leçons de piano, mais ne brille guère pour ce qui est du reste de sa scolarité, et quitte tôt l'école. Encore adolescent, il est engagé un peu par hasard pour accompagner un spectacle au piano et apprend vite à improviser des airs. Attiré par la batterie, il décide finalement, à l'âge de quinze ans, de se consacrer exclusivement au piano.

Une rencontre avec Sonny Greer, le batteur de Duke Ellington, lui permet de décrocher ses premiers engagements auprès d'orchestres de jazz. Il réalise plusieurs tournées au milieu des années 1920, rencontrant à Kansas City et surtout à Chicago la crème des jazzmen de l'époque. En 1925, il est engagé au club Leroy's et y rencontre Fats Waller, qui lui apprend à maîtriser l'orgue. Améliorant sa maîtrise technique au fil des rencontres et des engagements, William Basie rejoint l'orchestre Walter Page and His Famous Blue Devils et réalise plusieurs tournées avec la troupe, gagnant au passage son sobriquet de « Count » Basie, selon la tradition du milieu du jazz d'affubler ses musiciens vedettes de titres royaux (« King », « Queen ») ou, plus modestement, aristocratiques (« Earl », « Baron », « Duke »).

Il rejoint en 1929 l'orchestre de Bennie Moten, cumulant des fonctions de pianiste et d'arrangeur. Count Basie s'établit à Kansas City pour collaborer avec Moten, mais l'orchestre est vite plongé dans la tourmente : fâché avec le reste de ses musiciens, Moten est exclu de sa propre troupe et Count Basie doit le remplacer, rebaptisant l'orchestre Count Basie and His Cherry Blossoms. L'expérience ne dure pas et il retourne bientôt travailler avec Moten, dans un nouvel orchestre. Leur collaboration s'achève finalement en 1935, quand Bennie Moten meurt des suites d'une opération chirurgicale. Count Basie fonde un nouvel orchestre, qui prend en 1936 le nom de Count Basie and his Baron of Rhythm : la troupe multiplie les engagements dans les clubs et commence à passer à la radio. D'une session plus ou moins improvisée par la troupe, Count Basie tire la chanson « One O'Clock Jump », qui devient l'un de ses airs les plus connus.

L'orchestre de Count Basie se distingue par un son à la fois dynamique et maîtrisé, garanti par un ensemble de collaborateurs hors pair, parmi lesquels on peut compter Lester Young (saxophone), Harry Edison (trompette) ou Freddie Green (guitare). La troupe multiplie également les collaborations avec des chanteurs de blues réputés, comme Joe Williams ou Jimmy Rushing. Chef d'orchestre autant que pianiste virtuose, Count Basie assure la cohérence de sa troupe en choisissant des collaborateurs - musiciens et arrangeurs - de tout premier plan, s'affirmant comme l'un des maîtres du style Jazz de Kansas City.

New York en feu

Dans la seconde moitié des années 1930, Count Basie et ses musiciens s'installent à New York et, après avoir quelque peu travaillé pour adapter leur style d'interprétation au public local, décrochent un contrat d'enregistrement chez Decca. Le producteur John Hammond assure à la troupe une recrue de poids en leur assurant la collaboration de Billie Holiday : lors d'une mémorable Battle of the Bands, compétition entre orchestres de jazz organisée au club Savoy, l'orchestre de Count Basie réussit à remporter la victoire face à celui de Chick Webb, qui comptait pourtant la collaboration d'Ella Fitzgerald en personne.

Grâce à ce spectaculaire succès, la troupe des gars de Kansas City s'impose définitivement auprès du public new-yorkais. Billie Holiday étant partie pour travailler avec l'orchestre d'Artie Shaw, Count Basie la remplace par Helen Humes. Grâce à ses chanteuses successives, et au soutien du réseau CBS, l'orchestre de Count Basie connaît un bond de notoriété et s'affirme comme l'un des piliers du jazz : on les voit participer à la comédie musicale Reveille with Beverly et à des galas de soutien aux troupes américaines durant la Seconde Guerre mondiale.

Les années 1940 causent cependant quelques soucis à la troupe : plusieurs de ses piliers, comme le batteur Jo Jones ou le saxophoniste Lester Young, sont mobilisés. Leurs remplaçants (le batteur Buddy Rich, les saxophonistes Lucky Thompson et Paul Gonsalvez, etc.) s'avèrent efficaces et tendent à tirer la sonorité de l'orchestre vers un rythme plus pétaradant et moins relaxé. Le pire est cependant à venir, quand des pressions syndicales aboutissent à une interdiction temporaire des enregistrements instrumentaux : en 1948, Count Basie doit temporairement fermer boutique et mettre un terme à l'activité de sa troupe. L'ère des grands orchestres musicaux semble quelque peu passée aux Etats-Unis.

