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17 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
69, année héroique!, 24 juillet 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : In The Court Of The Crimson King (CD)
Octobre 1969,dans la vitrine des disquaires,une pochette à la sublime laideur, imprimée sur un papier duveteux sans aucune inscription: "in the court of the crimson king" vient d'arriver sur terre et rien ne sera jamais plus comme avant!
Certainement inspirée du "cri" d'Edvard Munch,la face hallucinée du schizoid man ( peinte par Barry Godber qui mourra quelques mois plus tard!) va marquer pour toujours les esprits.
Sur la platine, le choc: après quelques sirènes et mugissements sourds et étranges la voix distorsionnée de Greg Lake annonce la couleur,"21st Century schizoid Man",peut-être le premier hard-rock de l'histoire! Robert Fripp a branché sa guitare sur un soufflet de forge et nous balance un riff d'enfer,suivi par le sax halluciné de Ian McDonald,la basse grondante de Lake et la batterie extra-terrestre de Michael Giles à l'unisson! On retient son souffle et il faut bien plusieurs écoutes avant de digérer l'Ovni.
Puis après la tempête, le calme: "I talk to the wind",morceau clair-obscur,à la fois entrainant et mélancolique, la voix enfin pure de Greg Lake, en chant et contrechant totalement sublimes et cerise sur le cadeau, la flûte magistrale et envoûtante de Ian McDonald.
Roulements de timbales( empruntés à Procol Harum dans "In held T was I"),montée de mellotron (acheté aux Moody Blues!), mélodie timide et sublime de Robert Fripp à la guitare, puis le chant de Greg Lake, frissons dans le dos, "Epitaph" assène le coup final: le texte de Peter Sinfield n'est pas "gai-gai" mais on succombe à tant de beauté(du Diable?)
Comme 1969 est l'année de la lune,"Moonchild" nous invite chez lui: mélodie superbe,arrangements de vents grandioses(c'est comme ça chez Ian mcDonald!),puis trois des compères s'envolent pour une introspection onirico-progressive qui aura finalement (et certainement inconsciemment) pour but d'anesthésier l'auditeur et de rendre la claque qu'est l'intro d'"in the court" encore plus magistrale: break monstrueux à la batterie,nappe de mellotron et choeurs d'outre-tombe, bienvenue chez le Roi Pourpre,tout y est! Arpèges de guitare venus d'ailleurs,cymbale ride,accordée et cristalline, solo de flûte accroché aux étoiles, batterie étrangement étouffée, break, re-break, fausse fin et final magistral.
Le voyage est fini et il n'y en aura pas d'autre: sous ce premier line-up, King Crimson se désintègrera quelques mois après, nous laissant orphelins à tout jamais!
Robert Fripp reprendra seul la barre du Roi défunt,Greg Lake partira fonder ELP, Ian mcDonald( principal compositeur pour cet album et veritable âme du premier Crimson) participera à l'aventure "Foreigner", Michael Giles et Peter Sinfield disparaitront "progressivement" du monde du rock.
Mais tout ceci est une autre histoire...
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46 internautes sur 50 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
où les fondements de l'ère progressive, 4 septembre 2006
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King Crimson, "In The Court Of Crimson King", date de sortie: 1969, description: Objet Musical Non Identifié.
