Bien que le destin véridique de ces deux jeunes filles (dont l'une d'elle, sortie de prison, deviendra romancière à succès sous le pseudonyme Anne Perry) soit vraiment hors du commun, on a un peu le sentiment que P. Jackson, fasciné par son sujet, est passé à côté. Bien sûr, les deux actrices sont impeccables (bien que la VF soit abominable, notamment le "rire" de la pauvre Kate Winslet, proche de l'hystérie), et le film a quelques moments de poésie, mais on n'entre pas dans l'intériorité des adolescentes. P. Jackson hésite constamment entre réalisme et fiction, pour finalement flotter entre les deux. Le sujet de l'homosexualité est traité comme presque anecdotique, ce qu'il n'était certainement pas pour l'époque, le meurtre final, aboutissement de l'histoire est presque suggéré, et la question - pourtant centrale - de "l'après" est complètement évacuée. Jackson s'affirmera davantage dans les grandes fresques lyriques (Le Seigneur des Anneaux, King Kong), et est finalement plus à l'aide dans l'onirique.