"Cowboy" est un western américain de Delmer Daves (1958-1h32) Montage : Al Clark et William A. Lyon.
Scénario : Edmunth H. North, Dalton Trumbo et Frank Harris (d'après son livre 'My Réminiscences as a Cowboy').
Photo : Cinémascope couleurs Charles Lawton Jr. / Musique : George Duning.
Casting : Glenn Ford (Tom Reese), Jack Lemmon (Frank Harris), Anna Kashfi (Maria Vidal/Arriega), Brian Donlevy (Doc Bender), Dick York (Charlie), Víctor Manuel Mendoza (Paco Mendoza, Ramrod), Richard Jaeckel (Paul Curtis)...
Synopsis : Franck Harris, employé dans un hôtel de Chicago, rêve d'une vie d'aventures et de grands espaces. Il saisit sa chance lorsqu'il rencontre Tom Reese et tous ses cow-boys. Mais le nouveau venu trouve dans cette vie ni autonomie ni ce qu'il cherchait. Cow-boy n'est pas une aventure, c'est un vrai métier...
Les westerns de Delmer Daves ont souvent des points communs : L'injustice, le lynchage, la défense des indiens, la punition des coupables, l'homme du changement qui découvre la nature et un nouveau mode de vie. Maniant sa caméra en virtuose Daves filme en utilisant tous les plans et tous les cadrages pour varier ses prises de vues, surtout lorsqu'un film offre, comme c'est le cas pour "Cowboy", toutes les possibilités en intérieur et en extérieur, avec le cinémascope et la magnifique photo en technicolor que Charles Lawton Jr, nous offre ici. Ce film nous plonge dans l'univers particulier du métier de cow-boy qui passe, durant la transhumance des troupeaux, toutes ses journées et pas mal de nuits, à cheval. Tom Reese achète au Mexique, les bovins qui sont marqués, rassemblés et conduits par étapes, à travers les plaines, jusqu'aux zones de parcages des abattoirs de Chicago. Le film, tel un documentaire, nous plonge dans cette vie rude et pleine de dangers puisqu`à la moindre frayeur le troupeau s`emballe et gare au malheureux qui se trouve devant et la mort qui rôde sous la forme d'un serpent venimeux ou des voleurs de bétail.
A l'arrivée de Tom Reese (Glenn Ford) et de ses hommes, l'employé, Frank Harris (Jack Lemmon) est terriblement impressionné par la prestance de l'homme mais aussi par les égards que lui prodigue la direction du grand hôtel de Chicago. Harris se met à rêver de grands espaces, de grand air et de liberté. Il va tout faire pour convaincre Reese de l'emmener avec lui. A ce stade du film, Glenn Ford, dans son rôle de patron est totalement crédible ainsi que Jack Lemmon en brave type admiratif et les scènes, dans l'hôtel, font plus penser à un film de comédie qu'à un western. Par la suite cela passe encore, puisque Frank Harris s'initie au dressage du cheval et des longues randonnées qui lui occasionnent de sévères douleurs aux muscles fessiers. Cela donne encore l'occasion à l'acteur de jouer sur le mode comique. C'est d'ailleurs dans ce genre et dans la comédie musicale que l'on se souvient le mieux de lui, même s'il a aussi joué dans des films plus sérieux comme "L'enfer des tropiques" en 1957 de Robert Parrish avec Robert Mitchum et Rita Hayworth et en 1974 dans "
Special Premiere" avec Walter Matthau ou dans "Les naufragés du 747" en 1977. La suite de "Cowboy" va s'avérer plus difficile pour cet acteur dont c'est le premier et unique western et l'on se demande d'ailleurs ce qui l'a poussé à accepter un rôle qui n'était pas pour lui, même s'il s'efforce de le tenir sérieusement. Trop d'images de ses rôles dans des comédies nous influencent, telles : "Le bal des cinglés" 1957, "
L'Adorable voisine" 1958, l'inoubliable "
Certains l'aiment chaud" en 1959 puis "
La Garçonnière" en 1960 et aussi "
Irma la douce" en 1963.
Dans la carrière de Delmer Daves, "Cowboy" va laisser un souvenir mitigé et pas seulement pour Lemmon qui joue à contre emploi car même s'il n'est pas parfaitement à l'aise, il n'est pas non plus ridicule. C'est surtout notre regard, influencé de tous ses rôles comiques qui font qu'on ne voit plus Jack Harris mais le comique Jack Lemmon. D'autant qu'à côté de lui, ce sont tous des acteurs chevronnés de westerns, à commencer par Glenn Ford, mais auss Brian Donlevy, Dick York, Richard Jaeckel, King Donovan, Vaughn Taylor... etc. Daves nous sert un très bon documentaire avec les moyens du cinéma et par ses qualités de réalisateur doué. Mais il est difficile de rivaliser, en 1958, avec des westerns plus aboutis : "LOr du Hollandais", Bravados", "La Fureur des hommes", "
Le gaucher", "
Les Grands espaces", "
L'Homme de l'ouest", "l'étoile brisée", "
Le Salaire de la violence", "le trésor du pendu", "
La Vallée de la poudre", "Libre comme le vent"... etc. plus encore une vingtaine d'autres cette année-là.
Conclusion : Si l'on fait abstraction de Jack Lemmon comique mais que l'on s'attarde sur sa prestation, il est loin d'être ridicule, simplement il n'est pas tout à fait celui qu'il aurait fallu. Sinon "Cowboy" est tout de même un western de Delmer Daves, même si ce n'est pas le meilleur, il n`en reste pas moins un film plaisant à voir...