All Star Orchestra

Count Basie traverse ses années de vaches maigres en jouant avec un ensemble réduit de musiciens. Il est cependant motivé par sa rencontre avec le chanteur Billy Eckstine pour reformer un ensemble de seize musiciens, prouvant que le temps des big bands n'est pas passé : le Count Basie Orchestra décroche de nouveaux enregistrements et se voit engagé au Birdland, club de jazz à New York où il partage la vedette en alternance avec des artistes comme Charlie Parker, Dizzy Gillespie ou Miles Davis.

A nouveau sur les chapeaux de roue, Count Basie et son nouvel orchestre (surnommé le Second Testament) réalisent des tournées internationales à partir de la première moitié des années 1950, la popularité du Jazz en Europe après 1945 leur permettant de donner un coup de pouce décisif à leur carrière. Ils multiplient également les collaborations avec des invités prestigieux comme Frank Sinatra ou Ella Fitzgerald. Les enregistrements de la troupe bénéficient également de l'apport d'arrangeurs de grand talent, parmi lesquels Quincy Jones ou Neal Hefti. Le Count Basie Orchestra, bénéficiant d'un son moins axé sur les solos et davantage basé sur les prestations d'ensemble et le travail des arrangeurs, bénéficie d'une grande popularité et sort de nouveaux albums, très bien accueillis par le public.

Si tous les amateurs de jazz ne sont pas fans du nouveau son de Count Basie - certains considérant que la musique, figée dans une interprétation orchestrale, perd de sa spontanéité et tend à se momifier -, le public continue d'en redemander : l'enregistrement live At Newport remporte un triomphe en 1957, suivi l'année suivante de The Atomic Mr. Basie. Le Count Basie Orchestra joue en 1958 devant la Reine d'Angleterre Elizabeth II et en 1960 dans une soirée en l'honneur du candidat à la présidence des Etats-Unis John F. Kennedy. Count Basie s'allie également avec de grands noms pour les besoins d'albums en duo : en 1960, il réalise avec Duke Ellington le disque First Time ! The Count Meets the Duke, en 1960 toujours, il est le partenaire de Tony Bennett pour Strike Up the Band, en 1962 et 1964 avec Frank Sinatra (Sinatra-Basie, It Might As Well Be Swing) et en 1963 avec Ella Fitzgerald (Ella and Basie !).

L'Amiral du swing

Le Count Basie Orchestra, à l'image de la troupe de Louis Armstrong, tourne sans arrêt autour du monde, le pianiste-chef d'orchestre, désormais coiffé d'une casquette d'officier de marine, faisant figure de capitaine inamovible de la musique jazz. En partenariat avec Oscar Peterson, il réalise plusieurs tournées en Amérique du Nord. En 1970, Count Basie et son équipage accompagnent Frank Sinatra pour un concert de bienfaisance diffusé en Grande-Bretagne sur la BBC (pour l'émission Sinatra: In Concert at the Royal Festival Hall), une expérience que le crooner a décrit comme l'une de ses expériences musicales préférées.

Au milieu des années 1970, Ella Fitzgerald réalise avec le Count Basie Orchestra plusieurs tournées, qu'elle tend à considérer comme des récréations, loin du rythme harassant de ses enregistrements habituels. En 1979, Count Basie et la chanteuse collaborent à nouveau sur trois nouveaux albums: Digital III at Montreux, A Classy Pair et A Perfect Match. Toujours attentif à l'équilibre de sa troupe, Count Basie est reconnu pour sa capacité à repérer et assembler les talents, gérant avec une certaine maestria l'inévitable turn-over de ses musiciens : il continue de se produire à un rythme très constant, apparaissant dans de nombreux festivals et multipliant les concerts caritatifs. Il s'offre en outre le luxe d'accumuler les Grammy Awards dans la catégorie des prestations instrumentales (solo ou orchestres), prouvant que les vieux de la vieille du jazz font bien plus que de la figuration.

La maladie finit cependant par le rattraper : le 26 avril 1984, il meurt d'un cancer du pancréas à Hollywood (Floride). Le Count Basie Orchestra continue néanmoins d'exister, conservant le nom de son fondateur en guise à la fois d'hommage et de marque de fabrique et accompagnant au fil des ans divers artistes, comme Diane Schuur, Joe Williams ou George Benson. Si son style orchestral est parfois contesté par certains puristes, qui lui reprochent d'avoir enlevé au jazz un peu de sa sauvagerie originelle, Count Basie demeure l'un des noms emblématiques de la première musique populaire du vingtième siècle.

