Les fans du légendaire groupe de coldwave Chemlab le savaient depuis longtemps, Jared Louche est un excellent chanteur, un poète rock aux visions post-modernes, un William Gibson sous acide. On l'adorait dans Chemlab, il faisait du groupe un objet de culte. On le vénère dans Hellbent. On voit en lui ce que Trent Reznor aurait pu être si il était resté fidèle aux sphères industrielles.
Avec Covergirl, Jared Louche signe un album de reprise magistral, à mille lieu de son habituel registre rock-indus. Ici, il s'agit de se laisser aller à des divagations musicales à partir de morceaux déjà existants. Sa version du classique de Roxy Music, In Every Dreamhome a Heartache, est surprenante. L'interprétation vocale de Louche est splendide et ses arrangements dignes de Brian Eno. Les autres grands moments sont les deux reprises du Sexy Boy d'Air, le Poptones de Public Image Ltd. et, surtout, la version lounge du Summer Wind de Frank Sinatra. Gonflé, casse-gueule mais totalement réussi.
L'ensemble fait de Covergirl une incroyable oeuvre d'art, étrange, presque impalpable, qui devient très vite indispensable, et que l'on fini par déguster avec mille manières.
Un disque de luxe en quelque sorte.