Après une visite de la Lettonie en compagnie de son épouse Joëlle, et Stendhal sans cesse présent à l’esprit, Jean-Paul Kauffmann écrivit un récit de voyage publié en 2009 sous le titre Courlande.
À l’origine de son séjour dans ce petit État européen — tout de même grand comme deux fois la Belgique —, un motif, la réalisation d’un reportage pour un magazine, et un mobile, le désir de retrouver trace, entre souvenir amoureux et inspiration littéraire.
Si tant est qu’imaginer soit « hausser le réel d’un ton » (Bachelard), J-P Kauffmann imaginait depuis longtemps la Courlande, d’où venait la famille d’une petite amie rencontrée trente ans plus tôt, et qui sert de cadre au roman Le Coup de grâce de Marguerite Yourcenar*.
Le journaliste va tomber de haut en découvrant avec une certaine désolation un pays « en pleine déglingue post-soviétique », qui lui laisse dans un premier temps une impression de vide. Mais il commence à sillonner la Courlande, au volant d’une Skoda rouge, et devient vite séduit par la lumière de cette contrée septentrionale où le futur Louis XVIII avait vécu en exil. Tournant le dos à la Baltique, qui ne retient pas son attention, il visite avec application de nombreux châteaux, à la recherche des empreintes de l’histoire, d’une richesse insoupçonnée.
Fort documenté, au risque de paraître parfois un peu didactique, ce « journal de voyage » discrètement autobiographique, à l’écriture élégante et sensible, aurait sans doute gagné à être resserré. Par endroits l’auteur semble tirer à la ligne, ou se perdre dans quelque anecdote sans intérêt, et des généralités sur les femmes de là-bas comparées à celles d’ici n’étaient pas indispensables.
* Marguerite de Crayencourt avait connu dès l’enfance le baron d’origine germano-balte Egon Von Vietinghoff.