Copyright 2014 Music Story Nikita Malliarakis

Le 21 août 1904 à Red Bank (New Jersey, Etats-Unis), la famille Basie accueille son dernier-né, William James. Elevé par un père employé de maison et une mère lavandière, le jeune garçon prend tôt des leçons de piano, mais ne brille guère pour ce qui est du reste de sa scolarité, et quitte tôt l'école. Encore adolescent, il est engagé un peu par hasard pour accompagner un spectacle au piano et apprend vite à improviser des airs. Attiré par la batterie, il décide finalement, à l'âge de quinze ans, de se consacrer exclusivement au piano.

Une rencontre avec Sonny Greer, le batteur de Duke Ellington, lui permet de décrocher ses premiers engagements auprès d'orchestres de jazz. Il réalise plusieurs tournées au milieu des années 1920, rencontrant à Kansas City et surtout à Chicago la crème des jazzmen de l'époque. En 1925, il est engagé au club Leroy's et y rencontre Fats Waller, qui lui apprend à maîtriser l'orgue. Améliorant sa maîtrise technique au fil des rencontres et des engagements, William Basie rejoint l'orchestre Walter Page and His Famous Blue Devils et réalise plusieurs tournées avec la troupe, gagnant au passage son sobriquet de « Count » Basie, selon la tradition du milieu du jazz d'affubler ses musiciens vedettes de titres royaux (« King », « Queen ») ou, plus modestement, aristocratiques (« Earl », « Baron », « Duke »).

Il rejoint en 1929 l'orchestre de Bennie Moten, cumulant des fonctions de pianiste et d'arrangeur. Count Basie s'établit à Kansas City pour collaborer avec Moten, mais l'orchestre est vite plongé dans la tourmente : fâché avec le reste de ses musiciens, Moten est exclu de sa propre troupe et Count Basie doit le remplacer, rebaptisant l'orchestre Count Basie and His Cherry Blossoms. L'expérience ne dure pas et il retourne bientôt travailler avec Moten, dans un nouvel orchestre. Leur collaboration s'achève finalement en 1935, quand Bennie Moten meurt des suites d'une opération chirurgicale. Count Basie fonde un nouvel orchestre, qui prend en 1936 le nom de Count Basie and his Baron of Rhythm : la troupe multiplie les engagements dans les clubs et commence à passer à la radio. D'une session plus ou moins improvisée par la troupe, Count Basie tire la chanson « One O'Clock Jump », qui devient l'un de ses airs les plus connus.

L'orchestre de Count Basie se distingue par un son à la fois dynamique et maîtrisé, garanti par un ensemble de collaborateurs hors pair, parmi lesquels on peut compter Lester Young (saxophone), Harry Edison (trompette) ou Freddie Green (guitare). La troupe multiplie également les collaborations avec des chanteurs de blues réputés, comme Joe Williams ou Jimmy Rushing. Chef d'orchestre autant que pianiste virtuose, Count Basie assure la cohérence de sa troupe en choisissant des collaborateurs - musiciens et arrangeurs - de tout premier plan, s'affirmant comme l'un des maîtres du style Jazz de Kansas City.

New York en feu

Dans la seconde moitié des années 1930, Count Basie et ses musiciens s'installent à New York et, après avoir quelque peu travaillé pour adapter leur style d'interprétation au public local, décrochent un contrat d'enregistrement chez Decca. Le producteur John Hammond assure à la troupe une recrue de poids en leur assurant la collaboration de Billie Holiday : lors d'une mémorable Battle of the Bands, compétition entre orchestres de jazz organisée au club Savoy, l'orchestre de Count Basie réussit à remporter la victoire face à celui de Chick Webb, qui comptait pourtant la collaboration d'Ella Fitzgerald en personne.

Grâce à ce spectaculaire succès, la troupe des gars de Kansas City s'impose définitivement auprès du public new-yorkais. Billie Holiday étant partie pour travailler avec l'orchestre d'Artie Shaw, Count Basie la remplace par Helen Humes. Grâce à ses chanteuses successives, et au soutien du réseau CBS, l'orchestre de Count Basie connaît un bond de notoriété et s'affirme comme l'un des piliers du jazz : on les voit participer à la comédie musicale Reveille with Beverly et à des galas de soutien aux troupes américaines durant la Seconde Guerre mondiale.

Les années 1940 causent cependant quelques soucis à la troupe : plusieurs de ses piliers, comme le batteur Jo Jones ou le saxophoniste Lester Young, sont mobilisés. Leurs remplaçants (le batteur Buddy Rich, les saxophonistes Lucky Thompson et Paul Gonsalvez, etc.) s'avèrent efficaces et tendent à tirer la sonorité de l'orchestre vers un rythme plus pétaradant et moins relaxé. Le pire est cependant à venir, quand des pressions syndicales aboutissent à une interdiction temporaire des enregistrements instrumentaux : en 1948, Count Basie doit temporairement fermer boutique et mettre un terme à l'activité de sa troupe. L'ère des grands orchestres musicaux semble quelque peu passée aux Etats-Unis.