Le premier album du roi pourpre (surnom du malin chez nos voisins anglais!) est certainement un des albums majeurs de la fin des années 60. C'est la première fois qu'un groupe s'éloigne avec autant de maestria et de succès de la scène pop ou psych conventionelle. On parle ici bien du groupe "King Crimson" et non du projet Robert Fripp: le son de l'album McDonald & Giles de 1970 et là pour le prouver. La pochette attire déjà le regard avec le visage déformé hurlant marqué des couleurs violet, rouges vifs. Pour ce qui est du son en lui même, la formation nous en met plein l'ouïe dès l'ouverture et l'apocalyptique "21st Century Schizoid Man". Son brut, guitare distordue, basse surexité et batterie hallucinante(Michael giles est grand!!) et Greg Lake qui reprend rageur les textes du poète Peter Sinfield. Le calme revient soudainement sur la deuxième composition "I Talk To The Wind", chanson douce, mélancolique qui pourrait être l'archétype même de la chanson du hippie planant. La première face s'achève sur "Epitath" (maintes fois reprise) peut-être le chef d'oeuvre de l'album; mais peut-on désigner telle ou telle oeuvre dans un musée?! L'émotion remplie ce morceau intemporelle ou les sensations enflent au rythme de la musique et de la voix somptueuse de Greg Lake. "Moonchild", plus long morceau de l'album, est (je suis tout à fait d'accord avec un commentaire précédent) certainement le plus difficile à cerner. La composition commence, tout comme "I Talk To The Wind", sur ine mélodie mélancolique chantée avant de se transformer en trouvaille instrumentale qui va et vient telle les vagues. "The Court Of Crimson King" achève ce monument de manière théatrale, presque un opera paranormal dans la court du King Crimson; avec toujours la batterie tonitruante de Michael Giles qui accompagnent chaque montée d'adrenaline musicale.
"In The Court Of Crimson King" est un album mythique, à l' aura intemporel, tout à fait indispensable à l'ouïe!!!
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Héros ou schizo ?, 16 mars 2011
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Peut être avons nous là le disque méconnu le plus célèbre. Par sa pochette, signée Barry Godber qui mourra d'une crise cardiaque l'année suivante à 24 ans. La morale de cette histoire, c'est que le simple et élémentaire bon goût se venge toujours et on devrait ainsi s'intéresser à ce que sont devenus les concepteurs des pochettes de Slade, d'Iron Maiden et de Mireille Mathieu, mais aussi les designers de l'Ami 6 et les coiffeurs d'André Glucksman et d'Hervé Bazin.
A part ça, "In the Court of the Crimson King" est le premier album du groupe britannique King Crimson sorti en 1969. Je suis tenté de dire que c'est le dernier, tant les autres m'ont paru à peine écoutables et tant le line up a changé au fil des disques avec même de vrais faux retours.
Pour aider à le situer, cette année là, nous avions droit en France au "Kasatchok" de Rika Zaraï ou au "sirop Typhon" de Richard Anthony (bon, j'écarte pour les besoins de la démonstration, des titres plus glorieux comme "Bad Moon Rising" , "The Boxer", "Get Back", "Whole Lotta Love" ou "Je t'aime...moi non plus").
Ce disque est donc une incongruité et va créer le rock progressif qui va donner tant de...euh... Bref.
Dès le titre du début, "21st Century Schizoid Man" (le portrait de la pochette), le ton est donné : textes sybillins (on dit poétiques en fait), musique raffinée mais subtilement agressive, son brut, sonorités inventives au delà de tout, et instrumentistes hors pairs : Robert Fripp à la guitare fiévreuse, Ian Mc Donald à la flûte et au mellotron (formidablement bien utilisé ici), Michael Giles (pour trouver aussi bien, il faut aller du côté de BJ Wilson des Procol Harum) et le bassiste et chanteur Greg lake.
Le climat se calme avec "I Talk To The Wind", avec encore une belle démonstration de l'intelligence de chant de Lake qui rythme magnifiquement chaque vers : "Said the straight man to the late man Where have you been I've been here and I've been there... ". La 3ème chanson qui clôt la 1ère face : "Epitath" avec son final grandiose semble annoncer un sommet indépassable et du coup, nous incite à ne pas retourner le disque (c'est une image, amis possesseurs de CD, ne faites pas ça chez vous') .
De fait, la chanson suivante "Moonchild", paraît assez longue et se révèle le morceau le plus... enfin, le moins... Passons au final avec le titre qui donne son nom à l'album : "The Court Of The Crimson King". On atteint à nouveau les sommets avec ces plages de calme précédant les tempêtes sonores, la flûte se mélant aux cris de la guitare et aux cymbales terrifiantes de Giles.
Parti sur de telles bases, King Crimson ne pouvait guère espérer aller au delà. Cela donne encore plus de prix à cet album.
Indispensable !
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