All Star Orchestra

Count Basie traverse ses années de vaches maigres en jouant avec un ensemble réduit de musiciens. Il est cependant motivé par sa rencontre avec le chanteur Billy Eckstine pour reformer un ensemble de seize musiciens, prouvant que le temps des big bands n'est pas passé : le Count Basie Orchestra décroche de nouveaux enregistrements et se voit engagé au Birdland, club de jazz à New York où il partage la vedette en alternance avec des artistes comme Charlie Parker, Dizzy Gillespie ou Miles Davis.

A nouveau sur les chapeaux de roue, Count Basie et son nouvel orchestre (surnommé le Second Testament) réalisent des tournées internationales à partir de la première moitié des années 1950, la popularité du Jazz en Europe après 1945 leur permettant de donner un coup de pouce décisif à leur carrière. Ils multiplient également les collaborations avec des invités prestigieux comme Frank Sinatra ou Ella Fitzgerald. Les enregistrements de la troupe bénéficient également de l'apport d'arrangeurs de grand talent, parmi lesquels Quincy Jones ou Neal Hefti. Le Count Basie Orchestra, bénéficiant d'un son moins axé sur les solos et davantage basé sur les prestations d'ensemble et le travail des arrangeurs, bénéficie d'une grande popularité et sort de nouveaux albums, très bien accueillis par le public.

Si tous les amateurs de jazz ne sont pas fans du nouveau son de Count Basie - certains considérant que la musique, figée dans une interprétation orchestrale, perd de sa spontanéité et tend à se momifier -, le public continue d'en redemander : l'enregistrement live At Newport remporte un triomphe en 1957, suivi l'année suivante de The Atomic Mr. Basie. Le Count Basie Orchestra joue en 1958 devant la Reine d'Angleterre Elizabeth II et en 1960 dans une soirée en l'honneur du candidat à la présidence des Etats-Unis John F. Kennedy. Count Basie s'allie également avec de grands noms pour les besoins d'albums en duo : en 1960, il réalise avec Duke Ellington le disque First Time ! The Count Meets the Duke, en 1960 toujours, il est le partenaire de Tony Bennett pour Strike Up the Band, en 1962 et 1964 avec Frank Sinatra (Sinatra-Basie, It Might As Well Be Swing) et en 1963 avec Ella Fitzgerald (Ella and Basie !).

L'Amiral du swing

Le Count Basie Orchestra, à l'image de la troupe de Louis Armstrong, tourne sans arrêt autour du monde, le pianiste-chef d'orchestre, désormais coiffé d'une casquette d'officier de marine, faisant figure de capitaine inamovible de la musique jazz. En partenariat avec Oscar Peterson, il réalise plusieurs tournées en Amérique du Nord. En 1970, Count Basie et son équipage accompagnent Frank Sinatra pour un concert de bienfaisance diffusé en Grande-Bretagne sur la BBC (pour l'émission Sinatra: In Concert at the Royal Festival Hall), une expérience que le crooner a décrit comme l'une de ses expériences musicales préférées.

Au milieu des années 1970, Ella Fitzgerald réalise avec le Count Basie Orchestra plusieurs tournées, qu'elle tend à considérer comme des récréations, loin du rythme harassant de ses enregistrements habituels. En 1979, Count Basie et la chanteuse collaborent à nouveau sur trois nouveaux albums: Digital III at Montreux, A Classy Pair et A Perfect Match. Toujours attentif à l'équilibre de sa troupe, Count Basie est reconnu pour sa capacité à repérer et assembler les talents, gérant avec une certaine maestria l'inévitable turn-over de ses musiciens : il continue de se produire à un rythme très constant, apparaissant dans de nombreux festivals et multipliant les concerts caritatifs. Il s'offre en outre le luxe d'accumuler les Grammy Awards dans la catégorie des prestations instrumentales (solo ou orchestres), prouvant que les vieux de la vieille du jazz font bien plus que de la figuration.

La maladie finit cependant par le rattraper : le 26 avril 1984, il meurt d'un cancer du pancréas à Hollywood (Floride). Le Count Basie Orchestra continue néanmoins d'exister, conservant le nom de son fondateur en guise à la fois d'hommage et de marque de fabrique et accompagnant au fil des ans divers artistes, comme Diane Schuur, Joe Williams ou George Benson. Si son style orchestral est parfois contesté par certains puristes, qui lui reprochent d'avoir enlevé au jazz un peu de sa sauvagerie originelle, Count Basie demeure l'un des noms emblématiques de la première musique populaire du vingtième siècle.

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